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lundi 2 novembre 2020

Brexit, plan de relance, Turquie : quand l’union (européenne) affaiblit l’Europe

Les crises sont des révélateurs. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce révélateur est extraordinairement cruel pour l’UE. Si l’union peut faire la force, les négociations du Brexit, celle du plan de relance et les rapports avec la Turquie démontrent que, parce que les pays de l’UE ne tirent pas dans le même sens, l’union, loin de nous rendre plus fort, affaiblit tous les pays qui la composent.

 


Londres qui gagne et relance européenne asthmatique

 

dimanche 27 novembre 2016

Et pendant ce temps, l’UE négocie toujours l’entrée de la Turquie


Cela fait depuis 1999 qu’Ankara négocie son entrée dans l’Union Européenne. Cette mauvaise comédie dure donc depuis pas moins de 17 ans. Mauvaise comédie car cette intégration serait triplement effarante. D’abord, la Turquie n’est pas un pays européen : si Ankara peut faire partie de l’UE, jusqu’où pourrait donc aller cette monstrueuse construction ? Ensuite, les peuples européens n’en veulent pas (plus de 80% des Français il y a peu) : le moindre souci de la démocratie devrait mettre fin à ses discussions qui n’ont que trop duré. Enfin, l’intégration de ce pays de 70 millions d’habitants déstabiliserait l’ensemble du continent, d’un point de vue économique, comme migratoire, avec d’immenses nouvelles frontières…


lundi 21 mars 2016

Ce que révèle l’effarant accord sur les migrants entre l’UE et la Turquie




Une pure logique de rapports de force

L’accord est le suivant : tous les migrants illégaux arrivés en Grèce seront renvoyés en Turquie, mais pour chaque Syrien reconduit, un Syrien réfugié en Turquie sera accueilli dans un pays de l’UE, dans la limite de 72 000 places. En contre-partie, Ankara devrait obtenir des aides supplémentaires après les 3 milliards d’euros promis par l’UE, les visas vers l’Europe seront libéralisés pour les citoyens Turcs et le processus d’adhésion du pays à l’UE sera accéléré. L’aide de la Turquie pour gérer les flux énormes de migrants n’est pas une aide négligeable. Renvoyer les migrants dans ce pays pourrait être un moyen de réduire les flux qui arrivent en Grèce (environ un million de personnes en 2015, 10% de la population du pays), que le pays, qui a été essoré par les plans européens, n’a pas les moyens de gérer.

Mais cet accord pose de nombreux problèmes. Il montre les failles de Schengen : sans frontières intérieures, les migrants ne dirigent en masse en Grèce puisque c’est une porte d’entrée à toute l’UE et au pays de leur choix, même si cela est moins vrai aujourd’hui avec le retour de certaines frontières intérieures. Ensuite, il est très compliqué, avec son mécanisme d’accueil automatique de Syriens, ce qui devrait imposer un mécanisme d’attribution kafkaïen par pays. Puis, ceci aura un coût pour des pays européens dont les poches ne sont pas pleines. La libéralisation de la circulation des 80 millions de Turcs dans l’UE n’est pas vraiment une idée particulièrement attrayante à l’heure du djihadisme globalisé. Enfin, il est effarant de négocier l’adhésion de la Turquie, qui n’a rien à faire dans l’UE.

Ce faisant, cet accord révèle que cette UE, outre le fait d’être un acide pour les démocraties des pays européens, en imposant des négociations globales kafkaïennes, fait régner la loi du plus fort. Et les plus forts ici, ce sont les Allemands et les Turcs, qui ont pu imposer leur solution aux autres pays européens. Angela Merkel reste la dirigeante de fait de cette tour de Babel européenne, malgré ses prises de position fluctuantes sur la question, et qui ont généré une grande partie des problèmes de l’an dernier, en créant un immense appel d’air qui a encore empiré la situation en Grèce. Et la Turquie a sauté sur l’occasion offerte par les dysfonctionnements de l’UE pour obtenir beaucoup de choses des pays européens. Il est probable que rien n’a été résolu, comme souvent avec cette Europe.


Encore une fois, ce sommet européen n’a rien résolu. Après des montagnes de sommets sur la crise des migrants, après ceux sur la crise de la zone euro, difficile de ne pas comprendre que l’UE est totalement dysfonctionnelle et que c’est cette Europe, qui, outre le fait de créer des problèmes, en empêche directement leur résolution. A quand le clap de fin ?

mercredi 29 janvier 2014

Turquie : l’oubli de François Hollande





Un grand pays… qui n’a rien à faire dans l’UE

Nos relations avec Ankara ont été singulièrement compliquées par l’ouverture d’un processus de négociation pour intégrer l’Union Européenne. Cette mauvaise comédie dure malheureusement depuis 15 ans ! Jacques Chirac avait reconnu la candidature de la Turquie en 1999. Mais il avait aussi accepté une réforme de la constitution en 2005, imposant un référendum. Nicolas Sarkozy a toujours eu une attitude ambiguë. Il a soutenu la réforme constitutionnelle de 2005 et refusé un chapitre des négociations en 2007. Mais il a aussi fait sauter le verrou du référendum en 2008 et a surtout permis l’ouverture de 11 chapitres de négociation sous son mandat, y compris celui qu’il avait bloqué en 2007 !

Les socialistes ont toujours été assez favorables à l’entrée de la Turquie, malgré l’opposition de 83% des Français. Un nouveau chapitre de négociation a été ouvert en novembre. Mais il est totalement délirant de continuer à avancer dans ces négociations alors même que nous avons tous les jours devant nos yeux la démonstration que l’Union Européenne ne fonctionne pas et que l’arrivée de ce pays de plus de 70 millions d’habitants ne ferait que complexifier plus encore la situation. Aujourd’hui, il y a surtout urgence à faire une pause dans le processus d’élargissement. Certes, François Hollande promet un référendum, mais dans ce domaine, les promesses ne semblent engager que ceux qui les entendent.

Quand la commission ouvre nos frontières à la Turquie

dimanche 31 mars 2013

Il faut mettre fin aux négociations d’entrée de la Turquie dans l’UE


Contrairement à ses promesses de campagne, Nicolas Sarkozy n’avait que freiné les négociations d’entrée d’Ankara dans l’Union Européenne. Mais avec l’arrivée de François Hollande à l’Elysée, la diplomatie française vient de relancer ce processus qui n’a aucun sens.

La Turquie n’est pas un pays européen

Contrairement au choix de The Economist de mettre le pays dans la section Europe, il faut rappeler ce simple fait géographique et sur lequel on ne pourra jamais revenir : la Turquie ne fait pas partie de notre continent et il est donc aberrant d’entamer des négociations d’entrée. Si Ankara pouvait accéder à l’Union Européenne, pourquoi ne pas accepter le Liban, Israël ou même, rêve de certains, les Etats-Unis ? Intégrer la Turquie changerait la nature du projet européen.

Qui plus est, comme le rappelle Laurent de Boissieu, le Général disait qu’il voulait une Europe européenne, et non une Europe étasunienne. Or, la candidature d’Ankara est largement soutenue par les Etats-Unis, étant donnés les liens qui existent entre les deux pays. Cela reviendrait à renforcer plus encore l’influence de Washington sur cette Europe qui ne semble pas toujours vouloir être européenne. La coopération avec la Turquie passe bien plus par une activation de l’Union pour la Méditerranée.

Enfin, on voit bien depuis trois ans que l’Europe souffre de son manque d’homogénéité. Ajouter la Turquie dans l’UE ne ferait qu’accroître ce problème, en y ajoutant en plus une dimension culturelle importante. En outre, il est bien évident que laisser rentrer un pays de 73 millions d’habitants, où le SMIC est à 400 euros par mois représenterait une immension pression à la baisse sur les salaires de l’UE, sans parler des potentielles conséquences migratoires…

Mettre fin aux négociations