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vendredi 19 mai 2017

Mascarade de l’antifascisme (billet invité)

Billet invité de l’œil de Brutus

La plupart des réflexions ci-après sont issues de la lecture du Crépuscule de la France d’en Haut  de Christophe Guilluy (Flammarion 2016)



Pier Paolo Pasolini soulignait déjà en 1974 (!) qu’en abandonnant la question sociale, la gauche chercherait à instrumentaliser un « antifascisme facile qui a pour objet un fascisme archaïque qui n’existe plus et n’existera plus jamais ». Lionel Jospin reconnaîtra plus tard que cette « lutte antifasciste en France n’a été que du théâtre » et que le « Front national n’est pas un parti fasciste ». Et ce n’est pas un hasard si de BHL à Pierre Bergé, du MEDEF au entreprises du CAC 40, de Hollywood à Canal plus, les plus grands pourfendeurs du « fascisme » sont aussi les meilleurs zélateurs de la mondialisation. On remarque également que bien souvent les groupes « antifa » recrutent leurs membres non parmi les ouvriers mais parmi les jeunes diplômés de la bourgeoisie.

dimanche 29 janvier 2017

Chevènement, Delaume, Cayla, Desgouilles, Guilluy, Polony, Devecchio : tous à vos librairie !


Alors que les débats des primaires ont été navrants de conformisme eurolibéral, du côté des Républicains comme de la gauche, heureusement, la scène intellectuelle est bien réjouissante, comme l’illustre les livres qui sont sur mon chevet en ce moment. Le dernier arrivé, c’est « Dérapage », de David Desgouilles, un roman sacrément réussi qui a le grand mérite de nourrir la réflexion sur les travers de notre époque, d’une manière subitle, mais pas moins efficace. Il me tarde de lire « Les nouveaux enfants du siècle », d’Alexandre Devecchio, sur la polarisation politique de la jeunesse, tout comme « Le crépuscule de la France d’en haut » de Christophe Guilluy, un intellectuel qui compte.


Il me tarde tout autant de lire le dernier livre de Jean-Pierre Chevènement, « Un défi de civilisation », celui qui reste, avec Philippe Séguin, mes premiers guides politiques, lors des débats sur l’autre politique, ainsi que sur le traité de Maastricht, au début des années 1990. « La fin de l’Union Européenne », de Coralie Delaume et David Cayla est un livre terriblement actuel, très apprécié par Jacques Sapir et le blog Le vent se lève, que je ne manquerai pas de dévorer, tout comme « Bienvenue dans le pire des mondes », du comité Orwell et Natacha Polony. A bientôt sur le blog !

lundi 10 août 2015

Bernard Maris, le libre-penseur




Savoir penser comme les préjugés de son camp

Pour un anarchiste internationaliste, il démontre une belle ouverture d’esprit. Outre Todd et Le Bras, il corrige les chiffres de l’immigration d’Attali par ceux de Tribalat et note que « ces flux d’immigrés ne sont plus des flux de travailleurs attirés par un emploi local, mais des ‘regroupés familiaux’ très peu qualifiés ». Il cite Finkielkraut pour qui « les bobos typiques célèbrent le métissage et vivent dans des forteresses ». Pour lui, les brûleurs de voiture « sont la loi de la jungle, la pire, c’est à dire l’absence de loi. Comme la Mafia, ils ne connaissent que la famille, et jamais le pays ». Il dénonce ceux qui sifflent la Marseillaise, qui « participent d’un internationalisme tout à fait en phase avec le crime ».

Sur les émeutes de Villiers Le Bel, il rend hommage à « la police républicain (qui) s’est remarquablement comportée, un commissaire a été lynché en essayant de ramener le calme », comme un étrange écho au rassemblement des Français derrière nos forces de l’ordre après les massacres de janvier. Il dénonçe aussi les intellectuels qui ont soutenu les inculpés dans Libération. Il dénonce le communautarisme des mairies socialistes qui accordent des horaires de piscine aux femmes. En réalité, sur bien des questions, il rejoint le point de vue défendu par les chevènementistes et les gaullistes, une évolution qui peut paraître surprenante, mais qui est aussi un formidable vecteur d’espoir pour l’avenir.

Des banlieues et de la question sociale