Affichage des articles dont le libellé est panneaux solaires. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est panneaux solaires. Afficher tous les articles

dimanche 22 décembre 2013

Edouard Martin : les illusions d’une candidature


Entretien donné à Atlantico. Sur ce sujet, lire aussi la réaction de Nicolas Dupont-Aignan ou de Guillaume Lelong. D’un point de vue politique, il est difficile de ne pas y voir un coup du Parti Socialiste pour essayer de retrouver un lien avec le monde ouvrier, qui lui préfère le Front National. Même si Edouard Martin est sincère, il est tout de même étonnant qu’il choisisse de porter les couleurs d’un parti qui a voté tous les traités qui ont mené aux désastres de Gandrange et Florange.



Atlantico : Edouard Martin, ancien syndicaliste CFDT d'ArcellorMittal à Florange, conduira la liste socialiste aux élections européennes de 2004.Il déclare avoir envie de poursuivre "le combat pour la sauvegarde de l'industrie au niveau européen, parce que c'est là que se prennent les grandes décisions qui nous impactent". Quel est le pouvoir des députés dans ce domaine ? 

Les députés européens ont un pouvoir extrêmement limité pour sauvegarder l’industrie au niveau européen :
-        Tout d’abord, l’intiative des lois vient presque exclusivement de la Commission Européenne. Si elle ne souhaite pas prendre d’initiative dans ce domaine, alors le Parlement ne pourra pas agir
-        Ensuite, les traités européens ne permettent pas de mesures de protection puisqu’ils organisent une concurrence libre et non faussée qui empêche toute action de sauvegarde. Dès qu’un Etat essaie d’agir, il se fait poursuivre et condamné par la Cour de Justice
-        Enfin, la Commission, qui détient l’essentiel des pouvoirs, poursuit un agenda d’ouverture toujours plus forte des marchés européens au commerce avec l’étranger (traité transatlantique, traité avec le Canada, traité avec la Corée) qui va complètement à l’inverse de toute politique de sauvegarde de notre industrie mais qui contribue au contraire à continuer à l’affaiblir plus encore

Atlantico : Compte tenu des contraintes institutionnelles,  que pourrait vraiment faire Edouard  Martin  s'il était élu ? Peut-il par exemple espérer relancer le dossier Florange ?

mardi 13 août 2013

La commission européenne capitule sur les panneaux solaires





Reddition en rase campagne

Il faut lire l’article de The Economist sur le sujet pour mesurer le degré de reddition de la Commission. En effet, l’hebdomadaire britannique est un partisan acharné du libre-échange dans toutes les conditions et pourtant, ses commentaires sont assez acides sur les conditions de l’accord qui a été rendu public fin juillet. Pour le journal ultralibéral, « l’Union Européenne va mettre en place un prix de vente minimum, cependant beaucoup plus bas que le niveau attendu. Elle va aussi mettre en place un généreux quota au delà duquel des droits de douane élevés seront mis en place ».

Pire, The Economist note que les « officiels chinois sont satisfaits » et que le ministre du commerce a dit que « l’accord exprimait de la sagesse ainsi qu’une attitude flexible et pragmatique ». Les industriels du panneau solaire européen vont faire appel contre la décision et ont déclaré que « l’accord n’est pas une solution mais une capitulation ». Il est assez stupéfiant de constater que même un journal partisan intransigeant du libre-échange comme The Economist sous-entende aussi clairement que l’UE s’est couchée devant la Chine, démontrant à nouveau qu’elle ne défend pas nos intérêts.

Quand la commission se moque du monde

jeudi 27 juin 2013

Retour sur le débat de mardi sur France 24


Mardi, France 24 m’a invité à un débat intitulé « France – Europe : rien ne va plus » (vous pouvez cliquer sur les liens pour le voir), suite aux polémiques incessantes entre l’équipe au pouvoir et la Commission Européenne. L’occasion pour moi de revenir sur le fond du débat, comme sur la forme, et également de vous demander votre opinion.



L’eurolibéralisme mis à nu

Sur le fond, ce débat confirme tout à fait celui de Strasbourg avec Jean-Marc Sylvestre et l’administrateur de Terra Nova, à savoir que la dernière ligne de défense de ceux qui défendent cette Europe est de dire qu’il n’est pas possible de faire autrement que ce qu’ils recommandent, une curieuse vision de la démocratie, qui confirme totalement les écrits à nouveau prophétiques d’Emmanuel Todd. Virginie Martin n’a cessé de dire que nous ne pouvions pas être un ilôt, qu’il fallait que la France rentre dans le 21ème siècle, et toutes les remarques qui visent uniquement à fuir un débat redouté.

Pour appliquer les leçons du débat de Strasbourg, j’ai essayé de démonter ce discours par des faits concrets, incontestables et démontrant qu’il est parfaitement possible de faire différemment, que ce soit sur l’exception culturelle, les pneumatiques ou les panneaux solaires. J’ai également essayé de ne pas apparaîter comme un ronchon euro-critique en montrant que nous ne sommes pas toute idée d’Europe, mais uniquement contre cette mauvaise Europe, en esquissant ce que pourrait être l’alternative, une Europe des projets, s’inspirant des réussites d’Airbus et d’Ariane.

En face, le discours m’a semblé inaudible. Quand Valérie Martin appelle à baisser sa garde pour essayer d’influer sur le cours des choses par du soft power, combien de téléspectateurs peuvent être convaincus ? Idem quand la représentante de la Commission soutient son chef en affirmant que mettre l’exception culturelle dans la balance est une tactique de négociation pour mieux la préserver, cela est un peu fort de café. Elle n’a cessé de nier l’évidence en refusant d’admettre le démantèlement des services publics ou en osant dire que les plans d’austérité préservaient l’essentiel.

Ce qui était intéressant dans ce débat, comme à Strasbourg c’est que mes interlocuteurs défendaient de manière (trop ?) transparente l’agenda eurolibéral. Valérie Martin n’a pas hésité à remettre en cause les aides au cinéma ou à défendre le projet de loi Fioraso qui pourrait aux universités d’enseigner à 100% en anglais. Enfin, la seule issue proposée pour sortir de la crise consiste à couper dans les dépenses et à baisser le coût du travail (la manière politiquement correcte de parler de baisses de salaires) alors que l’on voit bien que c’est une impasse en Grèce ou en Espagne.

Comment débattre avec des euro-béats ?

vendredi 21 juin 2013

Débattre de la mondialisation avec Jean-Marc Sylvestre et Terra Nova


Samedi, j’ai participé aux journées de Strasbourg, organisées par le Nouvel Observateur et les Dernières Nouvelles d’Alsace sur le thème de « Sauver la politique », où j’ai débattu de la mondialisation, entre coopération et compétition, avec Jean-Marc Sylvestre et l’administrateur de Terra Nova.



La mondialisation démasquée

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le journaliste vedette et Henry Hermand n’avancent pas masqués (au contraire de ce gouvernement). La mondialisation et la dérèglementation, ils y croient et ils cherchent à peine à en cacher les effets, le premier ayant même osé dire qu’il s’en fichait que la production automobile quitte le territoire ! Au global, mes deux contradicteurs ont récité leur bréviaire néolibéral : la mondialisation permet de lutter contre la pauvreté, c’est un fait contre lequel on ne peut rien, et on ne pourra s’en sortir qu’en innovant et en améliorant le niveau de notre éducation.



Mais du coup, la contradiction était presque trop facile. D’abord, j’ai mis en avant le nivellement par le bas qu’entraîne la suppression des frontières, au niveau salarial, social, fiscal et environnemental, en prenant des exemples concrets. Ils n’ont pu répondre qu’innovation et éducation. J’ai ensuite attaqué la naïveté de cette Europe qui agit beaucoup trop tard sur les panneaux solaires en soulignant que la Chine n’était pas dans une logique de coopération mais de domination, ce qui lui avait permis de rafler 70% d’un marché dont elle était encore absente en 2004 (et dont l’Europe avait la moitié).

Puis, j’ai eu un échange assez vif avec Jean-Marc Sylvestre. En effet, il avait vanté la façon dont Mario Monti avait été mis à la tête du gouvernement Italie, sur l’injonction des banquiers, puis critiqué « le tort qu’il a eu de convoquer des élections ». Et il avait aussi parlé des problèmes que poserait la démocratie, qui impose aux politiques de suivre les demandes des électeurs ! Je l’ai remercié pour sa franchise puis vivement interpellé sur cette remise en cause de la démocratie, en citant les analyses d’Emmanuel Todd dans son livre de 2008, ce qui m’a valu des applaudissements de la salle.



C’est la logique européenne, dont il n’est pas difficile de comprendre que l’idéal serait une post-démocratie où les peuples auraient la liberté d’opinion, éliraient des représentants qui ne pourraient plus rien faire et où les décisions politiques seraient le fait de juges et d’experts, pour reprendre l’analyse de Jacques Sapir. Jean-Marc Sylvestre s’est aussi distingué par une certaine malhonnêteté, affirmant que 80% des étudiants des grandes écoles partent à l’étranger (en réalité, c’est 17%) et minorant les innovations de notre pays, en pointe sur Internet avec de nombreux leaders mondiaux.

La mondialisation, c’est la résignation

jeudi 6 juin 2013

La dérisoire guerre commerciale UE – Chine sur les panneaux solaires


C’est une nouvelle qui a beaucoup surpris : la Commission Européenne a décidé d’instaurer un droit de douane de 11.8% sur les panneaux solaires chinois, et potentiellement 47% cet été. Une mesure aussi révélatrice des errements de l’Union Européenne que des dangers du capitalisme mondialisé.



La Commission arrive après la bataille

Mais pourquoi la Commission Européenne n’a-t-elle pas écouté Nicolas Dupont-Aignan plus tôt ? En fouillant un peu, j’ai pu trouvé une interview datée du 29 mai 2009, en pleine campagne des élections européennes, où le président de Debout la République, prophétique, disait : « les entreprises chinoises organisent un dumping sur le panneau solaire. Résultat, les installateurs se ruent sur leurs produits, tandis que les entreprises françaises qui en fabriquent sont en difficulté. Peut-on accepter que sur un secteur d’avenir il n’y ait plus de filière industrielle en Europe ? Non. ».

En clair, la Commission agit trop tard, car, en 2009, l’Europe avait 20% de parts du marché mondial (dont 15% pour l’Allemagne). Aujourd’hui, elle ne produit plus que 8% des panneaux solaires (dont 7% pour l’Allemagne, seule rescapée). En trois ans la Chine est passée de 38% du marché mondial à plus de 70% et compte pas moins de 6 des 10 premières entreprises (plus une n’est européenne) ! Pire, on peut imaginer que le marché mondial était plus équilibré encore quelques années avant, mais je n’ai pas réussi à trouver de statistiques pour le prouver. Toute aide sera la bienvenue !

Il y a donc quelque chose de dérisoire à agir maintenant, comme le note Nicolas Dupont-Aignan. Certes, nous importons pour plus de 20 milliards d’euros de panneaux solaires chinois, mais non seulement il est probable qu’une taxe de 11.8% ne changera pas la géographie de la production, mais il est aussi probable que si la Commission persiste, cela déplacera juste nos importations vers le Japon, Taiwan ou la Corée du Sud, sans relancer pour autant la filière européenne, qui a besoin d’une aide globale et de mesures protectionnistes globales pour ne pas disparaître totalement.

Les logiques malsaines du capitalisme mondialisé