D’après l’enseignement
universitaire on note deux
étapes. Vers 1655, à Londres et Amsterdam, les orfèvres qui avaient l’habitude
d’attester les dépôts d’or des nobles et des riches marchands dans leurs
coffres par des certificats de dépôts nominatifs, commencent à émettre ces
certificats en valeurs rondes et « au porteur » en les rendant
anonymes. Ces certificats purent donc servir de moyens de paiement en passant
de main en main.
Mais très vite, vers 1670, les
orfèvres s’aperçurent que les détenteurs de ces certificats, accordant une
grande confiance aux orfèvres, ne demandent qu’assez rarement la transformation
de leurs certificats en or. Les orfèvres commencent à émettre à des
emprunteurs, contre intérêts, plus de certificats qu’ils ne détiennent d’or.
Ces certificats tout à fait identiques, servent donc à payer les dettes, et
deviennent de la « monnaie » crée sans contrepartie véritable. Les
orfèvres deviennent des banquiers au sens moderne du terme, prêtant ce qu’ils
ne disposent pas : ils « créent » littéralement la monnaie en
« monétisant » des reconnaissances de dette ou des hypothèques. Leurs
réserves (l’or dans leur coffre) sont fractionnaires par rapport au montant des
certificats émis. C’est de là que vient
le terme « réserves fractionnaires »