Un « made in Europe » qui pourrait inclure le Canada et le Japon ! Heureusement que l’information vient du Financial Times et qu’elle a été confirmée ailleurs pour écarter l’option d’une intox ou d’une bonne blague du Gorafi. Le site d’humour aurait-il seulement pu aller aussi loin ? Malheureusement, il est clair depuis longtemps qu’il n’y a strictement rien à attendre de l’UE.
Des filets de protection toujours superficiels
Et encore, les taxes sur les véhicules chinois imaginées par Bruxelles sont dérisoires, ne ciblant pas toujours les bons constructeurs, et elles oublient de cibler les composants clés comme les batteries, à peine taxées. Pire, même ce dispositif très léger est encore négocié avec la Chine, pour des mécanismes de prix minimum encore plus indolores. Pour couronner le tout, l’UE fait des exceptions pour des véhicules fabriqués en Chine par des constructeurs européens… On pourrait aussi rappeler à quel point notre continent est la colonie numérique des entreprises étatsuniennes et chinoises, faute d’avoir mis les protections qui auraient permis de favoriser l’éclosion de champions locaux, comme l’a bien compris la Chine, qui a poussé Alibaba, TikTok, Tencent, ou Baidu. L’Union Européenne n’impose même pas un étiquetage clair de l’origine des produits avec ces produits qui peuvent afficher le dérisoire « origine UE et non UE ».
Mais la réalité a fini par rattraper des peuples européens de plus en plus choqués par le laisser faire et le laisser passer du machin européen, malgré des médias souvient bien complaisants. L’affaiblissement de nos industriels et la colonisation économique en marche appelent une réaction. Les eurocrates et les oligarchistes de l’extrême-centre envisagent donc de faire renaître de ses cendres la préférence européenne pour nos marchés publics et certaines aides dans des secteurs industriels stratégiques (renouvelable, automobile, industrie lourde). L’idée est louable, mais comme souvent avec l’UE, le diable est dans les détails. S’il semble à peu près envisageable d’inclure des pays européens partenaires de l’UE, comme le Royaume Uni, l’Islande ou la Norvège, les eurocrates ont eu l’idée de génie d’inclure une quarantaine de pays au total au dispositif de préférence, au point de largement déborder du cadre européen !
En clair, si les produits chinois ou états-uniens seraient logiquement exclus, venant de pays qui se protègent, eux, en revanche, les produits venus du Japon, de Corée du Sud, de Turquie ou du Canada seraient traités comme les produits de l’UE. Voilà un protectionnisme bien timide et mesuré, pour ne pas plus. Pourtant, le Japon et la Corée du Sud, s’ils ont des accords avec l’UE sont férocement protectionnistes dans bien des domaines. La Turquie est un lieu de délocalisation des industries européens. Et le Canada est souvent une base arrière des industriels yankees. Bref, la maigre préférence, même pas européenne, évoquée par l’UE, semble bien dérisoire, dans ce projet préliminaire, d’autant plus que l’on peut craindre que l’Allemagne pousse à une version encore plus limitée pour préserver ses exportations vers la Chine. Cette première copie ne mérite même pas la moyenne, même si elle marque un léger progrès.
Cet épisode, trop peu rapporté, est une nouvelle preuve, si nécessaire, que l’UE est incorrigible. Son logiciel oligarchiste a tellement ancré le laisser faire et le laisser passer, que face à l’immensité du désastre des conséquences de notre ouverture asymétrique, elle répond par des mesurettes ridicules comme cette « préférence européenne », qui inclut le Japon et le Canada ! Il est temps d’en partir.

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