L’ancien
premier ministre britannique, longtemps très populaire au pouvoir, a depuis
acquis une odeur de souffre du fait, notamment, de
son soutien aux opérations désastreuses en Irak. Et si 2015 avait révélé à
quel point il est la source d’inspiration d’Angela Merkel et François
Hollande ?
De Tony
Blair à Angela Merkel…
Comme
le rappelle Le Figaro, en
politique, la triangulation consiste à reprendre des propositions phares de ses
adversaires politiques pour les mettre en difficulté. Même si cela choque son
camp, en
général, ceux qui sont choqués continuent en général à préférer la copie à
l’orginal. Et cela perturbe doublement l’opposition : cela peut attirer une
partie de son électorat, favorable
à ces idées, et qu’ils voient mises en œuvre par la majorité, puis, cela
peut la pousser à se radicaliser pour se différencier de l’équipe au pouvoir, devenue
trop proche dans les idées qu’elle soutient. Le soutien à la guerre en Irak
pourrait bien représenter un cas de triangulation en Grande-Bretagne. En
général, l’équipe au pouvoir choisit de telles transgressions sur des sujets
qu’elle sait populaires, pour ne pas y perdre électoralement.
Comme
le rappelle The Economist, Angela
Merkel s’est faite une spécialité de reprendre certains éléments des
propositions de ses adversaires. C’est ainsi qu’elle
a promis de mettre en place un salaire minimum, avant de devoir former à
nouveau une grande coalition, privant le SPD d’un argument fort. De même,
en ouvrant les portes aux migrants, la
chancelière a pris une position plus proche des sociaux-démocrates, au
point d’irriter une bonne partie de son parti et de
devoir faire en partie marche arrière. Pour l’instant, elle maintient que
les migrants sont une chance pour l’Allemagne, ce qui peut se défendre dans un
pays à la population en baisse et proche du plein emploi, mais
pourquoi vouloir imposer à ses partenaires européens, dans une situation
différente, de faire de même par des quotas ?
… puis à
François Hollande