mercredi 13 mars 2013

Que se passera-t-il quand la France quittera la monnaie unique ?


C’est le très libéral Georges Kaplan qui m’a interpelé sur le sujet, ainsi que Jacques Sapir, sur les réseaux sociaux, puis dans un papier sur son blog, repris par Contrepoints. Si nous avons quelques points d’accord, sa présentation apocalyptique des conséquences d’une dévaluation est totalement exagérée.

Une sortie possible, et facile

Il y a un point d’accord sur la possibilité de la sortie, « possible, inévitable et souhaitable ». Car, comme il le dit, « si la France devait décider de sortir de la zone euro et de réinstaurer un nouveau-nouveau franc, ça ne poserait pas vraiment de difficulté insurmontable ». C’est ce que disent beaucoup d’économistes libéraux, comme Jonathan Tepper, qui a étudié la fin de plus de cent unions monétaires au 20ème siècle. Et comme il le souligne aussi, « aucune modification majeure ne serait nécessaire dans nos systèmes comptables, notre dette publique serait convertie en francs ».

Georges Kaplan m’a interpelé sur Twitter sur l’intérêt d’une dévaluation si le franc reste à parité avec l’euro, qui pourrait être conservé comme monnaie commune. Cela me donne l’occasion de préciser quelques points sur cette question complexe. Tout d’abord, il y a deux scénarios de sortie de la monnaie unique : soit nous laissons flotter le nouveau franc sur les marchés, soit nous décidons (avec, éventuellement, d’autres pays européens), de revenir à un système de change fixe, comme la Chine ce qui imposerait des mesures pour y arriver (contrôle des changes strict notamment).

La stabilité du franc est confirmé par toutes les études sur le sujet : ING, Nomura, Natixis ou Sapir. Cela vient d’une raison simple : la France se trouve dans une position intermédiaire entre celle de l’Allemagne (dont on peut anticiper que le mark s’apprécierait de 15 à 20%) et celle de l’Italie et l’Espagne (dont les monnaies baisseraient d’autant). Mais on peut aussi anticiper une baisse du franc de 15 à 20% par rapport aux autres grandes monnaies (dollar, wuan, yen,  livre). Or 45 des 67 milliards de notre déficit commercial  sont réalisés avec l’Allemagne, la Chine et les Etats-Unis.

La dévaluation, un cauchemar ?

Même si, au global, la dévaluation serait limitée, elle aurait l’intérêt d’être forte pour les deux pays avec lesquels nous avons, de loin, les plus gros déficits, ce qui en maximiserait l’effet sur notre commerce et donc notre croissance. Grosso modo, un tel scénario apporterait 2 points d’inflation de plus sur deux ans. En réalité, on peut considérer qu’il y en aurait un peu moins, car les importateurs préfèrent réduire leur marge pour rester plus compétitif et limiter la perte de volumes.

Bien sûr, on peut évoquer la Grande-Bretagne, qui a utilisé la dépréciation de la livre pour se relancer, au prix d’une inflation de 3% par an depuis 2005, contre 1,7% en France sur la même période. Cependant, un tiers de l’écart entre nos deux pays vient de la hausse de la TVA (passée de 17,5 à 20% en 2011). Ensuite, il ne faut pas oublier que la livre a perdu 20% en moyenne par rapport à toutes les monnaies, alors que la baisse du franc serait moins forte. Enfin, la Suède a utilisé le levier monétaire sans dérapage inflationniste puisqu’elle affiche les mêmes résultats que la France.

Bref, les conséquences seraient limitées pour les consommateurs. En revanche, cela serait profitable pour les emplois. Ensuite, il est paradoxal que Georges Kaplan prenne la défense des pauvres retraités ou petits épargnants, lui qui appartient à un camp qui défend la baisse du SMIC ou la désindexation des retraites… Et il est ridicule de dire que la dévaluation appauvrit « les salariés au profit des chômeurs ou des employeurs ». Les années 1970 n’ont pas été particulièrement profitables pour les entreprises, au contraire des salariés, qui ont continué à voir leur pouvoir d’achat augmenter.

Et de toutes les façons, nous devrions pouvoir débattre sereinement du niveau d’inflation souhaitable dans nos économies : outre Paul Krugman, même le FMI a reconnu l’utilité d’un tel débat. Dans la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui, un peu plus d’inflation serait sans doute positif.

PS : il est bien évident que par anticipation, mieux vaut avoir son épargne en Allemagne et ses emprunts en Espagne ou en Italie (ce que reflètent les mouvements de capitaux en Europe depuis fin 2009)

23 commentaires:

  1. C'est surtout l'énergie qui va monter, mais l'inflation modérée permettrait d'avoir moins de chômeurs et de réduire les inégalités de revenus.

    Mon opinion est aussi un peu biaisée, salaire et épargne allemands, emprunt immobilier français.

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  2. @Laurent Pinsolle,
    cent pourcent d'accord avec votre papier! D'autant que j'ai énormément de mal à dialoguer avec des libéraux dogmatiques comme G.Kaplan, dont j'estime les idées aussi dangereuses que celles des communistes des ex-pays de l'est...
    A propos des petits épargnants, vous soulevez un point essentiel: ces derniers ne sont pas issus des classes populaires, mais des classes moyennes! Par définition, les classes populaires ont une capacité d'épargne très faible car elles consomment pratiquement tout ce qu'elles gagnent, et ce sont celles qui ont le plus recours au crédit à la consommation. Tandis que les classes moyennes, certes, consomment plus que les classes populaires et sont plus imposées, mais elles épargnent beaucoup. Ce qui est aussi leur point commun avec les classes possédantes et les rentiers...
    Bref, le discours qui consiste à défendre les petits épargnants est hypocrite, car il ne sert que les intérêts des classes moyennes et possédantes...
    Et si on veut voir plus loin, il explique également pour qui l'UE a été faite: j'ai longtemps pensé qu'elle était exclusivement au service de la rente et des très riches, mais depuis j'ai révisé mon jugement depuis la fin des années 90. Je crois que l'UE défend essentiellement les classes moyennes, et que tous les gouvernements qui se sont succédés en France depuis 1983 ont défendu leur intérêts au détriment des classes populaires. J'en veux pour preuve le dogme de la lutte contre l'inflation, l'horreur absolue des rentiers, et également cette manie de vouloir empêcher les dévaluations, étant données que les classes moyennes adorent acheter des produits étrangers grâce à une monnaie forte. Mais il faut bien voir qu'un pays qui consomme beaucoup et produit peu est un pays perdu car il se met à la botte des créanciers...
    En gros, la dévaluation du franc (j'anticipe :-)) est nécessaire (mais non suffisante, bien entendu...) car elle permettra de relancer la production de biens en France. Tous ceux qui plaident contre ne font que servir les intérêts de ceux qui asphyxient notre économie...

    CVT

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  3. Laurent,
    dans mon milieu professionnel qu'on peut juger étroit mais ouvert à un certain nombre de questions encore inabordables il y a quelques mois, la sortie de l'euro engendre ce genre de peur:
    - D'abord le maintien du niveau des épargnes (les comptes à la papa genre livret A...) et des prix, et je réponds assez facilement à ce genre d'objection.
    - Le remboursement des dettes vis à vis de créanciers étrangers. Beaucoup ne veulent surtout se fâcher avec personne et s'imaginent qu'une dévaluation renchérit ipso facto la facture vis à vis d'un créancier dont la dette était libellée en euro. Il me semble déjà qu'en fixant (autoritairement) une parité immédiate 1 franc = 1 euro juste après le changement de monnaie, le problème ne se pose pas. Mais cette réponse ne semble pas suffisante.
    Je souhaiterais que vous fassiez prochainement une mise au point sur ce sujet si une réponse ici vous apparaît trop longue. Merci d'avance.
    Francis Commarrieu.

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    1. Lire le billet de J. Sapir du 5 mars, vous devriez y trouver pas mal de réponses...
      "L’impact d’une sortie de l’Euro sur l’économie française"
      http://russeurope.hypotheses.org/987

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    2. Merci.
      Mais j'avais déjà jeté un coup d'oeil sur ce billet très technique, et il ne me semble pas répondre à la question posée sur le remboursement des dettes contractées en euros vis à vis de créanciers étrangers avant que ne se produise le retour à la monnaie nationale (qui forcément se dévaluera par rapport à l'euro-mark).
      Sapir évoque plutôt ici les effets d'une telle mutation monétaire sur le ratio dette (globale, sans distinction des types de créanciers)/ PIB. Ce qui inquiète mes collègues, c' est plutôt :
      - la perspective d'avoir à payer plus en francs qu'en euros (ce qui me paraît absurde car le créancier devra accepter que 1 F = 1 euro si l'autorité publique le fixe ainsi) dans le cas où le nouveau franc se déprécierait ; pouvoir rembourser une dette en monnaie dépréciée relativement à l'ancienne, ou à d'autres, est pour le moment un argument qui leur échappe.
      - Ensuite d'avoir à entuber des créanciers car grands dieux, il faut toujours payer ses dettes ... On a les inquiétudes qu'on peut ! J'ai du mal à dissiper cette dernière. En effet en tant que citoyen et patriote, je me contrefiche de ne pas payer toutes les dettes aux créanciers si mon pays est en crise économique majeure... C'est pour le moment un argument qui a bien du mal à passer aux yeux des légalistes qui plaignent plus vite le créancier floué que l'emprunteur étranglé.
      FC.

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    3. Et en quelle monnaie faudrait-il rembourser les dettes en euros si l'euro disparaissait ?
      Les prêteurs ont-il soulevé le moindre problème lorsque les prêts en francs ont été transformés en prêts en euros, en 1999 ?
      Heureusement la majorité des contrats d'emprunts sont libellés dans "la devise française" (qui est l'euro) mais surtout, sous contrat de droit français.

      Voilà deux trois arguments ... mais de toute façon, que ce soit en euros ou en francs, je pense que nous ne rembourserons jamais la dette publique, pas plus qu'aucun pays d'ailleurs ! Qui plus est les prêteurs n'attendent pas le remboursement mais le "roulement" (en fait ce sont les nouveaux prêteurs qui chaque année , en prêtant à la France, permettant de rembourser capital et intérêts et donc tout se passe comme s'ils "remboursaient" les anciens prêteurs dont les obligations arrivent à échéance)

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    4. Merci.
      personnellement je n'ai guère d'inquiétude au sujet des prêteurs, convaincu depuis longtemps qu'il faut que ce soient eux les dindons de la farce, et non le peuple dans son ensemble au travers des logiques austéritaires infinies.
      Mais convaincre les esprits rétifs fait aussi partie de notre travail d'imprégnation : il faut de temps en temps aménager quelques sas de décompression...
      FC.

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  4. Si c'est le Georges Kaplan qui sévit sur Causeur il n'est vraiement pas nécessaire de lui répondre quand je le lis j'ai toujours l'impression d'une logorrhée d'adolescent boutonneux .

    Est ce que tout cela n'est pas largement dépassé ci dessous une video de l'excellent Jean Marc Jancovici a l'Assemblé Nationale qui me semble plus proche de ce que l'on doit s'inquiéter
    http://www.youtube.com/watch?v=xxbjx6K4xNw&fb_source=message

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    1. "Une vision ou le chaos", tout est dit.

      Le plus hallucinant dans cette vidéo c'est le niveau des questions des députés à une ou deux exceptions prêt (en étant gentil)...

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    2. Oui , ils sont lamentables !

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    3. @ Patrice Lamy sur la vidéo de Jancovici.

      Après avoir vu la première partie (pour le moment), je dirais que j'ai été surpris par le ton de la présentation, que l'ensemble de la présentation sur le lien entre énergie et progrès est très riche, inhabituel, mais traité trop rapidement. Il faut y revenir et de nombreux points méritent d'être explorés.
      Il y a de la matière, des pistes de réflexion et d'action sur des thèmes, qui ne sont jamais pris en compte sérieusement, voire ignorés par les politiques. Je prendrai l'exemple de Jancovici sur le lien entre urbanisation et énergie. Que se passera-t-il et qu'avons-nous fait ou prévu de faire pour nous adapter au moment où les énergies sont de moins en moins abondantes dans un monde qui repose sur elles pour fonctionner ? Rien ou plutôt exactement le contraire de ce qu'il faudrait faire : production de marchandises à l'autre bout du monde, livraisons par camions toujours plus nombreuses et plus fréquentes en flux tendus, éloignement des salariés par rapport à leur lieu de travail ... La seule chose qui intéresse les multinationales, c'est de gagner de l'argent grâce aux prix bradés de la production délocalisée.

      A mon avis, Jancovici a raison notamment quand il affirme que nous devrons agir autrement (par exemple, "surveiller les stocks") et changer l'ordre de nos priorités. C'est une évidence.

      Le moment arrive où l'écologie doit faire partie intégrante de l'économie, où nous dépasserons le stade de l'écologie-alibi de certains politiciens avides d'avantages (suivez mon regard) et où nous devrons nous libérer d'un système ultra libéral productiviste et court termiste, qui est irresponsable et dangereux pour l'homme et son environnement.

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    4. Bien d'accord , le site de Jancovici

      http://www.manicore.com

      il y a quantité d'informations intéressantes .

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  5. Il y a lieu d’argumenter, par rapport aux études déconseillant la sortie de l’euro. Par exemple les deux ci-dessous :

    http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/politique-eco-conjoncture/monnaies-et-taux/221146070/consequences-francais-sortie-l

    http://www.lesechos.fr/13/09/2011/LesEchos/21015-37-ECH_sortie-de-l-euro---le-scenario-catastrophe.htm

    Toutefois je crois que pour les pays non compétitifs de la zone euro, dont la France, il manque les scénarios catastrophes de son maintien dans l’euro qui pourraient par exemple, pour la population , induire la nécessité d’une baisse 30% des salaires si on veut éviter un accroissement perpétuel de la dette. Ci-dessous deux études où est signalée la nécessité de baisser les salaires de 30% en France si elle ne sort pas de l’euro. La seconde, celle de l’écomoniste Charles Gave, mérite une lecture attentive. :

    http://www.leparisien.fr/economie/goldman-sachs-conseille-a-la-france-de-baisser-les-salaires-de-30-30-01-2013-2525317.php

    http://www.atlantico.frwww.atlantico.fr/decryptage/cinq-graphiques-qui-montrent-quel-point-france-va-mal-charles-gave-656273.html#3iy0ofP1lS6kVFFv.99

    Si on baisse les salaires de 30% en France, c’est douloureux pour la population, mais au moins est-ce que ça va régler quelque chose ? L’Espagne pratique déjà, largement, le remède préconisé pour la France. Nouvelle économique en date du 8 Mars 2013 concernant l’Espagne :

    http://www.agefi.fr/articles/la-production-industrielle-espagnole-en-baisse-depuis-dix-sept-mois-1260625.html

    Citation: « La production industrielle espagnole en baisse depuis dix-sept mois: La production industrielle espagnole a baissé de 5,0% en janvier sur un an, accusant son dix-septième recul d'affilée, a annoncé vendredi l'Institut national des statistiques. Le repli est un peu moins marqué que ce qu'avaient anticipé les économistes (-5,2%) et moins prononcée qu'en décembre (-7,1%). »

    Pas plus tard qu'hier j’entendais un analyste économique dire à la télé dire que l’austérité a contribué à détruire encore plus le peu d’industrie qu'il y avait, en Espagne, avant la crise et que les marchés paraissent trop optimistes quant à une éventuelle sortie de crise de celle-ci. Pourquoi les dévaluations internes ne marchent pas. Il y aurait notamment un problème de manque de flexibilité des prix :

    http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=68810

    J’attends donc que des économistes sérieux commencent à se préoccuper d’élaborer des scénarios catastrophes, pour la France, de son maintien dans l’union monétaire, dans le cas où la zone euro ne devient pas une union de transferts qui ferait que les pays riches financent normalement les pays qui s’appauvrissent, comme c’est le cas d’un État avec ses territoires.

    Saul




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  6. @ Daul.

    Tout à fait d'accord sur le fait d'élaborer ce genre de scénario - Jacques Sapir le fait, comme d'autres - mais surtout sur l'idée de communiquer clairement, démonstration à l'appui.

    Et attention aux affirmations du type de celles de Kaplan, qui manipule le lecteur (et demain le spectateur), et (s')appuie sur la peur. Quasiment imparable. Là, difficile de contredire, d'attaquer, de raisonner sans courir le risque de tourner en rond et de lasser ceux qui écoutent.

    La meilleure solution consisterait à préparer un argumentaire présentant des situations individuelles : salariés,retraités, épargnants ..., qui démontreraient les méfaits de l'euro.
    En plus de la question de la monnaie unique, celle de l'UE ne pourra pas, à mon avis, pas être éludée dans la mesure où cette construction est un échec, échec politique, économique, social et démocratique qui a un impact direct sur la vie des Français renforcé par le jeu sournois de nos politiques qui signent à Bruxelles, mais perdent la mémoire à Paris?
    Traiter ce sujet semble plus complexe, mais uniquement si l'on ne veut pas en sortir ou si l'on n'a pas d'alternative ou de solutions sérieuses à proposer.

    Le modèle d'union européenne, que les dirigeants et les technocrates européens ont mis en place, est un parfait repoussoir. Il a réussi à refroidir les ardeurs de toutes celles et de tous ceux qui espéraient autre chose qu'un espace de libre échange au service des privilégiés et des multinationales, cheval de Troie de la mondialisation ultra libéraux. La preuve en est que tous veulent en sortir.

    Il n'en demeure pas moins que les Européens, donc les Français, ont des attentes et qu'ils pourraient se retrouver dans des politiques ayant une vision, un projet. La partie est ouverte.

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  7. Puisque l'attention est tournée vers l'Amérique du Sud, je signale cet article sur l'Argentine : http://xavierdupret.ragemag.fr/21/

    Sur un blog qui vient apparemment d'être créé et qui semble intéressant.

    Emmanuel B

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  8. Mercredi 13 mars 2013 :

    Pour Beppe Grillo, l'Italie est déjà hors de la zone euro.

    L'Italie peut déjà être considérée comme étant sortie de la zone euro, a affirmé Beppe Grillo, le leader du Mouvement 5 Etoiles (M5S), dans un entretien publié mercredi en Allemagne. "L'Italie est de facto déjà sortie de la zone euro", a déclaré M. Grillo au quotidien économique allemand Handelsblatt.

    "Le pays est K.-O. debout", poursuit-il. Dans le même entretien, il prédit que "l'Italie ne va pas connaître de croissance dans les cinq à dix ans à venir".

    Le nouvelle figure politique italienne, qui a cristallisé le vote contestataire aux législatives, se défend d'être anti-européen. "J'ai simplement dit que je voulais un plan B pour l'Europe, dit-il. Nous devons nous demander : qu'est-il advenu de l'Europe ? Pourquoi n'avons-nous pas de politique d'information commune ? Pas de politique fiscale commune ? Pas de politique commune d'immigration ? Pourquoi seule l'Allemagne s'est enrichie ?"

    "L'EUROPE DU NORD VA NOUS LAISSER TOMBER".

    Il indique également vouloir incorporer davantage les citoyens européens dans le processus de décision sur l'Europe : "Je ferais un référendum en ligne sur l'euro, sur la directive Bolkenstein, sur le traité de Lisbonne – tous ces sujets où notre Constitution a été laissée de côté."

    Beppe Grillo se dit convaincu que l'Europe du Nord soutiendrait l'Italie le temps qu'il faudrait "pour récupérer les investissements de leurs banques dans les obligations italiennes". "Après, ils vont nous laisser tomber", prédit-il.

    Pendant la campagne électorale avant les élections des 24 et 25 février, le mouvement de Beppe Grillo prônait notamment la sortie de l'euro, s'attirant des critiques de "démagogie et [de] populisme".

    Le M5S est finalement arrivé en troisième position en termes de nombre d'élus, derrière la coalition de gauche guidée par Pier Luigi Bersani et celle de droite menée par Silvio Berlusconi.

    Devant le blocage politique, le M5S a proposé de prendre la direction du prochaine gouvernement. Il est toutefois peu probable que les autres partis acceptent la formule d'un gouvernement piloté par le mouvement de Beppe Grillo. D'abord en raison de divergences sur les programmes mais aussi parce que le M5S dispose au final de moins de sièges au Parlement que les alliances de centre gauche et de centre droit.

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/03/13/pour-beppe-grillo-l-italie-est-deja-hors-de-la-zone-euro_1847144_3214.html

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  9. "La nouvelle figure (Beppe Grillo) se défend d'être anti-européen".
    Je voudrais juste réagir à cette remarque, qui traduit la confusion entretenue volontairement par les politiques et les technocrates de l'UE reprise par nombre de journalistes et d'"intellectuels" : nous pouvons être opposés, donc contre cette Union européenne, nuisible, rétrograde, tout en étant intéressés, voire favorables à une union européenne, dont le contenu, les modalités de fonctionnement et les limites seraient à définir. Cela imposerait a minima de repasser au crible ce qui existe aujourd'hui, voire même de faire table rase de cette Union ultra libérale dangereuse pour ses citoyens.

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  10. Le problème est que la classe politique au pouvoir ces 30 dernières années(ump/ps/centristes/ecolo même communistes peu de temps)qui nous a vendu ce projet d'UE(sociale,solidaire,croissance,plein emploi etc)et d'Euro,ne PEUT PAS reconnaitre ni dans un jour ni dans 10.000 que celle-ci s'est trompée.Ils feront tout pour 'gagner' du temps,passer le temps des élections en Allemagne et ensuite si on approche vraiment du fond du trou,ils lacheront un peu de mou.Dans le pire du pire des cas,pour ne pas renoncer à leur Euro,avec disons 30% de chômage(55 chez les jeunes)ils envisageront une mini fédéralisation et une mise en commun partielle des dettes..mais renoncer à leur projet,JAMAIS.Ils préfèrent perdre les élections une fois sur deux,conserver un taux de chômage très élevé..ce n'est pas leur problème.Ils laisseront à la génération politique suivante la facture et la patate chaude...mais un 'incident' peut toujours arriver,on finirait presque par le souhaiter.

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  11. @ Olaf

    Jusqu’à preuve du contraire, il n’y a pas de lien entre inflation modérée et moins de chômeurs. Bien sûr, il vaut mieux éviter d’avoir trop d’inflation pour préserver le pouvoir d’achat, mais ce dernier ne dépend pas que du niveau de l’inflation.

    @ CVT

    Merci. Très juste sur les épargnants. Il y a de bonnes statistiques sur le sujet dans le dernier livre d’Olivier Berruyer. Après je pense qu’aujourd’hui, même les vraies classes moyennes sont mises en difficulté (explosion des prix de l’immobilier, salaires qui ne progressent pas, baisse du pouvoir d’achat).

    @ Francis

    Tout d’abord, la France peut décider de convertir la dette 1 euro = 1 franc, comme en 1999 pour l’inverse. Ensuite, il ne faut pas oublier que la valeur du franc resterait globalement stable par rapport à l’euro, donc même sans conversion, pas de problème pour la France. Après, c’est une autre histoire pour l’Espagne et l’Italie, qui devront convertir la dette autoritairement pour qu’elle soit soutenable, mais cela est logique vue la prime de risque.

    @ Alain34

    Il faut que je fasse un point là dessus.

    @ André-Jacques

    Merci pour ces réponses.

    @ Saul

    Merci pour tous ces liens, qui me donneront sans doute l’occasion de faire un nouveau papier.

    @ Démos

    Beaucoup de bonnes idées… et du travail en perspective. Complètement d’accord sur le 2nd commentaire.

    @ Emmanuel B

    Il faudra que je lise. C’est sur Ragemag, donc cela devrait être bon.

    @ BA

    Merci pour l’information.

    @ Anonyme

    Bien d’accord.

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  12. Il me semble que l on oublie souvent que le retour a la monnaie nationale est la condition necessaire (mais pas suffisante) pour remettre la Banque Centrale dans le giron du Gouvernement avec comme objectif de :

    - faire financer les investissements structurels par la nation elle meme
    - restaurer la monnaie comme infrastructure dont la nation est proprietaire (plutot que locataire a loyer...)

    Cela peut se faire en:

    - faisant acheter des presentations du tresor
    - agir en sorte qu au travers de la nature des emprunts emis, les reserves fractionnaires remontent.

    La politique monetaire, elle, n est qu un levier interessant mais limite, la monnaie n etant qu un etalon, qui doit deraper en permanence si on veut se reposer la dessus (vieux livre ecrit en gros et pedagogique, meme si on n aime pas Keynes http://203.200.22.249:8080/jspui/bitstream/123456789/2209/1/A_tract_on_monetary_reform.pdf). En fait, les variations des taux de changes sont plutot utilisees pour laisser des << jeux d ajustement >>, une espece de ciment, qui manque bien evidemment dans la zone Euro (l Euro brise l Europe, les taux de change etaient une forme de colle. Mais je sais que les gens pensent cela a l envers).

    Mais entrer dans une guerre des monnaies avec les autres pays ? Je n y crois pas car la question est : jusqu ou va t on ? Si le libre echange est fausse par cela, comme il l est par certains << dumpings >> sociaux, il faut plutot mettre en place des techniques de re-equilibrage. Mais imprimer du papier... je suis sceptique.

    -jb

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  13. Charles Gave. Citation: « De 1975 a 2000 , la croissance en Europe, telle que l’on peut la mesurer en utilisant les indices de la production industrielle était de 2. 5% par an en moyenne. Qui plus est, la dispersion autour de cette moyenne était très faible, chacun croissant allégrement de 2.5 % par an, avec cependant des petits à-coups de temps en temps, corrigés très vite, ce qui permettait à chaque pays de revenir dans le peloton sans trop de problèmes. A partir de 2000, une vraie catastrophe semble avoir frappé les économies du vieux continent. La croissance s’arrête NETTE.

    La moyenne (ligne orange sur le graphique) passe d’une pente fort régulière de 2.5 % par an à une pente de 0 % par an. Les 12 dernières années sont DE LOIN les pires en Europe depuis les années trente, en tout cas pour les pays de l’Europe du Sud. De plus, la dispersion autour de cette moyenne « explose » pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale et l’Europe se scinde en deux. D’un coté, l’Allemagne (accompagnée de certains pays du Nord) qui continue sa croissance , et de l’autre la France, l’Espagne, le Portugal ou l’Italie qui perdent entre 10 % et 20 % de leur capacité industrielle (en 12 ans!),ce qui ne s’était JAMAIS produit. Mais quelle est donc cette catastrophe, ce Tsunami qui a réussi à tuer en si peu de temps toutes ces économies en Europe dont la croissance équilibrée faisait l’admiration du monde entier ? La réponse est simple. Une intervention technocratique dans l’un des prix les plus importants dans tout ce qui touche à l’allocation du capital, le taux de change. »

    http://www.atlantico.fr/decryptage/homme-qui-disait-deja-en-2000-que-euro-allait-amener-trop-maisons-en-espagne-trop-fonctionnaires-en-france-trop-usines-en-allema-641349.html

    Comment se fait-il que l'Europe s'en sortait en période de guerre des monnaies et plus en monnaie unique?

    La guerre des monnaies est un des arguments bidons de ceux qui veulent sauver l'euro à tout prix. Aujourd'hui le problème auquel on est confronté est celui du surendettement et de la désindustrialisation des pays dont l'économie n'était pas adaptée à la monnaie unique. On est certain que ce problème ne sera jamais résolu si la zone euro ne devient pas un Etat Fédéral, comportant une union de transferts. Comme cette union de transferts serait maintenant trop coûteuse pour les pays encore en bonne santé de la zone euro, il est facile de prévoir que tout cela finira très mal.

    Saul


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  14. Vendredi 15 mars 2013 :

    Espagne : nouveau record de la dette publique à 84,1% du PIB à la fin 2012.

    La dette publique de l'Espagne a fortement progressé au cours du dernier trimestre 2012, pour atteindre un nouveau record historique, à 84,1% du PIB, en raison d'une hausse tant au niveau de l'administration centrale qu'au niveau des 17 régions autonomes, a annoncé vendredi la Banque d'Espagne.

    Dette publique de l'Espagne :
    2007 : dette publique de 36,3 % du PIB.
    2008 : dette publique de 40,2 % du PIB.
    2009 : dette publique de 53,9 % du PIB.
    2010 : dette publique de 61,5 % du PIB.
    2011 : dette publique de 69,3 % du PIB.
    2012 : dette publique de 84,1 % du PIB.

    http://www.google.com/publicdata/explore?ds=ds22a34krhq5p_#!ctype=l&strail=false&bcs=d&nselm=h&met_y=gd_pc_gdp&scale_y=lin&ind_y=false&rdim=country_group&idim=country:es&idim=country_group:non-eu&ifdim=country_group&hl=fr&dl=fr&ind=false

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