samedi 1 juillet 2017

Bruno Le Maire, petit soldat austéritaire des marchés et de l’UE




Au service des marchés et de l’austérité


Le locataire de Bercy ne fait pas semblant. A New York, il a osé dire « N’ayez plus d’inquiétudes sur le droit du travail français » ! Voilà qui est clair. Le ministre veut défendre les demandes de Wall Street, comme celles des Français. Encore une fois, ces actionnaires voraces et jamais satisfaits pourront compter sur l’équipe au pouvoir pour défendre leurs intérêts, au détriment de 99% de la population. Il est tout de même frappant de constater à quel point ce gouvernement assume défendre l’agenda du Medef, peut-être plus encore que n’importe quel gouvernement de droite dans le passé. Il a même affirmé que « l’ennemi, ce n’est pas la finance », façon détournée de dire qu’il est son serviteur.

Parallèlement, le ministre de l’économie s’est fait martial sur le déficit budgétaire, annonçant des mesures d’économie dans « tous les secteurs », Etat, collectivités locales et dépenses sociales pour tenter de tenir l’objectif d’un déficit à 3% du PIB cette année. Un discours effarant aujourd’hui, alors que l’austérité a plombé le mandat de François Hollande, cassant tout espoir de reprise économique, et que même le FMI tient un discours plus équilibré sur les déficits publics. Mais cela ne semble pas avoir atteint Bruno Le Maire, qui semble vouloir exister comme un ministre de l’économie qui coupe les dépenses et cherche à réduire le déficit public. Bien sûr, les mesures pour 2017 ne sont pas colossales, mais le multiplicateur budgétaire du FMI indique que cela ne sera pas sans effet sur l’économie.


Au moins, les choses sont claires. Ce gouvernement roule pour les actionnaires, les 1% de la population qui sont du bon côté de la mondialisation, même si cela ne vient pas sans épines. Mais il est assez incroyable de l’assumer aussi clairement. La présidence Macron, c’est la victoire de l’agenda du Medef, au détriment de tous ceux qui souffrent de cette mondialisation brutale et inégale.

6 commentaires:

  1. Bien entendu, ce durcissement de l'austérité ne peut mener qu'à une aggravation de la situation, du chômage en particulier. Cependant, on peut se demander si l'impopularité va survenir aussi vite que pour les deux présidents précédents. En effet, ils avaient fait des promesses qui n'ont pas été tenues, puisqu'elles étaient impossibles à tenir dans le contexte de l'euro. Ce nouveau régime, au contraire, annonce à grand cris "du sang et des larmes". Si bien que s'il ne réalise qu'une partie de ses menaces, le MEDEF sera déçu, mais le public soulagé. Bref, Macron et sa bande sont là pour longtemps.

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    1. Vu la façon dont Macron a été élu et plus encore les législatives. S'ils sont la pour longtemps ça voudrait dire qu'il n'y aurait rien en face pour longtemps.
      Mais avec l'effet "nouveau" en moins et l'usure du pouvoir (aucun président n'a été réélu depuis l'instauration du quinquennat.) C'est pas gagné pour Macron la réélection.
      En attendant il sera bien de voir ce que ça va donner lors des élections entre temps, européennes, régionales, etc... En Marche risque de moins bien marcher.

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  2. Les français aiment les efforts quand c'est les autres qui les font. Maintenant ils vont pouvoir apprécier pleinement l'effet de leur vote !

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  3. Dites donc Herblay, le Brexit, le souverainisme et toussa, ça commence à partir en eau de boudin. Des manifs contre la politique austéritaire de May et un ticket de sortie à 100 milliards :

    http://www.telegraph.co.uk/news/2017/07/01/theresa-may-could-storm-brexit-talks-divorce-bill/

    http://www.independent.co.uk/news/uk/home-news/tens-of-thousands-march-protest-not-one-more-day-london-oppose-theresa-may-austerity-a7818206.html

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  4. @ Jacques

    C’est juste. Il n’y a pas le même grand écart qu’avec Hollande. En outre, l’ajustement ne sera pas aussi brutal que sous Hollande. Mais je pense aussi qu’il n’a pas de véritable majorité pour le soutenir et que son bilan étant destiné à être mauvais (les mêmes causes produisant les mêmes effets), il n’a pas sûr qu’il soit là pour longtemps, à moins peut-être qu’il arrive à faire à LR ce qu’il a fait au PS.

    @ Bowthan

    Je suis bien d’accord

    @ Anonyme

    Les opposants au Brexit annonçaient cela dès le lendemain du référendum. Ce n’est toujours pas arrivé, alors leurs prévisions n’ont qu’un intérêt limité. Et je souhaite bonne chance à l’UE pour récupérer 100 milliards. Londres peut mettre ses importations de voitures allemandes ou d’agro-alimentaire français dans la balance. Et l’UE devrait s’appliquer à elle-même ce qu’elle applique aux autres. Aucune dépense ne semble épargnable en Grèce dans l’année et l’UE voudrait que les siennes soient protégées pour des années ?

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  5. "Ce n’est toujours pas arrivé"

    Ca commence à venir par quelques gros nuages noirs qui sont bien là, en attendant l'orage dans 2 ans...

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