vendredi 8 juin 2018

Merci à la Suisse de faire voter sur la monnaie pleine

Il est vraiment malheureux que l’on n’en parle pas plus, mais malheureusement, nos média malpensants et intolérants préfèrent trop souvent passer sous silence le référendum fondamental de dimanche en Suisse sur l’initiative dite de la monnaie pleine. Dans ce pays où les banques sont si importantes, les citoyens peuvent choisir de leur reprendre le contrôle de la création de la monnaie !


La monnaie : une question profondément démocratique

La Suisse est un pays ambivalent. D’une part, il s’agit du premier parasite fiscal au monde selon le Tax Justice Network, un pays dont la richesse repose en partie non négligeable sur des pratiques asymétriques et non reproductibles, et surtout moralement plus que contestables. Mais c’est aussi un pays dont certaines pratiques sont rafraîchissantes, notamment démocratiquement, échappant à l’orthodoxie pesante du reste du continent. Le pays multiplie les référendums, démontrant une vitalité démocratique qui contraste avec la camisole juridique européenne qui enserre les pays qui entourent la confédération helvétique, jusqu’à refuser le revenu de base il y a exactement deux ans.

Je serais curieux de connaître l’ampleur du débat public helvétique sur ce sujet si fondamental. Il y a un peu plus de deux ans, le gouvernement avait pris position contre le projet de Monnaie Pleine, mais il est positif que les citoyens puissent se prononcer sur une telle question. En effet, même si dans la zone euro, la monnaie a été sortie du cercle démocratique, et confiée à des pseudo-experts trop prompts à mener des politiques qui servent les intérêts des milieux d’où ils viennent, le tout sur un ensemble de pays que rien n’aurait du pousser à partager leur monnaie tant ils sont différents, notre voisin helvétique nous démontre que la monnaie peut parfaitement être un sujet démocratique.

Et un pays démontre justement que la monnaie est un sujet éminemment démocratique : le Japon. Shinzo Abe avait été élu en 2012 avec un programme radical, comprenant justement une monétisation de masse de la dette publique, portée de 25 à 100% du PIB en seulement cinq ans. La Banque du Japon a monétisé l’équivalent de 15% du PIB de dette publique tous les ans pendant cinq ans, démontrant que la question du contrôlé de la création monétaire est primordiale, tant elle peut changer la situation économique d’un pays. Les Suisses voteront dimanche sur une question encore plus fondamentale : reprendre complètement le contrôle de la création de la monnaie aux banques privées.



35 commentaires:

  1. Il n'a pas de création monétaire par les banques privées, car il y a deux possibilités :

    - soit les banques privées empruntent sur le marché interbancaire et aux banques centrales

    - soit elles créent momentanément de la monnaie dont le montant est limité par les règles bancaires, dont le ratio sur la réserve fractionnaire, cette monnaie est ensuite détruite lors du remboursement des prêts par leurs clients.
    La banque n'aura gagné que les intérêts qui servent à couvrir les frais de dossier et le risque d'insolvabilité de quelques un de ses clients. Si certains de ses clients ne remboursent pas le prêt, alors la banque fait une perte du montant du principal et des intérêts non payés.

    Cette votation est sans intérêt car ceux qui votent ne comprennent pour la plupart rien aux mécanismes, comme vous.

    Ce sont donc les banques centrales qui déterminent l'émission monétaire, y compris au Japon.

    En fait vous mélangez les sujets, c'est pour ça que vous n'y comprenez rien.

    https://www.mediapart.fr/journal/economie/060618/la-regulation-bancaire-est-plus-efficace-que-la-monnaie-pleine?utm_source=twitter&utm_medium=social&utm_campaign=Sharing&xtor=CS3-67

    https://www.ofce.sciences-po.fr/blog/monnaie-pleine-la-votation-du-10-juin-2018/

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    1. c'est à se demander pourquoi il y a des crises financières !

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    2. Donc la banque a le droit de créer elle-même l'argent qu'elle prête, mais l'emprunteur n'a pas le droit de créer lui-même l'argent avec lequel il rembourse, c'est bien cela ?

      Ivan

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    3. "Donc la banque a le droit de créer elle-même l'argent qu'elle prête, mais l'emprunteur n'a pas le droit de créer lui-même l'argent avec lequel il rembourse, c'est bien cela ?"

      Vous n'avez rien compris, c'est la marque des crétins. Si la banque n'est pas remboursée du prêt, c'est elle qui le paye de sa poche( principal et intérêts ).

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    4. "Donc la banque a le droit de créer elle-même l'argent qu'elle prête"

      Elle ne crée aucun argent, puisque cet argent est détruit lors du remboursement et que le bilan d'une banque ne peut pas dépasser 10 fois sa réserve fractionnaire.

      Une banque ne prêtera que si la solvabilité de son client est établie, en cas d'erreur de son évaluation de solvabilité la banque perdra de l'argent.

      Il n'y a pas d'argent magique ni de père Noël dans ce processus.

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    6. @ Anonyme 8h32

      Merci pour les liens vers l’article de l’OFCE, intéressant, même si je ne suis globalement pas d’accord. Soit dit en passant, Sterdyniak acquiese au fait que les banques privées créent de la monnaie. Il suffit de savoir quelle est est le montant de la masse monétaire et la taille du bilan des banques centrales pour comprendre qu’il est évident que l’essentiel de la création de la monnaie est le fait des banques privées… Je vous renvoie aussi aux articles mis en lien dans ce papier, où The Economist confirme ce propos, entre autres.

      Votre jugement sur la compréhension des mécanismes monétaires en devient donc assez comique. Je vous conseille de lire le livre de Pierre-Noël Giraud pour essayer de progresser dans le domaine :
      http://www.gaullistelibre.com/2011/09/pierre-noel-giraud-decrypte-lanarchie.html

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    7. Les banques privées ont un volant de prêts autorisés qui ne peut excéder 10 à 20 fois leur réserve fractionnaire, selon les pays.

      Si ces prêts ne lui sont pas remboursés(destruction monétaire), ces banques doivent passer par pertes ces prêts insolvables, no free lunch.

      En période de crise, les banques privées ne prêtent plus, principe de la trappe à liquidité de Keynes, c'est donc les BC qui doivent relancer la machine des liquidités.

      Vous ne comprenez rien à rien, vous êtes nul en macroéconomie et économie monétaire, tout autant qu'en comptabilité.

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    8. Gaël Giraud est idiot et tordu comme le sont en général les jésuites, c'est vraiment pas une référence en économie.

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    9. Sauf que ce n'est pas de Gaël Giraud qu'il s'agit, mais d'un autre Polytechnicien, Pierre-Noël Giraud, comme l'a indiqué clairement Laurent.

      Faut apprendre à lire l'ami, avant de cracher son venin… Et traiter tous ceux avec lesquels on n'est pas en phase d'idiot ou de crétin (ou affirmer que généralement les jésuites sont tordus…), c'est le degré zéro de l'argumentation. Quelqu'un qui prend Alexandre Delaigue pour une référence n'a aucune leçon à donner pour ce qui est du choix des sources. Ceci dit, je préfère nettement Gaël Giraud à Pierre-Noël Giraud.

      Si l'on veut traiter sérieusement de la question de la création monétaire, il y a eu une mise au point précise et documentée de la Bank of England en 2014 : https://www.bankofengland.co.uk/-/media/boe/files/quarterly-bulletin/2014/money-creation-in-the-modern-economy.pdf

      Extrait (le document fait 27 pages…) :

      « In the modern economy, most money takes the form of bank deposits. But how those bank deposits are created is often misunderstood: the principal way is through commercial banks making loans. Whenever a bank makes a loan, it simultaneously creates a matching deposit in the borrower’s bank account, thereby creating new money.

      The reality of how money is created today differs from the description found in some economics textbooks:

      -Rather than banks receiving deposits when households save and then lending them out, bank lending creates deposits.

      -In normal times, the central bank does not fix the amount of money in circulation, nor is central bank money ‘multiplied up’ into more loans and deposits.

      Although commercial banks create money through lending, they cannot do so freely without limit. Banks are limited in how much they can lend if they are to remain profitable in a competitive banking system. Prudential regulation also acts as a constraint on banks’ activities in order to maintain the resilience of the financial system. And the households and companies who receive the money created by new lending may take actions that affect the stock of money — they could quickly ‘destroy’ money by using it to repay their existing debt, for instance.

      Monetary policy acts as the ultimate limit on money creation. »

      Donc, les banques « créent » bien la monnaie, le terme est adéquat et utilisé couramment par les banquiers centraux (en introduction de l'article : « This article explains how the majority of money in the modern economy is created by commercial banks making loans »). Mais ces mêmes banques ne peuvent effectivement le faire sans limites.

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    10. Doc de la banque GB nul, qui ne parle pas de la destruction de la monnaie par les banques, de leurs emprunts sur le marché interbancaire ou aux BC.

      Ca fait 10 fois que je vous le répète, mais vous êtes un cancre analphabète.

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    11. Bien sûr, tu es tellement plus savant que les experts de la Banque d'Angleterre… Je ne pense même pas que tu y croies vraiment. Mais qu'est-ce qui te reste à part ce déni de réel ?

      Et tu ne sais pas lire, pas lire, pas lire…

      « And the households and companies who receive the money created by new lending may take actions that affect the stock of money — they could quickly ‘destroy’ money by using it to repay their existing debt, for instance. »

      Comme quoi si, ils en parlent de la "destruction" de la monnaie. Et en plein dans le passage que j'avais cité…

      Tu n'y connais rien en matière monétaire et notamment rien de la littérature académique sur la question. Tu penses que la Bank of England sait moins bien que toi comment on crée de la monnaie ? Et que dis-tu de ceci, extrait de Richard A. Werner, « Can banks individually create money out of nothing? — The theories and the empirical evidence », International Review of Financial Analysis 36 (2014), 1–19 :

      « This paper presents the first empirical evidence in the history of banking on the question of whether banks can create money out of nothing. The banking crisis has revived interest in this issue, but it had remained unsettled. Three hypotheses are recognised in the literature. According to the financial intermediation theory of banking, banks are merely intermediaries like other non-bank financial institutions, collecting deposits that are then lent out. According to the fractional reserve theory of banking, individual banks are mere financial intermediaries that cannot create money, but collectively they end up creating money through systemic interaction. A third theory maintains that each individual bank has the power to create money ‘out of nothing’ and does so when it ex-tends credit (the credit creation theory of banking). The question which of the theories is correct has far-reaching implications for research and policy. Surprisingly, despite the longstanding controversy, until now no empirical study has tested the theories. This is the contribution of the present paper. An empirical test is conducted, whereby money is borrowed from a cooperating bank, while its internal records are being monitored, to establish whether in the process of making the loan available to the borrower, the bank transfers these funds from other accounts within or outside the bank, or whether they are newly created. This study establishes for the first time empirically that banks individually create money out of nothing. The money supply is created as ‘fairy dust’ produced by the banks individually, "out of thin air". »

      Voilà : les banques créent la monnaie « Out of thin air ». Vas-y, lis l'article et n'hésite surtout pas à le critiquer, qu'on rigole. Werner est un des meilleurs spécialistes au monde des questions monétaires, mais je ne doute pas que tu sois assez cinglé pour lui faire la leçon.

      @Laurent Herblay : effacer mes délires avec le troll est la moindre des choses, mais j'apprécierais que vous n'effaciez pas ce post, qui vous donne entièrement raison sur la création monétaire tout en ridiculisant la sotte prétention du troll.

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    12. J'avais oublié le lien vers l'article de Werner : https://ac.els-cdn.com/S1057521914001070/1-s2.0-S1057521914001070-main.pdf?_tid=046d7dfc-32e7-46b6-b4d9-cc2e60c7d552&acdnat=1528738203_4cfdbdd51569194ee3e60f9aefdc0809

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  2. Les banques privées du Japon fonctionnent comme celles en France, donc cette votation n'explique en rien la politique économique du Japon.

    Le Japon a simplement appliqué une politique économique qui n'a rien d’extraordinaire :

    "Le pays a également adopté une politique migratoire plus ouverte pour combler les conséquences de son vieillissement. Il reste, dans chacun de ces domaines, énormément à faire mais le chemin parcouru est remarquable."

    "Les abenomics ne sont donc pas exactement ce qui était affiché. C'est une politique plus orthodoxe qu'on ne le dit : un peu d'austérité budgétaire compensée par une politique monétaire expansionniste (qui a bénéficié aux exportations en faisant baisser le yen) joint à un peu de réformes structurelles. Si vous lisiez un manuel d'économie complètement orthodoxe, c'est exactement ce que vous y trouveriez comme préconisation."

    https://blog.francetvinfo.fr/classe-eco/2018/03/08/peut-on-sinspirer-du-succes-japonais.html

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    1. @ Anonyme 9h20

      Les Abenomics, orthodoxes ! Vous dites n’importe quoi. Le pays a fait un plan de relance budgétaire avec des déficits supérieurs à plus de deux fois le plafond « autorisé » par les traités européens. La hausse des impôts n’est venue qu’après un plan de relance budgétaire. Enfin, la Banque du Japon a acheté pendant 5 ans l’équivalent de 15% du PIB de dette publique… Et sur l’immigration, un micro-relâchement reste dérisoire par rapport à nos pratiques.

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    2. "Les Abenomics, orthodoxes ! Vous dites n’importe quoi. Le pays a fait un plan de relance budgétaire avec des déficits supérieurs à plus de deux fois le plafond « autorisé » par les traités européens."

      Sauf que les traités européens n'ont rien d'orthodoxe car ils sont calqués sur l'ordolibéralisme allemand qui ne correspond en rien aux théories mainstream.

      Par exemple, les QE de la FED ne correspondent en rien aux politiques des traités de l'UE.

      C'est donc vous, du fait de votre inculture économique, qui racontez n'importe quoi, en permanence.

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    3. "La participation au monde du travail des femmes entre 25 et 54 ans a en effet bondi de près de 10 points (de 70% à 79%) depuis 2012"

      Non seulement il y a eu immigration mais aussi augmentation du nombre de femmes employées, ce qui détruit complètement vos diatribes anti-immigration.

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    4. http://www.michelsanti.fr/?p=7569

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  3. Le projet est inspiré d’un document du travail du FMI publié en 2012 « The Chicago Plan Revisited »:

    https://www.imf.org/external/pubs/ft/wp/2012/wp12202.pdf

    A mon avis La Grèce aurait été bonne candidate en période de crise pour expérimenter ce document de travail du FMI, mais il paraît que les suisses, selon des sondages, vont rejeter majoritairement le projet qui y ressemble. Il est vrai que la Suisse n’a pas une économie qui se porte mal et donc l’urgence d'un changement radical n’apparaît sans doute pas comme évidente. Les instances dirigeantes de ce pays sont contre le projet. Je cite le lien ci-dessous :

    https://www.boursorama.com/actualite-economique/actualites/les-electeurs-suisses-appeles-a-voter-dimanche-sur-la-monnaie-pleine-eebf4dcd0f734698c7fba8b01a86912d

    « Cette initiative suscite des attentes irréalistes", a mis en garde Thomas Jordan, qui préside la BNS depuis 2012, lors d'un discours début mai, insistant sur le fait qu'il existe "des moyens bien plus efficaces que la monnaie pleine" pour limiter les risques que font peser les crises financières sur l'économie. La réglementation bancaire a été nettement renforcée depuis la crise financière, avec le relèvement des exigences en matière de fonds propres applicables aux banques pour leur permettre d'absorber les chocs en cas de crise, a-t-il insisté. "Un oui à l'initiative serait un cataclysme", a-t-il ajouté, prévenant que ce projet aurait pour effet de gripper le système de crédit au détriment des investissements et de la consommation. »

    Il est vrai que la dernière phrase du président de la banque centrale suisse est un peu l’inquiétude qu’on peut avoir par rapport à ce projet mais il aurait quand même fallu vérifier dans son expérimentation concrète si elle était justifiée ou pas, quitte à revenir en arrière s'il s'avère qu'on ne peut plus traiter correctement l'octroi du crédit dans ce nouveau système. Pour un pays qui pourrait sortir de la zone euro comme l’Italie on devrait se contenter d’élargir les attributions de la banque centrale nationale dans le système actuel en l’autorisant notamment à intervenir sur le marché primaire des obligations d’État. C’est dans le Plan B de Paolo Savona, le plan « A » sera un plan « Tsipras ». C’est le plus probable au demeurant.

    Saul

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  4. La Suisse serait le pays (au monde) qui profite le plus de la mondialisation :

    http://www.spiegel.de/wirtschaft/soziales/wer-von-der-globalisierung-profitiert-und-wer-verliert-a-1211759.html (all.)

    Un pays européen strictement souverain, indépendant, et démocratique (le plus démocratique du monde) qui n'appartient ni à l'UE, ni à l'Euro, ni à l'OTAN.

    Ivan

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  5. Il faudra bien un jour en terminer avec ces discutaille sans fin sur le sujet de l'emprunt ou de la planche à billet. Arrêtons de perdre du temps pour le consacrer à plus important.

    Dans une société nationale le plus important est la satisfaction de besoins de tous qui ne se peut que s'ils sont élaborés et finissent à être consommés et, dans cet objectif, ce qui importe de la monnaie ce n'est que son origine (très limité) et son usage (autant limité).

    La monnaie a pour origine
    A) les revenus :
    a) de l'activité dans la production
    b) de l'inactivité (revenu social)
    B les emprunts pouvant être
    a) un transfert des revenus en (A) ( différé de consommation chez l'un et avance de consommation chez l'emprunteur)
    1° soit directement quand l'emprunt est fait par le consommateur
    2° soit indirectement quand l'entreprise ou l'Etat emprunte.
    b) un produit de la planche à billet qui permet la consommation une avance chez le consommateur
    1° soit directement quand l'organisme planche à billet en fait une attribution à ce consommateur ou
    2° indirectement quand c'est l'entreprise qui est en intermédiaire si (l'entreprise emprunte le produit de la planche à billet ).

    Tout est possible dans la mesure ou celui qui fait une avance de consommation va rembourse cette avance de consommation, au sens finance et matériel. S'il ne le fait c'est une incivilité qui mérite une sanction qui n'est plus en relation avec la provenance de la monnaie.

    Ce qui est important à comprendre c'est la nécessité pour les entreprises d'avoir recours à l'emprunt.

    A) pour des investissement.
    B) pour un cash-flow. Car il ne peut pas échapper de votre vigilance que tout au long de la chaîne de production, de ces choses agréables et utiles à la vie, l'entreprise sort les revenus de ceux qui s'affairent à élaborer les productions, plus les recettes qui deviennent des revenus sociaux, plus des recettes qui deviennent des consommations mutuelles ou des consommations collectives que l'on retrouve dans le prix des choses en cours de productions et qui ne seront rendus à l'entreprise qu'au moment de la vente et son règlement par les consommateurs avec les sommes avancés par l'entreprise. C'est un circuit fermé ou rien ne se perd, rien ne se cré tout circule.

    Entendu ces préliminaires on comprend alors que les avances des entreprises ne peuvent pas plus et pas moins servir que pour l’équivalent en consommation des productions pour lesquelles ces avances ont été faites.

    Ce qui fait que l'emprunt fait par transfert de revenus ne pose aucun problème.
    Ce qui fait que l'appel à la planche à billet ne pose pas plus de problème si la masse émise ne dépasse pas la masse des revenus qui stagne dans l'épargne de ceux qui remettent à plus tard leur consommation.

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  6. Suite

    Si la masse émise est inférieure à la masse épargné donc que la planche à billet n'a pas suffisamment fonctionné : les revenus des épargnants qui ne reviennent pas rembourser l'avance des entreprises : c'est aussi un blocage de la production qui ne devient pas consommation, c'est la crise de consommation type 2008 quand les oiseaux de mauvaises augures ont semé la panique chez les consommateurs et provoquer une crise psychique. Et là la seule possibilité est la planche à billet pour donner petit à petit confiance et au fur et mesure retirer les émissions qui ne sont qu'emprunt. Ces émissions permettant de continuer le règlement des revenus dit sociaux et les revenus de la production qui par inertie continuent à courir alors que l'entreprise n'a plus de recette.

    On voit bien par ce mécanisme que les revenus sociaux ont été sauvés par l'intervention financière pour moins souffrir de la crise auto-produite par les consommateurs et ce ne sont pas les revenus sociaux qui ont permis de moins souffrir.

    Si la masse émise est supérieure à l'épargne des consommateurs, elle ne peut alors que servir à importer plus qu'exporter et créer de la dette. Par exemple le fait de structurellement décider un déficit du budget alors que les prix ne nos productions sont suffisants à régler les dépenses mutuelles et collectives, les consommateurs ont en main un surplus de liquidité, pour ce qui va au-delà de l'épargne des consommateurs nationaux qui sert, alors, à davantage importer qu'exporter.

    Dans la présentation de l'origine et des usages de l'emprunt sous ces deux formes, transfert de revenus ou émission : l'emprunt, venant de l'étranger doit être considéré comme une émission puisque ce sont des valeurs qui ,ne sont pas en relation avec des revenus nationaux, ni transfert de revenus nationaux.

    Ce surplus d'émissions vis-à-vis de l'épargne qui se transforme en augmentation du déficit de la balance commerciale et aussi valable pour les surplus d'investissements qui vont au-delà des amortissements des investissement, non compensé par des épargnes des consommateurs.

    Argent à taux plein ou pas, n'a rien à voir avec la réalité. Ce ne sont que des conventions pour que l'économie soit ce que l'on veut et non ce qu'elle doit-être comme le dit Von Mises.

    Ange LERUAS 8 juin 2018

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  7. Merci à Herblay de signaler cette votation suisse. Au-delà des questions techniques, cette initiative a le grand mérite de soulever le problème du pouvoir monétaire et de son contrôle.

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  8. La votation suisse sur la « monnaie pleine » est criticable à bien des égards, mais elle a au moins le mérite d'ouvrir publiquement un débat fécond, en faisant sortir, même maladroitement, le débat sur les questions monétaires d'un cénacle étroit de spécialistes. On trouvera un aperçu récent des questions posées par l'initiative helvétique sur le blog de la Real-World Economics Review : https://rwer.wordpress.com/2018/06/07/swiss-sovereign-money-referendum/ (papier de Lars Syll, très critique envers l'initiative suisse, qu'il interprète comme une tentative de retour à une sorte d'étalon-or, et réponses de commentateurs qui voient dans cette interprétation un contresens total sur la notion même de monnaie pleine).

    Le débat sur la monnaie pleine déborde largement la votation suisse et a reçu parfois un accueil favorable dans des médias aussi « mainstream » que The Economist. L'article publié par Martin Wolf en 2014, en défense de la « positive money » (https://www.ft.com/content/7f000b18-ca44-11e3-bb92-00144feabdc0), le succès des idées de Steve Keen (http://www.altfi.com/article/3044_), ou encore le livre récent d'Ann Pettifor, The Production of Money: How to Break the Power of Bankers (présentation ici, par le Financial Times : https://www.ft.com/content/40b5b516-152c-11e7-b0c1-37e417ee6c76) sont, sous la forme de la réactivation d'idées déjà anciennes, des conséquences directes du traumatisme intellectuel causé par la dernière crise financière.

    Il ne s'agit pas avant tout d'un débat technique sur la manière dont est créée la monnaie, mais d'une réflexion sur les conséquences économiques et politiques du rôle des banques dans le processus de création monétaire : « The political power of banks is directly related to the level of debt in society » (Steve Keen, article d'altfi.com cité plus haut).

    YPB

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  9. Laurent
    Néochartalisme et monnaie pleine sont 2 choses différentes. J.B. Bersac était un promoteur du premier mais je ne me souviens pas qui'l ait particulièrement défendu l'idée du 100 % monnaie.

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  10. @Laurent Herblay

    Je serais très intéressé par votre réaction (peut-être par un article ?) à ce qui ressemble fort à une offensive méthodique de Natixis contre les thèses souverainistes-populistes :

    https://www.research.natixis.com/GlobalResearchWeb/main/globalresearch/ViewDocument/gknqNbzGQbdJSzsiY1aNCQ==

    et

    https://www.research.natixis.com/GlobalResearchWeb/main/globalresearch/ViewDocument/mAZvVjwJVjMchGZqhuGnvw==

    On cherche à faire croire que le débat est clos, manifestement. À lire Natixis, on pourrait croire que les problèmes posés par l'absence de fédéralisme budgétaire au sein de la zone euro, l'absence de mobilité suffisante des capitaux, ou encore les conséquences de l'ajustement de la compétitivité-coût et des déficits publics pour les économies et les sociétés des pays en difficulté, problèmes à propos desquels les mêmes analystes de Natixis n'ont pas cessé d'alerter, sont résolus ou à deux doigts de l'être.

    « La sortie de l'euro étant impossible selon nos critères, on va trouver autre chose », nous dit-on. J'ai envie de répondre : quand les solutions présentées comme les seules possibles selon certains critères se révèlent inaccessibles, force est de se débarrasser de ces critères pour se rabattre sur les solutions qu'on avait commencé par présenter comme inacceptables…

    YPB

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    1. « YPB » Les notes de Natixis se suivent et peut-être ne se ressemblent pas toutes, voyez :

      28 mars 2018 : La zone euro organise structurellement la divergence des pays

      https://www.research.natixis.com/GlobalResearchWeb/Main/GlobalResearch/
      GetDocument/GFj0J7BRarKAsAZKOBG64Q==

      30 avril 2018 : La zone euro va-t-elle devenir un pays de rentiers ?

      https://www.research.natixis.com/GlobalResearchWeb/main/globalresearch/ViewDocument/UwqQgof6BfahsYbAbqNOqA==

      La note de Natixis intitulée : « Rappelons qu’un pays de la zone euro ne peut pas sortir de l’euro » fait notamment l’assertion suivante : « Si un pays en difficulté sort de la zone euro et dévalue par rapport à l’euro, la valeur en monnaie nationale de sa dette extérieure brute augmente du montant de la dévaluation;et les emprunteurs de ce pays soit subissent une hausse considérable du service de leur dette,soit font défaut. »

      Effectivement en cas de fluctuations de la devise nationale, les montants des intérêts et du principal de la dette extérieure, si elle est libellée en monnaie étrangère, peut rapidement par effet de levier inverse conduire à la crise économique voire au défaut de remboursement. Dixit ce lien :

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Dette_ext%C3%A9rieure

      Le problème est qu’actuellement l’Euro est la monnaie de l’Italie, ce n’est pas monnaie étrangère pour ce pays. Si vous avez lu le plan « B » de Savona, plus particulièrement à partir de la page 17 la partie « lex monetae » vous apprenez que 98 % des titres émis par l’État italien sont sous législation italienne. C’est à dire que si vous français faites partie de ces 98 % en ayant acheté des obligations de l’État Italien sous législation italienne, vous êtes créanciers en euros de l’État italien, mais quand celui-ci va sortir de l’euro sur la base d’un euro pour une lire ou pour un florin, les variations du taux de change de la nouvelles monnaie font normalement partie du risque que prend un investisseur,. Du reste l’étude dont Savona est le co-auteur, fait référence, à son début, à des études d’expert (Nomura, Capital Economics) dont elle s’inspire et qui confirment la faisabilité d’une sortie de l’Euro. Toutefois elle n’est pas facile.

      https://scenarieconomici.it/il-piano-b-per-litalia-nella-sua-interezza/

      Cela dit l’actuel gouvernement italien ne se posera la question d’une sortie de l’Euro que si on lui met le couteau sur la gorge. Normalement ça devrait être le cas puisque les marchés financiers attaquent la dette italienne et que la BCE ne va pas pouvoir se porter au secours de l’État italien à cause de son programme ou alors son gouvernement devra en changer, ou se démettre ou sortir de l’Euro.

      Saul




      https://fr.wikipedia.org/wiki/Dette_ext%C3%A9rieure

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    2. « Les notes de Natixis se suivent et peut-être ne se ressemblent pas toutes »

      Très juste ! Il y a longtemps que je le constate. J'ai consulté depuis 2014 exactement 218 notes de Natixis et le moins qu'on puisse dire est qu'on y trouve à boire et à manger… Mais c'est justement pour cela que le caractère péremptoire des conclusions sur l'impossibilité de la sortie de la sortie m'avait frappé, comme relevant d'un a priori politique assez évident, nettement plus sensible en tout cas que dans d'autres analyses, beaucoup plus prudentes. On sent ici, à l'évidence, la pression du contexte italien.

      Je ne compte pas les numéros de Flash-Éco qui démontrent que la zone euro ne peut pas s'en sortir à terme sans fédéralisme budgétaire (mon deuxième paragraphe faisait ainsi allusion à ce numéro : https://www.research.natixis.com/GlobalResearchWeb/main/globalresearch/ViewDocument/Dr4mgNxNBVvI5QhxyQ08Gw==), fédéralisme budgétaire dont le succès n'est en rien garanti, à supposer que les Allemands l'acceptent, ce qui semble parfaitement illusoire.

      Refuser d'entrer dans ce raisonnement de la part d'économistes qui reconnaissent par ailleurs que l'Allemagne n'est plus vraiment un membre à part entière de la zone euro (https://www.research.natixis.com/GlobalResearchWeb/main/globalresearch/ViewDocument/IOR__O6S0Lcc6zDQR2yZ6A==), que le taux de change d'équilibre de l'euro est trop fort en dehors de circonstances économiques particulières (https://www.research.natixis.com/GlobalResearchWeb/main/globalresearch/ViewDocument/76aFEsFTOiKJQgacHDfXZw==), que les marchés financiers de la zone euro sont encore trop corrélés avec ceux des États-Unis ou encore que l'eurozone est encore très loin d'être un ensemble économique et financier unifié et ne semble pas devoir le devenir dans un avenir prévisible (https://www.research.natixis.com/GlobalResearchWeb/main/globalresearch/ViewDocument/g0CMfBFhHlBDQwpDgNPl3w==) est pour le moins paradoxal. Ou s'explique très bien par l'idéologie…

      Puisque vous faites référence à deux études importantes sur la possibilité d'une sortie de la zone euro, cela intéressera peut-être certains d'avoir des liens pour les télécharger : http://europeanreform.org/files/CostBenefitsBreakup_-_Jens_Nordvig.pdf (Jens Nordvig, économiste à la banque d'affaires Nomura) et http://www.capitaleconomics.com/data/pdf/wolfson-prize-submission.pdf (Wolfson Prize remporté par une étude de Capital Economics sous la direction de Roger Bootle).

      En recherchant sur le blog de Laurent, je m'aperçois que j'avais cité l'étude de Bootle en mai 2013 : http://www.gaullistelibre.com/2013/05/les-ferments-de-la-fin-de-leuro.html?showComment=1368010724189#c250290335039461107. Cinq ans… Depuis, il semble que les positions soient restées figées… Les bleus sont toujours bleus et les blancs toujours blancs, comme disait Napoléon !

      YPB

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    3. L’actuel ministre des finances de l’Italie, Tria qui a remplacé Savona à la demande du Président Matarella, semble donner des signes « d’apaisement » vis à vis de l’Europe. La soumission à l’Euro commence. Il ne semble plus question par exemple de mettre en œuvre la monnaie parallèle (les minibots) :

      https://www.corriere.it/economia/18_giugno_09/tria-economia-italiana-forte-ora-meno-deficit-piu-investimenti-c77cb4dc-6c24-11e8-8d9c-84247469dc85.shtml

      Le reste devrait suivre. Il s’agit d’empêcher la poursuite de la hausse des taux d’intérêt italien d’autant plus que la BCE va complètement stopper son quantitative Easing avant la fin de l’année 2018, lequel a déjà été réduit. l’Italie sera alors à 100 % dépendante des marchés financiers pour le financement de sa dette. Il n’y a pas le choix dans ce cas de figure. On se soumet ou on sort de l’Euro. Dans le cas de l’Italie ce sera la soumission selon toute vraisemblance ou peut-être que la partie la plus euro-sceptique du gouvernement italien(la Ligue de Salvini) sera conduite plus tard à interrompre sa participation au gouvernement.

      https://www.lemonde.fr/economie/article/2017/10/26/la-bce-reduit-son-programme-anti-crise-de-soutien-a-l-economie-de-la-zone-euo_5206377_3234.html

      Saul

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  11. Impayables, le FN et DLF qui s'acoquinent avec Agnès Verdier-Molinier.

    "Cet Institut privé forme 180 personnes par an, uniquement le week-end.
    Ses Séminaires rassemblent des représentants de LR, le FN, Debout la France, quelques identitaires et d'anciens de la Manif pour tous."

    https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=809926449395370&id=100011340678101

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  12. "Et si vous me répondez que les crédits deviendraient « gratuits », leur prix est déjà historiquement bas sans que ça propulse la société à des sommets de bien-être. L’important reste à qui on prête et pour quoi faire ou plus largement à quelle occasion on crée la monnaie."

    https://twitter.com/jcs_mbf/status/1005700913825271808

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  13. @ Saul et YPB

    Merci pour les liens. La vitalité du débat sur la question monétaire dans certains pays contraste avec la chape de plomb de la zone euro…

    Je lis les notes de Natixis et je reviens dessus. Un grand merci pour l’information concernant la lex monetae pour l’Italie. Je le savais pour la France, mais pas pour nos voisins

    @ Anonyme 7h13

    Le lien ne fonctionne pas. Si c’était vrai, ce serait effarant. Vous auriez un autre lien ?

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    1. Le lien fonctionne :
      https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=809926449395370&id=100011340678101

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    2. Il semblerait que je n'ai pas accès à cette page, qui doit être réservée aux membres d'un groupe. Je n'ai pas trouvé la moindre trace ailleurs. J'ai donc du mal à croire cela, pour l'instant.

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  14. En effet, les deux premières flash de Natixis sont des torchons. Papier à venir.

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