samedi 1 octobre 2016

Grèce : la défaite d’un peuple, de l’Europe et d’une forme d’alternative




Comme si Mélenchon menait la politique de Fillon

Il y a quand même quelque chose d’extrêmement choquant à voir les politiques menées par Tsipras et sa majorité, en contradiction totale avec sa campagne de fin 2014, quand ils dénonçaient austérité et tutelle de leur pays et s’opposaient aux projets de privatisation du gouvernement de droite d’alors, comme le rappelle Romaric Godin dans la Tribune. Car fondamentalement, Syriza mène la même politique que les équipes qui l’ont devancé : hausse d’impôts, baisse des prestations sociales, privatisation du bien commun national, le tout sous la dictée des technocrates fous venus de Bruxelles, Francfort et Washington. Dans cette comédie politique, maintenant, c’est la droite qui vote contre les plans de privatisation (certes, peut-être parce qu’ils ne vont pas assez loin à son goût, il faut bien dire).

Bien sûr, certains pointent le relatif redressement économique : le PIB ne chute plus tous les trimestres et pourrait même parvenir à progresser pendant une année bientôt, et le chômage semble légèrement baisser. Mais bon, nous sommes loin du scénario Argentin, ce pays qui affichait 8% de croissance par an après la sortie du corralito début 2012. Et la facture des six dernières années est extraordinairement lourde, une casse humaine et sociale effroyable. Pire, le rebond actuel doit beaucoup à des facteurs extérieurs qui ne doivent absolument rien aux politiques menées : baisse des taux, baisse du prix du pétrole, et sans doute plus encore la crise des pays arabes, qui poussent les touristes dans le pays. Bref, le sursaut est dérisoire tout en ne devant rien aux politiques menées par Athènes.

En Grèce, la construction européenne, aujourd’hui incarnée par l’UE, a montré son visage le plus détestable, totalitaire et inhumain. Dans quelques années, nous jugerons sévèrement les politiques qui ont été menées. Mais cet épisode effarant où un parti qui se dit de gauche radicale, en vient à mener la politique de la droite la plus soumise et antisociale pose un double problème démocratique. Non seulement Syriza et Tsipras ont trahi le peuple Grec en finissant par faire ce qu’ils dénonçaient, mais, pire encore, ils déconsidèrent toutes les alternatives aux politiques menées depuis des décennies, puisque l’un des étendards de l’alternative a préféré se renier et se convertir aux potions amères européennes. Ce faisant, ils sapent très largement la crédibilité de tous ceux qui appellent à un vrai changement.


Quel drôle de message envoie Tsipras aux Grecs et au monde ! Sa dénonciation des excès du passé était juste mais leur capitulation en rase en campagne, outre le fait de poursuivre des politiques qui font du mal aux Grecs, complique malheureusement l’avènement des alternatives chez eux et ailleurs.

12 commentaires:

  1. "Syriza et Tsipras ont trahi le peuple Grec"

    Ben non, les grecs veulent rester dans l'Euro :

    http://www.francetvinfo.fr/monde/grece/selon-un-sondage-84-des-grecs-veulent-garder-l-euro_993005.html

    Comparer la Grèce à l'Argentine est inepte.

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  2. Ils ont trahi le peuple en disant qu'ils mettraient fin à l'austérité et à la tutelle du pays. Je sais que les Grecs préfèrent rester dans l'euro : je l'ai pointé dès 2010 / 2011.

    Votre argumentation sur la comparaison entre la Grèce et l'Argentine a la valeur de la longueur de votre développement.

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  3. "la comparaison entre la Grèce et l'Argentine a la valeur de la longueur de votre développement"

    Pas besoin de développer, vous le savez aussi bien que moi : production agricole-minière en Argentine exportée pendant la croissance mondiale années 2000, rien à voir avec la Grèce, les salaires argentins sont moitié ceux des grecs, donc coûts de main d’œuvre argentine bien plus compétitive à l'export.

    Mais vu votre malhonnête ou/et bêtise, vous continuez à comparer des pays dans des contextes qui n'ont rien à voir.

    Si Tsipras était sorti de l'Euro, les grecs se seraient sentis encore plus trahis et ils auraient probablement obtenu une dictature militaire nationaliste.

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    1. @Anonyme1 octobre 2016 à 11:39

      Au fond, vous vous êtes aperçu que vous aviez choisi le courant de la mondialisation libérale au moment de son déclin, non ? Une telle hypothèse pourrait expliquer le ton de certains de vos posts il me semble.

      Je pense que nous sommes au bout de ce cycle de destruction, dogmatique - cette mondialisation libérale -, fait d'accumulations folles et d'inextinguibles soifs de profit.

      De fait, les vices privés ne font pas le bien public. Le constat d'échec de cette mondialisation libérale, et du libéralisme en général, est pour moi définitif - et je ne parle même pas de ces constructions théoriques libertariennes et autres châteaux de carte théoriques...

      J'ai le sentiment qu'au fond vous le savez et qu'en même temps vous ne voulez pas ou plus le savoir. Es-ce cela ? Qu'en est-il ?

      Je souhaiterais par ailleurs un échange cordial et respectueux ; s'il s'agit, au titre d'une réponse, de m'adresser, sous une forme ou une autre, des noms d'oiseaux, j'indique immédiatement que je ne répondrai pas.

      Cordialement.

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  4. Il me semble que la comparaison avec l'Islande est à la fois plus pertinente et plus parlante qu'avec l'Argentine.

    Les 2 pays ont réagi à la même crise financière de 2008 de façon opposée. Nous avons aujourd'hui sous les yeux les résultats de ce qu'il fallait faire (l’Islande) et de ce qu'il ne fallait pas (la Grèce)

    Un signe qui ne trompe pas : les médias limitent leur couverture de l'Islande au strict minimum.

    Ivan

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  5. @ Anonyme

    Pas besoin de développer : il ne vaut mieux pas pour vous, puisque vous racontez des sornettes.

    1- Ce n’est pas l’agriculture et les minerais qui expliquent la croissance de l’Argentine de 2002 à nos jours. Le PIB a plus que doublé sur la période. L’agriculture ne représentant pas plus de 10% du PIB, elle n’explique par conséquent qu’une petite minorité de la croissance (pas beaucoup plus que les 10%, même en supposant que la part de l’agriculture dans le PIB ait doublé en 10 ans, passant de 5 à 10%, cela n’expliquerait que 15% de la croissance du PIB...). Les minerais sont beaucoup plus faibles.
    2- « Les salaires en Argentine sont deux fois plus faibles » : vous exagérez. Le salaire minimum est à 7560 pesos par mois, soit 445 euros par mois. Le salaire minimum en Grèce est à 684 euros bruts, et 583 euros en net. Mais le SMIC Argentin est relativement élevé dans sa région, ce qui est un peu moins le cas de la Grèce, largement inférieure à l’Europe de l’Ouest et du Nord mais le pays souffre de la concurrence de l’Est (qui s’applique moins sur le tourisme). Bref, votre argument est un peu simpliste.
    3- Le contexte a à voir : les deux pays ont abandonné leur autonomie monétaire (Athènes avec l’euro, l’Argentine, jusqu’en 2002, en liant le peso au dollar) et se retrouvent avec une monnaie trop chère pour leur économie (le FMI en a parlé récemment, affirmant que la France devrait dévaluer de 21% par rapport à l’Allemagne). L’Argentine a pu retrouver son autonomie en coupant le lien avec le dollar et en dévaluant massivement, ce qui a relancé son économie (jusqu’à certains dérapages, qui apparaissent aujourd’hui, avec une inflation trop forte). La Grèce refuse de quitter l’euro, pour beaucoup de raisons, que j’avais pointées dès 2010/2011, mais cela ne signifie pas que le contexte soit proche. Pas sûr que les Grecs se seraient sentis trahis : à défaut de choisir, il aurait du faire un référendum sur la sortie de l’euro.

    @ Ivan

    En partie seulement car il y avait une bulle financière délirante en Islande, ce qui n’était pas le cas en Grèce, et le premier ne faisait pas partie de l’UE ou de l’euro… Mais d’accord pour dire qu’il y a des leçons à tirer de ce qu’a fait l’Islande : je l’ai souvent écrit. Mais la situation de la Grèce est plus proche de la situation de l’Argentine (qui avait enchainé les plans d’austérité de 1998 à 2002 sous l’égide du FMI, provoquant une crise économique, comme la Grèce.

    Quelques papiers sur le sujet :
    http://www.gaullistelibre.com/search?q=grèce+argentine

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  6. "« Les salaires en Argentine sont deux fois plus faibles » : vous exagérez"

    Non, ce sont les chiffres de parité en pouvoir d'achat. La Grèce n'est pas du tout positionnée en exportations, donc sortir de l'Euro ne lui amènera rien.

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    1. On attend les sources... Je serais surpris que les prix soient plus élevés en Argentine qu'en Grèce.

      La Grèce a exporté pour 27 Mds d'euros en 2015, soit 13% du PIB, ce n'est pas si mal pour un pays où le tourisme est très important.

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    2. Pardon Laurent, mais le tourisme n'est-il pas déjà considéré comme un produit d'exportation? A moins que le chiffre que tu ne donnes ne soit celui des produits manufacturés?

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  7. Bref, en entrant dans l'euro aucun pays n'a rien gagner sauf les multinationales!

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  8. MArianne dénonce la manipulation publique actuelle qui est anti-constitutionnelle, sur des emprunts de guerre et de civilisation terribles qui ne tiennent pas qu'au massacre des Européens et des autres. Ce téléguidage contraire à nos droits, nos vies prélevées sans cesse, nos droits bafoués, nos souverainetés en danger, nos économies défaites, le monde qui tremble devant un Occident incompétent en matière de politique européenne et mondiale, dont on suppute que des infractions lourdes aux droits ont été faites pour que l'Europe se retrouve encore à la veille d'un massacre et de se pencher sur la carte pour trouver le lieu du prochain massacre à faire dans des pays pauvres, mis sous la coupelle des pays riches. Marianne en appelle à l'exemplarité en matière de justice, à pourchasser l'errement politique, afin que cessent les menaces en matière de survie globale, et de droit, puisqu'on a peur que l'esclavage redouble dans le monde, d'une ouverture de phénomènes concentrationnaires à nouveau, même en Europe.

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