« Si
on m’exclut de l’UMP, (…) je parlerai » : c’est ainsi que
Jérôme Lavrilleux, qui
a été directeur adjoint de la campagne présidentielle de 2012, a réagi à la
menace de sanction de la part de la commission des recours du parti. Une
déclaration aussi effarante que révélatrice.
Chantage
public
Il affirme :
« pour
le moment je me tais. Mais si on m'exclut de ce parti auquel j'appartiens
depuis vingt-cinq ans, alors je reprendrai ma liberté de parole et je parlerai.
(...) Ça se réglera devant les tribunaux. J'ai déjà pris plusieurs avocats. (…) Je suis en vacances. Je ne vois pas
pourquoi je les annulerais pour répondre à une convocation qui m'a été envoyée
au tout dernier moment. Et puis avant d'être entendu, j'aimerais bien qu'on me
fasse parvenir le dossier fondant les motifs de mon exclusion. Curieusement, on
ne me l'envoie pas. Tout simplement parce qu'il n'existe pas (…) la sagesse
serait qu’on oublie toute cette procédure ». Il rappelle qu’il « n'a
pas été poursuivi par la justice, n'a pas été mis en examen et encore moins été
condamné... contrairement à d'autres qui ont toujours leur carte à l'UMP
».
Bien sûr, on
peut comprendre qu’il ne souhaite pas porter le chapeau dans cette affaire, ce
qui n’est pas totalement injuste. En effet, il serait foncièrement anormal
qu’il soit sanctionné et pas Nicolas Sarkozy, qui
est au moins indirectement responsable des énormes abus qui ont abouti à ce que
sa campagne coûte 11 à 17 millions d’euros de plus que le seuil maximal de 22,5
millions, grâce au maquillage des comptes du parti majoritaire. Mais en
même temps, cette déclaration pose doublement problème. D’abord, ce faisant,
Jérôme Lavrilleux confirme qu’il y a des dossiers très embarrassants à l’UMP,
et donc que les dirigeants de ce parti se sont sans doute mal comportés ces
dernières années. Et cela montre qu’il a couvert des comportements
répréhensibles, ce qui en dit long sur l’éthique des patrons de ce parti
Une ombre
pour Don Sarkozy
