dimanche 7 février 2016

Nicolas Sarkozy, le candidat qui sent le renfermé

L’ancien président de la République poursuit sa rentrée politique en vue des primaires. Après la sortie de son livre, il a présenté son programme économique, puis a participé à Des Paroles et des Actes. Où l’on constate, s’il en était besoin, que son mea culpa n’est que de façade, tant le candidat de 2016 reprend les recettes de 2017, sur le fond comme sur la forme.



Le programme réchauffé du bonimenteur de service

Sur le fond, ses propositions économiques ressemblent à s’y méprendre à celles de 2007, aucune leçon ne semblant avoir été tirée de son échec. Suppression de l’ISF, baisse de 10% de l’impôt sur le revenu, alors même que les inégalités augmentent, une baisse dérisoire de 13 milliards du coût du travail (quand Hollande aura fait plus de 50), non remplacement d’un fonctionnaire sur deux, la règle qui a vidé nos rues de milliers de policiers, augmentation de la durée du travail des fonctionnaires, dégressivité des allocations chômage, relèvement de l’âge de la retraite, baisse des remboursements de l’assurance-maladie et privatisations du service public : nous avons droit à un gloubli-boulga des mesures de 2007, de celles qu’il avait évoquées mais pas osées faire, et de l’air du temps, décidemment néolibéral.

Bref, Nicolas Sarkozy ne semble pas avoir profité de ses quelques années de retrait de la vie politique pour réfléchir, se contentant, comme toujours, d’une approche mêlant opportunisme et superficialité. Pas sûr que ce soit suffisant face à un président qui lui a volé bien des propositions. Aujourd’hui, il est à peine à droite d’un président dont le ministre de l’économie tient quasiment le même discours que lui et fait ce qu’il n’avait pas osé faire. Et puis, sur la forme, à Des Paroles et Des Actes, l’ancien président, à mille lieux de son mea culpa, a continué son rôle de bonimenteur, n’hésitant pas à affirmer des choses complètement fausses ou mensongères. Comment peut-il encore s’exposer à ces décryptages qui révèlent ses approximations ou ses mensonges patents, qui sapent une image déjà bien ternie ?


Bref, la performance du Sarkoshow 2016 ne laisse pas augurer d’un retour victorieux, même s’il parvient à rapporter les primaires qu’il organise, soutenu par des fidèles qui se sont rués sur son livre, mais qui risquent bien de ne pas être assez nombreux en 2017.

15 commentaires:

  1. @LH,

    Quelle différence fondamentale, notamment sur les questions de souveraineté et relatives à l'UE, avec le programme de Hollande 2017 et surtout Juppé 2017 ?

    Quel candidat pour une indépendance et une souveraineté retrouvée ?

    Hollande, Sarkozy, Juppé ?

    RépondreSupprimer
  2. Sarkozy est nul, Juppé est nul, Hollande est nul, Valls est nul... Mais l'avantage de la droite, même si elle est aussi nulle que la prétendue gauche, c'est qu'elle n'est plus au pouvoir. Il est probable que le candidat de la droite, que ce soit Juppé ou Sarkozy, sera élu par défaut par rejet de Hollande.

    RépondreSupprimer
  3. C'est la conséquence d'un régime présidentiel aggravé par le quinquennat qui fait miroiter l'arrivée d'un homme providentiel qui n'arrive jamais, mais permet tous les caprices d'un exécutif déboussolé. En attendant Godot...

    Il faut vite abolir cette constitution de 58 complètement archaïque, digne d'une république bananière bonapartiste.

    RépondreSupprimer
  4. Je n'ai pas voulu regarder "des paroles et des actes" parce que je me doutais bien que "chassez le naturel il revient au galop". Bien avant 2007 je n'avais déjà pas confiance en Nicolas Sarkozy, un personnage agité et anxiogène. Mes craintes ont été confirmées au cours de son quinquennat, non seulement lui et sa politique a été, à tout point, mauvaise pour le pays. Qu'un médiocre "socialiste" lui succède pour faire la même politique ne me surprend, il n'a qu'une seule qualité, par défaut de celle de Sarkozy que je citais plutôt. J'espère que 2017 nous réservera des surprises pour ne pas se retruover face au trio ou quatuor Hollande, Sarkozy, Juppé, Marine Le Pen.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Pas regardé non plus. Mon jugement sur Sarkozy est fait depuis longtemps et il ne changera plus.

      Supprimer
  5. @ Numéro 6

    Très juste.

    @ Moi

    Juste, mais je crois plutôt que Hollande est plus habile que Sarkozy

    @ Anonyme

    Pas d’accord. Le régime n’est pas en cause : la situation est la même ailleurs

    @ Cording

    C’est pour m’opposer à Sarkozy que j’ai commencé un blog il y a 9 ans…

    RépondreSupprimer
  6. "la situation est la même ailleurs"

    Ah bon, où donc un parti comme le FN fait plus de 30% aux élections régionales et se retrouve au second tour des présidentielles ? Nulle part ailleurs.

    Vous êtes complètement aveuglé par votre gaullisme de pacotille.

    RépondreSupprimer
  7. Il ne s'agit pas que d'une affaire de personnes. Le mal est structurel. Les lobbys d'affaires ont pris le contrôle de la république. Vous me direz, ils n'ont jamais été bien loin du pouvoir.

    Il faudra revisiter les mécanismes de la Vème République, ce qui a fait qu'elle a dérivé vers la ploutocratie actuelle. Beaucoup trop d'opacité, d'entre-soi politicien, d'assujettissement de la justice à la tutelle politique. Des médias publics subordonnés. Un Conseil Constitutionnel noyauté par la classe UMPS.

    Déficit de transparence, contre-pouvoirs faibles, Cour de la République factice, vulnérabilité aux conflits d'intérêts, ...

    Il est loin le rêve de de Gaulle d'une République intègre avec un capitaine à la légitimité indiscutable, au service du peuple français.

    La France est une république bananière, noyautée par des partis politiques au service des magnats français.

    Tout n'est peut-être pas à jeter. Peut-être y-a-t'il du bon à avoir un exécutif fort. Encore faut-il pouvoir s'assurer qu'il mette en oeuvre le programme qui l'a fait élire.

    Plus de transparence, moins d'entrisme partisan, plus d'indépendance de la justice et des médias...

    RépondreSupprimer
  8. A.Juppé aurait du succès à jouer de son personnage sorti de l'ombre pendant qu'il ferait président du Sarko, Hollande en continuité. le système politique est bloqué dont le FN qui sert à faire peur.

    RépondreSupprimer
  9. @ Anonyme

    Et Berlusconi en Italie, avec la ligue du Nord ? Et les Pays-Bas ? Et l’Autriche ?

    @ Jauresist

    Il y aura des réformes à apporter mais il faut bien reconnaître que la situation n’est guère plus brillante partout ailleurs tout de même

    RépondreSupprimer
  10. Samedi 13 février 2016 :

    Primaire à droite : Juppé devance largement Sarkozy, selon un sondage.

    Les sondages se suivent et se ressemblent pour Alain Juppé. Le maire de Bordeaux est la personnalité de droite "préférée" des Français comme candidat à la présidentielle de 2017 au nom du parti Les Républicains, loin devant Nicolas Sarkozy et François Fillon, selon un sondage BVA pour Orange et iTELE publié ce samedi. 

    A la question de savoir quelle personnalité ils "préféraient" voir représenter le parti LR en 2017, 47% des sondés ont répondu Alain Juppé, devant Nicolas Sarkozy, à égalité avec François Fillon (11%). Bruno Le Maire est à 10%, un point devant Nathalie Kosciusko-Morizet (9%).

    Parmi les sympathisants de droite, l'écart entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy est moindre : 48% contre 20%, suivi de Bruno Le Maire (11%).

    Chez les sympathisants LR strictement, Alain Juppé totalise 43%, contre 30% à Nicolas Sarkozy, quand François Fillon est à 9%, selon cette enquête. 

    http://www.lexpress.fr/actualite/politique/lr/primaire-a-droite-juppe-devance-largement-sarkozy-selon-un-sondage_1763489.html

    RépondreSupprimer