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mardi 10 décembre 2013

Travailleurs détachés : le gouvernement capitule !


Lundi avait lieu une réunion des ministres du travail de l’UE sur les travailleurs détachés, ces immigrés qui travaillent en toute légalité dans un pays sans en payer les cotisations sociales mais celles de leur pays d’origine. Malheureusement, l’accord conclut hier soir ne changera pas grand chose à la situation.



Un réveil très tardif

Début 2005, les partisans du Traité Constitutionnel Européen qualifiait parfois de racistes ou xénophobes ceux qui osaient brandir la directive Bolkenstein, avec la fameuse image du « plombier polonais » pour critiquer cette europe antisociale. Devant la réaction des peuples, une version moins extrême est passée en 2006. Alors que sa première version devait permettre aux immigrés de travailler aux conditions de leur pays d’origine, les technocrates fous de Bruxelles et nos dirigeants ont mis un système ubuesque en place puisque salaire et temps de travail doivent se conformer à la réglementation du pays où est exercée l’activité mais les cotisations sociales dépendent du pays d’origine !

Résultat, dans un marché unique européen soumis à la concurrence interne des pays à bas coût de l’Est, où le SMIC peut être 5 à 10 fois plus bas, un nombre grandissant d’entreprises a recours à ces travailleurs détachés. Le Parisien avait tiré la sonnette d’alarme il y a plus d’un an, citant une note du Ministère du Travail qui estimait que leur nombre réel était probablement supérieur à trois cent mille en 2011, ce qui, par extrapolation, équivaudrait à près d’un demi-millions aujourd’hui ! Agri-tempo, agence d’intérim spécialisée dans l’agriculture soutient que « les salariés polonais (…) ne sont pas redevables des cotisations sociales françaises, ce qui permet de vous proposer des prix attractifs » !

L’impact de ces travailleurs détachés est calamiteux pour la France. C’est ce qui permet à l’Allemagne, tant qu’elle n’a pas de SMIC, de faire travailler des immigrés à des salaires ridicules dans l’agriculture. Le Sénat a publié un rapport évoquant un coût « trois fois inférieurs au coût français » et une condition « d’esclave moderne ». Bravo l’Europe sociale ! Même la Fédération Française du Bâtiment demande plus de contrôles pour éviter les abus. L’effondrement du transport routier français, dont la part de marché a été divisée par trois à l’international depuis 1999, vient de cette concurrence déloyale.

Une accord ridicule et négligeable

dimanche 2 juin 2013

La revanche du plombier polonais


La novlangue néolibérale les qualifie de « travailleurs détachés ». Même si le Commissaire Bolkenstein n’a pas pu aller aussi loin qu’il le souhaitait du fait du référendum français de 2005, l’explosion du nombre de travailleurs étrangers en France explique en partie l’explosion du chômage.



Une législation avantageuse

A l’origine était la directive Bolkenstein. Cette directive de la Commission visait à libéraliser les services dans l’Union Européenne, et faciliter la concurrence entre les européens. Techniquement, elle aurait permis à un roumain de venir travailler en France aux conditions roumaines (salaire, protection sociale, droit du travail). Mais devant la révolte des électeurs français contre le plombier polonais, les eurocrates avaient du faire marche arrière, mais pas sur tous les aspects du projet…

En effet, si l’Union Européenne impose à imposer les mêmes conditions de travail (SMIC, droit du travail, horaires), le système comporte trois brèches majeures. Tout d’abord, les fraudes sont tellement courantes que même la Fédération Française du Bâtiment demande plus de contrôles et d’inspecteurs du travail pour faire respecter la loi. Ensuite, il est bien évident qu’un salaire plancher est insuffisant pour assurer une concurrence loyale : il est bien évident qu’un maître de chantier polonais ou roumain se contentera du SMIC ou d’un peu plus, contrairement à un salarié français…

Mais la plus grosse faille vient du fait que les intérimaires étrangers ne cotisent pas à notre système de protection sociale, ce qui peut réduire de 40% leur coût de travail ! Assistance recrutement affirme : « tout en respectant la législation en France, l’intérimaire dépend de la loi fiscale et sociale de son pays d’origine. A salaire équivalent, il est donc possible de réaliser des économies substantielles ». Agri-tempo, spécialisé dans l’agriculture soutient que « les salariés polonais (…) ne sont pas redevables des cotisations sociales françaises, ce qui permet de vous proposer des prix attractifs ».

Un immense désastre social