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dimanche 27 mars 2016

Les députés votent le verrouillage de la présidentielle

Imaginons un instant Poutine ou Orban réduire le temps de parole de la plupart des partis de l’opposition pendant les campagnes électorales, ou mettre en place une règle qui pourrait réduire potentiellement le nombre des candidats d’opposition un an avant une élection. Toutes les belles âmes dénonceraient ces dictateurs en herbe. Mais ici, il s’agit du texte que les députés ont voté cette semaine.



PS et LR, uni dans l’oligarchie autoritaire

samedi 19 décembre 2015

Avis de verrouillage de l’élection présidentielle !




Les gros partis verrouillent l’élection

Presque tous les choix de cette loi vont dans le sens d’avantager les plus gros partis. Déjà, en 2012, la règle dite d’équité avait permis aux grands partis de faire quasiment taire les petits dans une première phase de la campagne. Malheureusement, la majorité souhaite nettement accroître l’inégalité entre les candidats. Tout d’abord, alors que seulement 500 parrainages étaient révélés après coup, ils seront tous publiés, en temps réel et ce sont les signataires qui les enverront au Conseil Constitutionnel au lieu des candidats. Ce faisant, les petits candidats sans un grand réseau d’élus risquent de se voir barrer la route de l’élection. Et après, ils n’auront qu’un temps de parole limité car l’égalité stricte ne s’appliquera que pour deux semaines au lieu de 5, remplacée par la pseudo équité, basée sur les sondages…

Et ce n’est pas fini, la loi ramène d’un an à six mois la période de la campagne, ce qui permettra aux partis les plus riches d’augmenter leurs dépenses, s’ils le peuvent puisque le plafond s’appliquera pour deux fois moins de temps… Toujours aussi effarant, la loi rouvre la voie à la communication publicitaire par affichage ou presse, un moyen qui ne sera naturellement pas accessible aux petits partis. Comme le dit Christian Hutin, MRC, « nous ne sortirons pas de cette crise de l’offre politique par la surenchère publicitaire des gros partis ». L’addition de toutes ces mesures devrait malheureusement renforcer les trois grands partis qui dominent notre vie politique, qui gagneront du temps d’antenne alors que les autres y perdront temps de parole et même, potentiellement, l’accès même à l’élection.

Ni socialiste, ni vraiment démocrate

mercredi 28 octobre 2015

La très discrète remontée de Hollande dans les sondages

Bien sûr, alors que François Hollande pointe à la troisième position des sondages pour le premier tour de l’élection présidentielle, ceci peut sembler incroyable. Pourtant, pour qui prend le recul et prend la peine d’étudier une année de sondages, on y décèle une évolution surprenante.



Une avalanche de sondages à sens unique ?


Et si on remonte encore plus loin, en septembre 2014, Marine Le Pen était donnée entre 28 et 30%, contre 24 à 25% pour les candidats possibles de l’UMP, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, François Hollande étant seulement à 16 ou 17%, la présidente du FN étant même donnée gagnante contre le président sortant, par 54% des voix ! De manière amusante, un an après, le Figaro publiait un même sondage en oubliant de noter le grain de trois points du président de la République. Bref, on peut voir dans ces résultats la persistance d’une perspective d’élimination dès le premier tour pour Hollande, ce qui semble logique avec son bilan et l’image assez désastreuse qu’il a auprès de la grande majorité des Français.

Quelques tendances souterraines

dimanche 20 juillet 2014

Faut-il réhabiliter le quinquennat ?


Il y a une semaine, L’Oeil de Brutus a attribué au passage au quinquennat une part de responsabilité dans la déliquescence de la Cinquième République. Un argument qui parle aux gaullistes, qui, comme moi, ont voté contre le changement de durée du mandat présidentiel. Et si ce n’était pas la bonne cible ?

La pratique ou la durée ?

S’il est bien logique qu’un mandat de sept ans pousse à davantage se soucier du long terme qu’un mandat de cinq ans, et que la non-cocomitance du mandat présidentiel et du mandat de l’Assemblée instaurait deux temps différents, le septennant poussant à un président plus arbitre, le quinquennat risquant de le pousser à une position de premier ministre bis, les dernières décennies incitent à la méfiance. En effet, Valéry Giscard d’Estaing, pourtant élu pour sept ans et non cinq, n’a-t-il pas été un précurseur du président qui se mèle de tout, brouillant la distinction avec le Premier Ministre, ravalé avant l’heure au stade de « collaborateur ». A contrario, le quinquennat de Jacques Chirac s’est passé en respectant bien la division des tâches originelles de la Cinquième République, malgré un mandat plus court.

Bref, prendre ces deux exemples pousse à relativiser les avantages et les inconvénients théoriques des deux mandats en montrant que plus que la durée du mandat présidentiel, c’est peut-être plus la conception du pouvoir qui prime, un quinquennat pouvant être mené selon l’esprit du Général de Gaulle, du point de vue du partage du pouvoir exécutif au moins, tandis qu’un septennat peut être mené avec les mêmes défauts que l’Oeil de Brutus attribue plus généralement au quinquennat. J’ai fini par acquérir la conviction que les dérives de notre vie politique sont beaucoup plus les conséquences des comportements des personnes qui nous gouvernent plutôt que de nos institutions, ou même des évolutions de nos institutions, même quand je les ai combattues, comme je l’ai fait à l’époque du référendum.

En défense du quinquennat