Bien sûr, ce n’est pas nouveau. Le traitement de la Palestine par Israël et les aventures occidentales en Irak, Afghanistan ou Libye ont depuis déjà plus de 20 ans discrédité une grande partie des pays occidentaux. Nos leçons de démocratie et d’humanisme n’ont d’égales que les libertés prises avec ces leçons… Mais ce qui se passe depuis quelques temps au Liban et à Cuba exacerbe plus encore ce grand écart et finit par donner une image désastreuse de l’Occident, à de rares exceptions.
Le traitement révoltant de deux peuples
Je rêve d’une France qui s’exprimerait aux Nations Unies contre ce blocus arbitraire et injuste, et ferait voter des résolutions condamnant et sanctionnant Washington. Je rêve d’une France qui enverrait des pétroliers à La Havane, escortés par le porte-avion Charles de Gaulle s’il le faut pour forcer le blocus yankee. Je ne crois pas que les cow-boys de Washington oseraient agir, et s’ils le faisaient, il faudrait être prêts à entamer une épreuve de force majeure. Si notre laisser-faire a conduit à un affaiblissement de notre souveraineté et une forme de dépendance, il nous a aussi donné les moyens de pouvoir frapper là où cela fait mal pour l’Oncle Sam : le portefeuille, et certaines de ses grandes entreprises. Nous devrions faire beaucoup plus pour Cuba pour montrer que nous refusons l’arbitraire et la violence.
De même, nous devrions faire beaucoup plus contre les exactions des dirigeants actuels d’Israël au Liban, comme en Palestine. En quoi ce que fait Netanhayou est-il moins critiquable que ce que fait Poutine en Ukraine ? Il a envahi une proportion bien plus importante du Liban que ce qu’a fait la Russie en fait, et les destructions apportées dans le pays semblent malheureusement s’inspirer de ce qu’Israël a fait subir depuis trop longtemps aux Palestiniens. Bien sûr, Israël peut évoquer la menace que représentait le Hezbollah sur sa sécurité, dans un écho pas inintéressant avec la menace qui planait sur les russophones du Donbass dans leur propre pays. Mais en quoi cela justifierait la destruction et l’occupation d’une si grande partie du Liban ? Si tel était le cas, alors l’action de Poutine serait légitime…
Là encore, même si cela commence à changer, les pays occidentaux sont trop passifs, pour ne pas dire plus. Peut-on aujourd’hui dénoncer les bombardements qu’Israël subit alors que, tant pour l’Iran ou le Hezbollah, c’est bien Netanhayou qui a été à l’initiative de la terrible escalade actuelle ? La diplomatie macronienne est navrante de suivisme atlantiste à un moment où Washington passe le plus clair de son temps à s’essuyer les pieds sur nos intérêts et à nous menacer de manière agressive. Le « deux poids, deux mesures » est chaque jour plus choquant au fur et à mesure que les morts s’amoncèlent et les destructions se poursuivent. L’ordre international que l’Occident a promu n’est pas un ordre, c’est la loi du plus fort, et sans corde de rappel pour défendre les plus faibles quand ils sont victimes d’une injustice.
C’est tout l’esprit de 2003 que la France devrait retrouver pour dénoncer fermement et agir réellement contre ces injustices. Et autant dire que l’ampleur des dérives des deux dernières décennies devrait pousser à des actions qui iraient largement au-delà d’une simple prise de parole aux Nations Unies, aussi importante soit-elle. Qui pourrait faire cela aujourd’hui ? Cela ne se bouscule malheureusement pas au portillon…

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