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vendredi 8 juin 2018

Merci à la Suisse de faire voter sur la monnaie pleine

Il est vraiment malheureux que l’on n’en parle pas plus, mais malheureusement, nos média malpensants et intolérants préfèrent trop souvent passer sous silence le référendum fondamental de dimanche en Suisse sur l’initiative dite de la monnaie pleine. Dans ce pays où les banques sont si importantes, les citoyens peuvent choisir de leur reprendre le contrôle de la création de la monnaie !


La monnaie : une question profondément démocratique

jeudi 9 juin 2016

Les Suisses votent contre le revenu de base




Vrai progrès sociétal ou décomposition de la société ?

Difficile d’interpréter clairement ce que pourrait représenter l’instauration d’un revenu universel, dit aussi de base, dans nos sociétés. En Suisse, la proposition rejettée par plus de trois quarts des électeurs évoquait une somme mensuelle importante de 2500 francs suisses par adulte, plus de 2200 euros (et 650 pour les mineurs). Cela aurait nécessité plus de 200 milliards, soit 25 de plus que toutes les aides et assurances sociales du pays. Mais certains partisans de la mesure évoquaient la possibilité de la financer par la mise en place d’une taxe sur les transactions électroniques (0,2% aurait été suffisant pour financer le projet). Mais le montant très important du projet explique sans doute en bonne partie le refus des Suisses, dont la majorité ont sans doute rejeté le coût et les conséquences du projet.

Cette mesure peut paraître à la fois très sociale, dans la mesure où elle pourrait fournir un filet de sécurité à l’ensemble de la société. Mais elle est également parfois populaire dans les milieux très libéraux, à la fois pour la simplification radicale qu’elle pourrait apporter au système social, en fusionnant l’ensemble des aides dans le revenu universel, qui plus est, en laissant chaque personne en faire ce qu’elle veut. Mais ce faisant, ce revenu universel peut aussi poser problème car, en rebattant les cartes de la solidarité nationale pour en égaliser ce que l’Etat donne aux citoyens, cela revient à prendre à ceux qui ont le plus besoin de la solidarité nationale pour le donner à ce qui en ont le plus besoin. Les actifs et les bien portant y gagneraient fortement au détriment des malades, des retraités ou des chômeurs.


Bien sûr, le revenu universel peut mettre fin à une pauvreté difficilement acceptable dans nos sociétés, ainsi qu’à la menace d’un déclassement social complet. Mais il peut aussi être un pseudo égalitarisme cachant un refus de solidarité surtout individualiste. Difficile de conclure donc.

mercredi 6 avril 2016

En Suisse, le gouvernement refuse la nationalisation de la création monétaire

C’est un débat qui progresse, lentement, mais de manière intéressante, dans certaines parties de la planète comme en Islande ou Suisse : faut-il reprendre aux banques privées la création de monnaie, dont on ne peut pas dire qu’elles aient fait un bon usage ces dernières années ? Mais en Suisse, le gouvernement ne goutte guère l’initiative Vollgeld, dite de la monnaie pleine.



Une idée qui finira par faire son chemin ?

samedi 2 janvier 2016

Les Suisses voteront pour retirer aux banques le pouvoir de créer la monnaie

C’est un long et passionnant papier de Romaric Godin dans la Tribune qui en rend compte : les partisans de la monnaie pleine ont remporté une victoire importante en réunissant plus de 100 000 signatures de soutien à leur initiative : une votation devrait avoir lieu sur la question en Suisse.



Un débat absolument fondamental

Curieusement, c’est un débat qui reste marginal dans la plupart des pays, malgré la grave crise financière de 2008. Heureusement, les choses semblent progresser. En Islande, un parlementaire a remis un rapport au gouvernement il y a quelques mois et maintenant, en Suisse, c’est une initiative qui a rassemblé assez de signatures pour déclencher une votation. C’est un sujet que j’avais détaillé fin 2011, dans une introduction au « 100% monnaie », puis un papier sur « la réforme du 100% monnaie ». Puis, André-Jacques Holbecq, auteur d’un livre de référence sur la dette publique, a écrit trois papiers sur le blog sur le sujet : un premier pour rapporter la tribune de Martin Wolf sur le sujet, un second sur l’avancée du débat en Suisse, puis un troisième de synthèse sur les enjeux de ce débat fondamental.

En effet, comme l’avait bien expliqué Pierre-Noël Giraud dans un livre primé, aujourd’hui, l’essentiel de la monnaie n’est pas créé par la banque centrale, mais bien par les banques privées, à des fins mercantiles, jouant un rôle majeur dans la multiplication des bulles et crises financières. Bien sûr, il y a des règles qui encadrent (un peu) cette création, mais ces règles, que les banques « aident » à concevoir, leur laissent une grande latitude d’action, qui a permis à certaines d’avoir un bilan 20 à 30 fois supérieur à leurs fonds propres en 2008. Et il ne faut pas croire que les récentes règles ont véritablement changer la donne tant les lobbys bancaires parviennent à jouer sur les modalités de ces règles. Ainsi, la reprise du contrôle de la création de la monnaie est un débat fondamental pour la démocratie.

Un débat qui reste encore difficile

mercredi 21 octobre 2015

The Economist contredit le Monde sur la désertion fiscale

Il y a quelques jours, l’OCDE a annoncé des mesures contre la désertion fiscale des multinationales. Mais l’accueil a été mitigé, notamment de la part des associations. La bible des élites globalisées, The Economist, apporte également sa critique, dans deux papiers, longs et argumentés.



Le Monde complaisant, The Economist critique

Il est assez effarant de constater que le journal qui se veut encore être la référence du journalisme en France, qui se veut de gauche, mais n’est en réalité qu’euro-libéral-libertaire, se fasse dépasser par le très libéral The Economist sur la critique de la désertion fiscale des multinationales. Le Monde avait accueilli avec une grande complaisance, dénoncée par Arrêts Sur Image, les mesures de l’OCDE. Ce faisant, le quotidien du soir nous servait la même soupe que Nicolas Sarkozy qui déclarait que les parasites fiscaux étaient finis. Mais ce n’est pas du tout l’avis de The Economist, la bible des cadres supérieurs et dirigeants de ces mêmes multinationales, qui, en démontant les mesurettes et l’absence d’autres mesures dans ces propositions, fait honneur à une certaine idée du journalisme.



L’hebdomadaire britannique dit ainsi que ce « plan pour réduire l’évitement de l’impôt des multinationales est une opportunité ratée ». Il rappelle que ces pratiques permettent une économie d’au moins 240 milliards de dollars, une estimation « très conservatrice », soulignant que la part des profits des multinationales faite dans des parasites fiscaux a doublé. Il reconnaît des progrès de transparence mais souligne que des pays (notamment les Etats-Unis) ont barré la route à des réformes pour contrôler les flux entre filiales, notamment sur les très controversés prix de transferts, rejetant les idées de taxer à proportion du chiffre d’affaires pour éviter les manipulations. The Economist en finit par regretter qu’en l’absence de progrès, les pays finissent par prendre des mesures unilatérales pour limiter les abus.



Ce que cela dit de notre époque

jeudi 12 juin 2014

Nicolas Sarkozy, le despote de l’UMP





L’antidémocrate

Il est vrai que l’on ne pouvait pas attendre grand chose d’un candidat à l’élection présidentielle qui déclarait en 2007 qu’il négocierait un traité limité aux questions institutionnelles et prenant en compte le « non » des Français mais qui a fini par se coucher devant l’Allemagne et l’Union Européenne, pour faire voter une copie quasi conforme du TCE à Lisbonne, au mépris de tout bon sens démocratique. Ce grand démocrate voulait aussi reprendre le contrôle de l’UMP sans s’encombrer de l’organisation de primaires pour être son candidat en 2017, provoquant la colère des personnes qui ne le soutiennent pas.

Et en déplacement en Suisse, devant un ancien président de la confédération helvétique, il s’est permis de déclarer que « la Suisse devait entrer dans l’Union Européenne, qu’un pays ne peut pas être gouverné par un président qui change chaque année. Ou que (son) système avec sept conseillers fédéraux est inefficace, désuet ». Il est effarant qu’un ancien président ne réalise pas que ce genre de propos est totalement inadapté dans sa bouche. Quelle mauvaise image de la France il donne, entre complexe de supériorité, manque de diplomatie mais aussi de la plus élémentaire courteoisie. Cela révèle également une intolérance à l’égard de la façon d’un pays qui respecte la parole de son peuple.

Une campagne qui le disqualifie

mercredi 12 février 2014

La Suisse défie l’autocratie néolibérale européenne


Dimanche, les citoyens suisses ont décidé de reprendre le plein contrôle de leurs frontières et d’instaurer des limites au nombre d’immigrés qui rentrent chaque année dans le pays. Ce vote, et les réactions qu’il a déclenchées, sont extrêmement révélateurs sur l’état du débat public en Europe et en France.



La dictature du laisser-passer

Il est effarant que Le Monde évoque « la perception d’une immigration incontrôlée » quand  le solde net migratoire suisse, 80 000 personnes, est 5 à 10 fois plus important qu’en France, 1% de la population tous les ans ! L’UE a essayé de ne pas réagir de manière trop outrancière à la votation, constatant qu’elle « va à l’encontre du principe de libre-circulation des personnes entre l’UE et la Suisse » et dit examiner « les implications de cette initiative sur l’ensemble des relations (entre l’UE et la Suisse). Dans ce contexte la position du Conseil fédéral sera aussi prise en compte ». Mais la fin indique bien que l’UE essaie d’obtenir d’une main ce que les électeurs veulent lui reprendre de l’autre.

Cette Europe a la mauvaise habitude, totalement anti-démocratique, de vouloir remettre en question le vote des peuples, comme cela a été fait avec les votes de la France et des Pays-Bas en 2005, ou de l’Irlande en 2008. La commissaire de sinistre mémoire en France, Viviane Reding, a d’ailleurs déclaré que « les britanniques ne pouvaient pas prendre une décision informée sur la question de rester ou non dans l’UE ». En clair, si le peuple risque de mal voter, il ne faut pas le faire voter. Dans l’esprit de la Vice-Présidente de la Commission Européenne, il faudrait peut-être un permis de voter réservé aux citoyens informés… que pourraient sélectionner des agences européennes, tant qu’à faire.

Ce que cela dit sur l’UE et la France

mardi 11 février 2014

Les Suisses reprennent le contrôle de leurs frontières





Finalement, 50,3% des Suisses ont soutenu l’initiative lancée par l’UDC visant à restreindre l’immigration dans leur pays. Une décision démocratique qu’il convient de respecter et qui révèle également la nature autoritaire de certaines institutions ou éditorialistes qui la critiquent.



Un simple contrôle des mouvements de personne

Tout d’abord, il faut relativiser le choix des Suisses. Premièrement, 50,3% de la population s’est prononcée en faveur de ce texte. Il s’agit donc d’un simple choix démocratique qui devrait être pris pour tel. Ensuite, on peut rappeler qu’il s’agit de revenir à la situation de 1999, avant les accords avec l’UE. Que l’on sache, la Suisse n’était pas une horrible dictature xénophobe à cette époque. Enfin, il faut lire le texte de la proposition de loi, qui n’a absolument rien de xénophobe. Il propose seulement de fixer des quotas pour le nombre d’immigrés acceptés chaque année (incluant le droit d’asile) et affirme la primauté du droit suisse sur tout traité international sur la question de la circulation des personnes.

Bref, même si la campagne a sans doute été l’occasion de dérapages, il s’agit simplement pour les Suisses de reprendre le contrôle de qui rentre chez eux, chose somme toute logique pour un petit pays riche de huit millions d’habitants au milieu d’un ensemble d’un demi-milliard de personnes. Il n’est pas choquant que la population ait voulu mettre un frein à une immigration nette de 80 000 personnes par an comme le rapporte le Monde, soit 5 à 10 fois plus qu’en France, proportionnellement. C’est un peu comme si les Suisses voulaient pouvoir à nouveau pleinement décider qui peut rentrer dans leur maison ou non, ce dont les textes européens les privent en partie, comme cela est le cas dans toute l’UE.

Une critique très révélatrice

vendredi 22 mars 2013

La Suisse et l’Europe s’attaquent (un peu) aux très hauts salaires


On peut juger que cela n’est pas assez, mais l’envolée des inégalités a fini par faire réagir les politiques. Alors qu’on attend toujours le second projet de la taxe à 75%, la Suisse et le Parlement Européen viennent de voter des initiatives visant à réduire certains excès.

Les Suisses contre les rémunérations excessives



Le 3 mars, près d’un Suisse sur deux a voté pour lors d’un référendum proposant une réglementation des rémunérations excessives. 68% des électeurs helvétiques s’y sont déclarés favorables dans tous les cantons de la confédération, ce qui impose au gouvernement, qui y était défavorable, de mettre en place une loi d’ici un an. Le scandale provoqué par le parachute doré du patron de Novartis (la bagatelle de 72 millions de francs suisses !) explique en partie ce résultat.

Le texte comportait plusieurs mesures : l’obligation d’un vote des actionnaires sur les rémunérations des dirigeants des entreprises, une limitation de la durée du mandat des membres du conseil d’administration à un an, l’interdiction des parachutes dorés, des bonus d’accueil, ainsi que des primes pour les achats d’entreprises, comme le rapporte l’Expansion. Certains proposent d’aller plus loin : les jeunes socialistes demandent à limiter les salaires à douze fois le salaire minimum.

Ce texte a été soutenu par la gauche de la gauche mais aussi par la droite dite populiste, comme l’explique cette tribune publiée dans Marianne. Bref, alors que Nicolas Sarkozy a beaucoup parlé et pas fait grand chose (à part quelques règles étalant les bonus) et que François Hollande s’est emmélé les pinceaux avec son projet de tranche d’imposition à 75% pour les revenus au-delà d’un million d’euros par an, cela montre que même un pays qui vit de l’argent des multinationales peut chercher à mettre fin aux pratiques les plus extravagantes de rémunérations, sous la pression populaire.

Le dérisoire progrès voté au Parlement Européen