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mardi 15 octobre 2019

Avec Chirac, au moins, il y avait la forme


Jacques Chirac a joué un grand rôle dans mon parcours politique. Face à un François Mitterrand rapidement érigé en contre-modèle, il m’est apparu, dans les années 1980, comme l’homme dont la France avait besoin. J’ai pris la carte du RPR à 17 ans, pour lui, puis fait sa campagne avec enthousiasme en 1995. Retour sur le parcours de l’homme qui m’a éveillé à la politique il y a plus de 30 ans.


Quand le nouveau monde fait regretter l’ancien

lundi 29 juin 2015

Appel de Cochin : oui à l’Europe des Nations, non à l’Europe des technocrates (billet invité)

Billet invité de l’œil de Brutus.


Le 6 décembre 1978, Jacques Chirac faisait publier le communiqué que je vous propose ci-après et qui restera dans l’histoire comme « l’appel de Cochin ».

En préparation des élections européennes qui se préparaient alors (juin 1979), ce texte a très probablement été écrit par Pierre Juillet et Marie-France Garaud. Dans les fais, une fois élu 20 ans plus tard, Jacques Chirac suivra une politique diamétralement opposée et, sous prétexte de son hospitalisation de l’époque (il avait un accident de voiture début décembre 1978) désavouera ses conseillers qui auraient profité de sa faiblesse du moment …

C’est probablement, entre autres, ce qui fera dire à Marie-France Garraud s’adressant au patron du RPR : « je vous croyais de marbre dont on fait les statues ; vous n’êtes que de la faïence dont on fait les bidets »[i].

A l’aune de ces lignes, ô combien d’actualités en ces temps de crise perpétuelle de l’Union européenne, on mesure combien, hormis quelques très rares fulgurances (le refus de la guerre en Irak), M. Chirac est passé à côté de l’Histoire et comment son gaullisme était finalement de façade et non de fond. Que n’a-t-il suivi cette grande inspiration de décembre 1978 !

mardi 30 septembre 2014

Un pouvoir qui s’enfonce… Petit historique des présidents en difficulté (billet invité)


Billet invité du Blog Actualité

Bonjour à tous !

Sortons un peu de notre léthargie. La rentrée politique a eu lieu et elle ne fut pas de tout repos pour nos dirigeants politiques. Et pour la République aussi j’ai envie de dire. Seulement 13 pour cent des français ont confiance en François Hollande au point de vouloir le voir se représenter en 2017 et Manuel Valls et son gouvernement n’ont convaincu que 269 députés au vote de confiance hier. Le chef du gouvernement est à peine à 30 pour cent de confiance dans les sondages.


Avec ces chiffres éloquents mais peu glorieux, ce sont les fonctions même de l’exécutif de notre Vème République qui tremblent sur leurs bases. Or rappelons que la Vème République est justement censée reposer sur un exécutif fort. Comment un président de la République élu peu à ce point être remis en question ?

L’objectif de cet article n’est pas de critique le président, ni de le défendre. Il est de se demander si dans notre république vieille de 55 ans la situation s’est déjà présentée ? Poser la question c’est déjà y répondre me rétorquez-vous et c’est très juste. Néanmoins, on ne peut pas dire qu’aucun président n’a été épargné par des difficultés ou par une certaine impopularité. Voyons donc comment cela s’est passé pour les prédécesseurs de François Hollande et comment ils ont réussi (ou non) à s’en sortir…

Charles de Gaulle

dimanche 20 juillet 2014

Faut-il réhabiliter le quinquennat ?


Il y a une semaine, L’Oeil de Brutus a attribué au passage au quinquennat une part de responsabilité dans la déliquescence de la Cinquième République. Un argument qui parle aux gaullistes, qui, comme moi, ont voté contre le changement de durée du mandat présidentiel. Et si ce n’était pas la bonne cible ?

La pratique ou la durée ?

S’il est bien logique qu’un mandat de sept ans pousse à davantage se soucier du long terme qu’un mandat de cinq ans, et que la non-cocomitance du mandat présidentiel et du mandat de l’Assemblée instaurait deux temps différents, le septennant poussant à un président plus arbitre, le quinquennat risquant de le pousser à une position de premier ministre bis, les dernières décennies incitent à la méfiance. En effet, Valéry Giscard d’Estaing, pourtant élu pour sept ans et non cinq, n’a-t-il pas été un précurseur du président qui se mèle de tout, brouillant la distinction avec le Premier Ministre, ravalé avant l’heure au stade de « collaborateur ». A contrario, le quinquennat de Jacques Chirac s’est passé en respectant bien la division des tâches originelles de la Cinquième République, malgré un mandat plus court.

Bref, prendre ces deux exemples pousse à relativiser les avantages et les inconvénients théoriques des deux mandats en montrant que plus que la durée du mandat présidentiel, c’est peut-être plus la conception du pouvoir qui prime, un quinquennat pouvant être mené selon l’esprit du Général de Gaulle, du point de vue du partage du pouvoir exécutif au moins, tandis qu’un septennat peut être mené avec les mêmes défauts que l’Oeil de Brutus attribue plus généralement au quinquennat. J’ai fini par acquérir la conviction que les dérives de notre vie politique sont beaucoup plus les conséquences des comportements des personnes qui nous gouvernent plutôt que de nos institutions, ou même des évolutions de nos institutions, même quand je les ai combattues, comme je l’ai fait à l’époque du référendum.

En défense du quinquennat

samedi 19 janvier 2013

Faut-il restaurer le service militaire ?


En 1996, fidèle à sa promesse de campagne, Jacques Chirac avait mis fin au service militaire, une institution de deux siècles. Plus de quinze ans après sa suppression, on peut se demander aujourd’hui si ce n’était finalement pas une mauvaise idée et s’il ne faudrait pas le restaurer.

Un outil de la République

Le service militaire avait plusieurs utilités. La première était d’assurer la défense de la France en fournissant des contingents plus importants que ne le permet la seule armée de métier ainsi qu’assurer une formation militaire à tous les jeunes hommes, permettant ainsi de les mobiliser de manière plus efficace en cas de conflit. Ce besoin d’assurer la défense de notre pays semble aujourd’hui moins critique (de manière illusoire ?) près de 60 ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

La deuxième utilité du service militaire était d’instaurer un lien charnel entre la France et ses citoyens. En effet, en prenant près d’un an de la vie de tous les jeunes français, ceci montrait que l’appartenance à la collectivité nationale avait un prix et impliquait des devoirs et pas seulement des droits. La mise en place du droit du sol s’explique en partie par le service militaire puisque c’était un moyen d’augmenter le nombre de conscrits par rapport au droit du sang mis en place à la Révolution.

La troisième utilité du service militaire était l’intégration républicaine des citoyens. Tout d’abord, il permettait un brassage social d’autant plus utile aujourd’hui avec le phénomène d’homogénéisation des différentes parties du territoire. Ensuite, il pouvait servir de séance de rattrapage pour les jeunes qui avaient de fortes carences scolaires. Enfin, il permettait aussi de cadrer certains jeunes, de leur apprendre la discipline et à respecter les règles, une sorte de formation citoyenne.

Peut-on le remettre en place ?