mercredi 5 octobre 2011

Quand The Economist défend maladroitement les riches

Difficile pour l’hebdomadaire libéral de ne pas réagir durement contre les projets de hausses d’impôts pour les plus riches, tant par conviction idéologique que souci de sa cible de lecteurs. Mais l’exposé du journal de référence des élites globalisées est à double tranchant.

« La chasse aux riches »

Il faut voir la une du journal pour le croire : une chasse à courre menée par Barack Obama et un ministre britannique, à cheval, suivi de chiens, à la poursuite de riches courant avec leur argent sous le titre de « La chasse aux riches ». Le journal liste les nombreuses initiatives qui visent à augmenter les impôts des plus fortunés, aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou en France et dénonce l’attitude politicienne des gouvernements, qui en feraient un symbole politique.


mardi 4 octobre 2011

Merci Jean-Louis Borloo !


C’est le coup de théâtre du dimanche soir : Jean-Louis Borloo a annoncé que finalement, il ne serait pas candidat à la présidence de la République en 2012. Une décision que j’avais anticipée en avril dernier et qui rebat les cartes, plutôt dans le bon sens.

L’ami du président

Dimanche soir, l’ancien numéro 2 du gouvernement, qui réalisait pourtant des scores encourageants dans les sondages, autour de 7%, a donc décidé de ne pas y aller. « La dynamique des centres n’est pas suffisante pour atteindre le second tour ». Une telle justification est extrêmement douteuse. Après tout, Nicolas Sarkozy, à nouveau en baisse après un petit sursaut, ne dispose que d’un petit matelas d’une vingtaine de pourcents et la campagne n’était pas commencée.

lundi 3 octobre 2011

Les victoires du protectionnisme en Amérique du Sud


8.3% : c’est la croissance du PIB Argentin prévue en 2011, une performance à peine inférieure à celle de la Chine. Un pays très intéressant puisqu’outre le fait d’avoir cassé son lien avec le dollar en 2002, il mène une politique ouvertement protectionniste, comme son voisin Brésilien.

L’Argentine renforce son arsenal protectionniste

C’est The Economist du 24 septembre qui revient sur les nouvelles mesures prises à Buenos Aires et Brasilia. L’hebdomadaire britannique détaille comment l’Argentine, qui en avait marre d’importer 96% de ses téléphones mobiles, a réussi à imposer à RiM d’assembler des Blackberry en Argentine, même si le coût du travail y est 15 fois supérieur à celui de l’Asie, par la mise en place de quotas qui limitaient les importations. L’objectif est de réduire les importations à 20% du marché.

dimanche 2 octobre 2011

Nouveau départ

Après plus de 1650 notes en quatre ans et demi, j’ai décidé de prendre un nouveau départ avec un nouveau blog http://www.gaullistelibre.com. Dorénavant, je publierai uniquement sur ce blog mais les archives de mon premier blog resteront actives.

Une page se tourne

En fait, cela faisait près de trois ans que ce changement me trottait dans la tête, à cause de l’adresse URL de mon premier blog. Si elle correspondait bien à mon état d’esprit quand je l’avais ouvert, elle donnait une idée par trop inexacte de mes idées et de mon engagement. Bien sûr, c’est en espérant soutenir Dominique de Villepin à l’élection présidentielle de 2007 que j’avais ouvert ce blog et finalement, c’est lui qui m’a motivé à reprendre le militantisme politique à la fin de l’année 2006.

Mais aussi important qu’ait été cet épisode dans ma vie politique, il ne s’agit que d’un épisode. En outre, il ne représente que très imparfaitement mes convictions, déjà anciennes. Si j’ai commencé à m’intéresser à la politique très jeune et si j’ai pris ma carte au RPR en 1991 à l’âge de 17 ans, deux débats m’ont construit idéologiquement il y a vingt ans : celui sur le traité de Maastricht (la première fois que j’ai voté, « non », bien sûr) et le débat sur l’autre politique.




31 livres pour mieux comprendre la crise

Depuis trois ans, j’ai publié de nombreux résumés de livres d’économie. Pour faciliter la recherche de ces notes, voici des liens vers l’ensemble de ces papiers :

Les progressistes

Frédéric Lordon
-        « Jusqu’à quand » : partie 1 et partie 2
-        « La crise de trop » : partie 1 et partie 2

Jacques Sapir
-        « Le nouveau 21ème siècle » : partie 1 et partie 2
-        « La démondialisation » : partie 1 et partie 2


samedi 1 octobre 2011

Le Bundestag prolonge la vie de l’euro


C’était prévisible : le parlement Allemand a très largement voté en faveur des modifications des dispositions du FESF décidées au printemps dernier, malgré l’augmentation substantielle de la caution allemande. Une décision qui va prolonger la vie de la monnaie unique.

Hypocrisies européennes

Le Figaro d’hier titrait « Le feu vert de l’Allemagne pour sauver la Grèce » : voici une présentation des faits audacieuse. Comme beaucoup d’économistes et votre serviteur le répètent depuis longtemps, ce n’est pas la Grèce qui est sauvée mais beaucoup plus ses créanciers. Il est tout de même culotté d’appeler « sauvetage de la Grèce » une politique qui va faire entrer le pays dans sa 4ème année de récession, provoquant une saignée sociale et une baisse de 15% de son PIB.

Leçons internationales pour améliorer l’école


Comme régulièrement, The Economist a publié il y a deux semaines un dossier passionnant sur la révolution scolaire. L’hebdomadaire britannique libéral analyse les résultats des tests PISA et de l’étude de McKinsey pour en tirer des leçons sur les meilleures pratiques en matière d’éducation.

Les bonnes pratiques internationales

Le journal soutient que l’argent ne fait pas tout en soulignant les succès de pays qui dépensent moins que la moyenne et le relatif échec des Etats-Unis qui dépensent pourtant plus que les autres. Néanmoins, d’autres points modèrent cette analyse. Tout d’abord, l’inégalité scolaire est un critère fondamental de la réussite d’un système. Quand l’école oublie ses élèves en difficulté, c’est tout le système scolaire qui en pâtit. Or les inégalités ne cessent de grimper, notamment aux Etats-Unis.

Collectivités locales et horreur financière


C’est un des cadeaux empoisonnés de la financiarisation imbécile de l’économie : plusieurs collectivités locales se retrouvent aujourd’hui étranglées par des emprunts toxiques vendus par des banques, du fait des variations monétaires récentes.

Quand la folie financière contamine les collectivités locales

Comme l’explique bien Emmanuel Lévy, c’est la banque Dexia qui est au cœur d’un immense scandale. En effet, de 1995 à 2009, plus de cinq mille collectivités locales et établissements publics ont souscrit à des emprunts toxiques. Le principe était assez simple : baisser les taux d’intérêt d’emprunt par des montages financiers complexes, avec des paris sur l’évolution des taux d’intérêt ou des parités monétaires. Mais ces montages sont devenus toxiques avec la crise.

La France, exportatrice de technocrates apatrides


C’est Eric Zemmour qui avait eu ce bon mot un matin dans sa chronique sur RTL : la France est bien un pays spécialisé dans l’exportation de hauts technocrates dont l’internationalisme est tel qu’ils en oublient totalement leur pays d’origine. Nouvel exemple avec Christine Lagarde.

Un lourd passé

Jacques Delors, Jean-Claude Trichet et Pascal Lamy sont sans doute les pires exemples de ce que la France a produit comme technocrates irresponsables et apatrides. Si le second a toujours été à droite, le premier et le troisième sont venus de la gauche pour mener des politiques profondément antisociales et dogmatiquement monétaristes et néolibérales. Fâchés avec la réalité, ils n’hésitent pas à nier la crise de l’euro, affirmant qu’il s’agit seulement d’une crise de la dette.

Démonter les éléments de langage des euro béats


La crise actuelle de la zone euro est l’occasion d’une guerre sémantique féroce entre les euro béats et les alter européens (notez le choix des qualificatifs, plus flatteur qu’un duel entre européens et eurosceptiques). Petit dictionnaire des expressions à relativiser.

« L’euro nous a protégé » : tous les partisans de la monnaie unique affirment qu’elle nous aurait protégé dans la crise. Il faut dire qu’en cas de difficulté, on se dit instinctivement qu’il vaut mieux être plusieurs que seul. Pourtant, la réalité démonte ce mythe. D’abord, la crise a été aussi forte dans la zone euro qu’aux Etats-Unis alors qu’elle venait d’outre-Atlantique. Si nous avions été protégés, la récession aurait été moins forte. En outre, les pays hors de la zone euro s’en sont plutôt mieux tirés.