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mercredi 16 juillet 2014

Finance, code du travail : les blagues révélatrices de Michel Sapin


Michel Sapin occupe aujourd’hui le poste qu’il occupait en 1992 sous François Mitterrand, au ministère du budget. Il est sans doute un représentant parfait de ce PS qui n’a plus de socialiste que le nom, comme il le démontre peut-être malgré lui à travers deux sorties sous forme de boutades.



De la finance et du code du travail

Il y a quelques mois déjà, le ministre s’était fait remarquer par une réponse assez surprenante à une question sur la lourdeur du code du travail, en disant que pour en réduire le nombre de pages, il suffisait de diminuer la taille de la police de caractère. On reste perplexe devant une telle déclaration, pas très drôle et qui ne semble pas avoir sa place dans la bouche d’un ministre de la République dont on pourrait attendre qu’il explique que le code du travail permet aussi de protéger les salariés en ces temps de loi de la jungle économique, mais qui aurait aussi pu reconnaître qu’il était prêt à étudier des simplifications si celles-ci facilitaient la vie de tous sans déconstruire notre modèle social, et que, par conséquent, cela devait être fait d’un commun accord entre le patronat et les syndicats par exemple.

Il y a quelques jours, le ministre du budget a fait une étonnante déclaration en se déclarant « l’ami de la finance » mais en précisant qu’il parlait de « la bonne finance ». Cette introduction d’un qualificatif au terme « finance » est sans doute un moyen d’embrouiller le débat. Néanmoins, cela contredit une nouvelle fois la déclaration de campagne de François Hollande qui avait fait de la finance son ennemi. Certes, il n’y avait pas grand chose à y attendre puisque, quelques jours après, le candidat avait donné une interview au Guardian à Londres pour rassurer les milieux financiers en soulignant à quel point les gouvernements socialistes précédents avaient encouragé la libéralisation.

Ce que cela dit sur le gouvernement

samedi 14 juin 2014

Toubon, Boone : Hollande toujours plus loin dans l’eurolibéralisme


La dernière vague de nomination du président a suscité de nouveaux remous, entre la nomination de Jacques Toubon, ancien ministre de droite, et d’une représentante de la finance dont il disait être l’ennemi. Une nouvelle affirmation décomplexée de son cap eurolibéral.

 

La finance est dans le nid

La nomination de Laurence Boone est stupéfiante. Certes, il n’était pas difficile de comprendre en 2012 que François Hollande ne serait pas un véritable ennemi de la finance, étant donné qu’il avait donné des gages au milieu dans le Guardian. Mais aller jusqu’à donner le poste de conseiller économique à une professionnelle de la finance aux idées clairement libérales qui écrit dans l’Opinion, c’est aller très loin dans la contradiction ! En outre, elle critiquait sévèrement le cap suivi par l’équipe au pouvoir, ce qui permet aux médias de rappeler ses critiques passées. Un choix très discutable sur le fond et qui se révèle porteur de nouveaux couacs pour l’Elysée.

Les sénateurs du MRC, le parti de Jean-Pierre Chevènement, ont dénoncé la nomination « d’une économiste forgée du plus beau métal libéral, au fil d’une carrière allant de Merrill Lynch, l’une des premières banques d’affaires américaine, à Bank of America, en passant par Barclays ». Le Monde souligne aussi qu’elle a pris position contre les nouvelles règles d’encadrement bancaire, critiquant l’examen des actifs bancaires par la BCE pour vérifier leur solvabilité. Il s’agit donc d’un bon petit soldat eurolibéral qui devrait parfaitement s’adapter à la ligne défendue par François Hollande depuis janvier, et confirmée avec la nomination de Manuel Valls à Matignon.

Ouverture 2.0 ?