Bien sûr,
dans les conditions actuelles, avec
l’émotion générée par les réfugiés de Syrie, il peut paraître à certains
presque inhumain de ne pas ouvrir les bras sans retenue. Pourtant, les
sondages indiquent que l’opinion publique est loin d’être aussi unanime que les
grands médias. Pas illogique.
Du devoir
d’accueil des réfugiés
Dans
l’immense majorité des médias, la question est entendue, et
le traitement de l’information est sans la moindre nuance. On peut le
comprendre, humainement. Après tout, il s’agit d’une expression de solidarité
humaine bien compréhensible pour qui voit la photo du petit Syrien de trois ans
mort sur une plage. Si la machine à émotions tourne à plein, je crois qu’elle
le fait de manière sincère, tripale, primaire en un sens. L’actualité charrie
depuis des mois les horreurs commises par Daech et, dans le passé, les
guerres ont provoqué des exodes où des réfugiés ont pu compter sur l’accueil
d’autres pays. Dimanche, 66
artistes ont lancé un appel à « tendre
la main aux réfugiés », les grands médias développant longuement
les gestes de solidarité de citoyens français à l’égard des réfugiés.
Pourtant,
les rassemblements de dimanche n’ont pas attiré grand monde. Parallèlement, se
développe un discours de dénonciation de l’égoïsme et du repli. D’abord, ont
été visés les Etats qui ne laissent pas les frontières grandes ouvertes (Laurent
Fabius se permettant de critiquer la Hongrie pour poser des clôtures, comme si
les frontières de Schengen ne devaient pas exister). Puis, ceux refusant
les quotas obligatoires de la Commission (comme
s’il était nécessaire de passer par Bruxelles pour fixer un chiffre). Se
développe peu à peu une critique de ces classes populaires réticentes à
l’accueil des migrants (même
à droite, avec Jean-Paul Delevoye). En effet, les
sondages semblent indiquer clairement que le degré d’acceptation de l’accueil
de ses populations croît avec la condition sociale.
Un deux
poids deux mesures
