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mardi 3 juin 2014

Le discours néoraciste (billet invité)

Billet invité de Joël Halpern, que vous pouvez retrouver sur son blog




Dans notre précédent article, nous montrions que la formation de communautés antagoniques, la marche au conflit ethnique, sont contenues dans les propriétés de la présente crise économique et sociale. Les conditions sont favorables à la double spirale du repli communautariste, de la stigmatisation et de la discrimination. Elle inspire et se nourrit d’un discours politique qui fournit ses concepts et sa légitimité aux communautarismes montants.

La vie sociale produit spontanément des frustrations, sentiments, formules qui restent confuses tant qu’elles ne circulent que dans les rapports privés. C’est leur énonciation par un discours structuré, légitimé par la représentativité prêtée aux porte-paroles, qui en assure la convergence et la force d’agrégation. Une configuration donnée ne permet pas n’importe quelle représentation, mais elle est susceptible d’interprétations contraires pour donner un sens au désordre initial des expériences. Comme le dit l’antisémite Gilad Altzmon : « Dieudonné est un artiste, son rôle est de refaçonner et de réviser notre vision du monde ».

Dans la lutte pour la définition d’une représentation légitime de la société, les discours politiques s’organisent, avec une efficacité variable, autour de stratégies de conquête d’une hégémonie culturelle. Faire de l’ « intégration » de certaines populations, de l’immigration ou de l’identité des thèmes dominants du débat politique et intellectuel est d’ors et déjà un succès considérable pour les entrepreneurs politiques communautaristes de tous bords. Leurs discours, revendications, programmes, sont ajustés aux catégories dominantes de l’entendement ; alors que les politiques contraires doivent au préalable franchir l’obstacle considérable de la critique épistémologique avant d’attirer l’attention, pour ne pas parler de l’adhésion.


mardi 7 février 2012

La mauvaise polémique de Claude Guéant


Le ministre de l’intérieur, coutumier du fait, vient de déclencher une nouvelle polémique en déclarant que « toutes les civilisations ne se valent pas ». Malgré les critiques d’une bonne partie de la classe politique, il reste droit dans ses bottes. Un nouvel exemple de toutes les dérives du pouvoir en place.

Réactiver la guerre des valeurs

La réponse de Claude Guéant est assez habile, mêlant attaque et défense. Comme le rapporte le JDD, son cabinet a cherché à minimiser l’affaire en disant que la phrase avait été sortie de son contexte. Mais au-delà de cette ligne de défense, la majorité y trouve un motif pour attaquer violemment la gauche puisque le ministre avait introduit son propos en précisant : « contrairement à ce que dit l’idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas ».