En 1996,
fidèle à sa promesse de campagne, Jacques Chirac avait mis fin au service
militaire, une
institution de deux siècles. Plus de quinze ans après sa suppression, on
peut se demander aujourd’hui si ce n’était finalement pas une mauvaise idée et
s’il ne faudrait pas le restaurer.
Un outil
de la République
Le service
militaire avait plusieurs utilités. La première était d’assurer la défense de
la France en fournissant des contingents plus importants que ne le permet la
seule armée de métier ainsi qu’assurer une formation militaire à tous les
jeunes hommes, permettant ainsi de les mobiliser de manière plus efficace en
cas de conflit. Ce besoin d’assurer la défense de notre pays semble aujourd’hui
moins critique (de manière illusoire ?) près de 60 ans après la fin de la
Seconde Guerre Mondiale.
La deuxième
utilité du service militaire était d’instaurer un lien charnel entre
la France et ses citoyens. En effet, en prenant près d’un an de la vie de
tous les jeunes français, ceci montrait que l’appartenance à la collectivité
nationale avait un prix et impliquait des devoirs et pas seulement des droits.
La mise en place du droit du sol s’explique en partie par le service militaire
puisque c’était un moyen d’augmenter le nombre de conscrits par rapport au droit
du sang mis en place à la Révolution.
La troisième
utilité du service militaire était l’intégration républicaine des citoyens.
Tout d’abord, il permettait un brassage social d’autant plus utile aujourd’hui
avec le phénomène d’homogénéisation des différentes parties du territoire.
Ensuite, il pouvait servir de séance de rattrapage pour les jeunes qui avaient
de fortes carences scolaires. Enfin, il permettait aussi de cadrer certains
jeunes, de leur apprendre la discipline et à respecter les règles, une sorte de
formation citoyenne.
Peut-on
le remettre en place ?