Dimanche, la
Suisse a rejeté massivement un projet de mise en place d’un revenu de base
inconditionnel, avec un assez fort taux de participation. Mais que penser
de cette
idée dont on trouve des partisans aussi bien parmi les alternatifs que les plus
libéraux ?
Vrai
progrès sociétal ou décomposition de la société ?
Cette mesure
peut paraître à la fois très sociale, dans
la mesure où elle pourrait fournir un filet de sécurité à l’ensemble de la
société. Mais elle est également parfois populaire dans les milieux très
libéraux, à
la fois pour la simplification radicale qu’elle pourrait apporter au système
social, en fusionnant l’ensemble des aides dans le revenu universel, qui plus
est, en laissant chaque personne en faire ce qu’elle veut. Mais ce faisant,
ce revenu universel peut aussi poser problème car, en rebattant les cartes de
la solidarité nationale pour en égaliser ce que l’Etat donne aux citoyens, cela
revient à prendre à ceux qui ont le plus besoin de la solidarité nationale pour
le donner à ce qui en ont le plus besoin. Les actifs et les bien portant y
gagneraient fortement au détriment des malades, des retraités ou des chômeurs.
Bien sûr, le
revenu universel peut mettre fin à une pauvreté difficilement acceptable dans
nos sociétés, ainsi qu’à la menace d’un déclassement social complet. Mais il
peut aussi être un pseudo égalitarisme cachant un refus de solidarité surtout
individualiste. Difficile
de conclure donc.



