C’est une
décision qui a fait beaucoup de bruit : la
Cour de Justice de l’UE vient d’autoriser les Etats membres à exclure du
bénéfice de certaines prestations les immigrés européens sans travail, venus
faire du « tourisme social ». Une décision extrêmement ambivalente.
Une
faille dans Schengen ?
Sur le fond,
on peut se dire qu’il s’agit d’une victoire du bon sens. Il était bien évident
que la liberté anarchique de mouvements des personnes au sein d’une Union
Européenne présentant de telles différences de niveau de protection sociale ne
pouvait que logiquement provoquer des
phénomènes d’abus où des personnes issues des pays les plus pauvres pouvaient
partir dans les pays les plus protecteurs et réclamer les avantages sociaux de
ces pays sans même vouloir s’intégrer. Il semble que ce soit le cas de la
migrante roumaine qui résidait en Allemagne au
sujet de laquelle la Cour de Justice européenne a décidé de permettre une
différenciation de traitement de certains immigrés.
Il faut
qu’en ces temps de disettes budgétaires, il était particulièrement révoltant
pour une majorité de la population, qui se serre la ceinture depuis près de 6
ans, de constater des cas comme ceux de cette roumaine, qui
n’est pas sans rappeler l’affaire Léonarda en France. Ici, le
terme de tourisme social semble parfaitement s’appliquer et la liberté
anarchique de circulation des personnes au sein de l’UE est un véritable
pousse-au-crime qui peut coûter cher aux pays qui ont le modèle social le plus
protecteur. Du coup, toute limite mise à ces comportements abusifs, cette
protection gratuite offerte à certains migrants qui ne contribuent pas à la
solidarité nationale, est bienvenue.
La goutte
d’eau d’un mauvais tuyau