dimanche 21 avril 2019

Monsanto, révélateur de l’Union Européenne

Bien sûr, pour une fois, une bonne décision a été prise avec l’interdiction de la pêche électrique, mais le bilan environnemental de l’UE est assez calamiteux, plaçant systématiquement les intérêts du monde des affaires avant tout principe de précaution. L’interdiction du glyphosate par le Vietnam, après celle décidée par le Sri Lanka en 2015 en dit long sur la nature de l’UE.


Quand Paris a moins de pouvoir que Colombo

Le choix du Vietnam est intéressant à plus d’un titre. D’abord, il n’est pas inintéressant de souligner les interférences des Etats-Unis, le ministre de l’Agriculture étant monté au créneau pour exprimer sa déception, allant même jusqu’à parler « d’effets dévastateurs sur la production agricole mondiale », en menaçant d’un recours à l’OMC. Des déclarations assez révélatrices alors que la justice étasunienne vient de sanctionner Monsanto pour le rôle du Roundup dans un cancer. Mais ce choix rappelle aussi que des pays peuvent parfaitement décider de se passer d’un produit probablement dangereux comme le glyphosate, sans en référer à quiconque, comme l’ont fait le Vietnam et le Sri Lanka.

Le contraste avec l’UE est frappant. Après de très longues années de discussion, en 2017, une interdiction a été programmée pour 2022, sans qu’il soit parfaitement clair si elle sera véritablement mise en place. En effet, un an plus tard, la commission européenne a interdit à Bruxelles d’interdire le glyphosate en évoquant le caractère « trop abstrait » du « principe de précaution ». Les belges s’appuyaient sur l’absence de consensus scientifique sur le sujet, mais la commission a rétorqué avec une liste d’experts affirmant qu’il n’y a pas de justification pour une classification du glyphosate comme cancérigène, une affirmation piquante pour qui connaît les liaisons dangereuses entre UE et Monsanto.

Mais plus fondamentalement, n’est-il pas effarant que les pays de l’UE aient tout simplement renoncé à pouvoir décider d’autoriser ou pas le glyphosate chez eux ? Après tout, si le Sri Lanka ou le Vietnam peuvent le faire, pourquoi ne le pourrions-nous pas ? Comment soutenir qu’une seule règle pour toute l’UE a plus de sens que la liberté pour chaque pays d’autoriser ou pas ces produits ? Il est frappant de constater comment le poison idéologique de l’UE a réussi à éteindre toute velléité de décider de son destin tant de nos dirigeants. Même les pseudo-écologistes préfèrent leur religion européiste à la défense de l’environnement, ne remettant pas en cause l’UE, même si elle impose le glyphosate !

Bien sûr, l’interdiction seule serait insuffisante car interdire le glyphosate chez soi et laisser rentrer tous les produits fabriqués avec du glyphosate représenterait une concurrence déloyale de plus pour nos agriculteurs et une protection limitée. Mais ce qui est frappant, c’est que si le Vietnam et le Sri Lanka le font, pourquoi la Belgique et la France ne pourraient pas le faire ? Ce que cela signifie, c’est que dans l’UE, les intérêts du monde des affaires et de Monsanto passent avant le principe de précaution, notre santé et la démocratie. La religion folle du marché unique écrase tout et a produit un fonctionnement digne d’ayatollahs totalitaires. Merci au Vietnam de nous rappeler ce que doit pouvoir faire un pays.


Bien sûr, comme depuis 10 ans, les trolls à la solde de Monsanto vont probablement être réveillés par un tel papier, mais les révélations des Monsanto Papers ont jeté une lumière crue sur les agissements de cette entreprise, disqualifiant largement leurs commentaires. Une nouvelle preuve de la folie complète de cette UE, mais aussi de l’effet délétère qu’elle a sur nos démocraties.

27 commentaires:

  1. L'Union Européenne, c'est soi-disant « la solidarité entre tous les pays européens ».

    Pipeau !

    L'Allemagne n'acceptera jamais de rembourser à la Grèce les 290 milliards d'euros qu'elle lui doit, au titre des réparations de la Seconde Guerre mondiale.

    La solidarité européenne, ça n'existe pas.

    Seconde Guerre mondiale. La Grèce demande 290 milliards d’euros de réparations à l’Allemagne.

    https://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/seconde-guerre-mondiale-la-grece-demande-290-milliards-deuros-de-reparations

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  2. C'est quand même un mauvais exemple. La vraie raison de ne pas interdire le glyphosate, c'est qu'il y a un consensus sur la *quasi-absence* de risques dans les conditions habituelles d'usage (dose, méthode d'épandage).

    Il est triste et lamentable que les médias et une bonne partie des hommes politiques aient embrayé dans le discours alarmiste qui consiste à fabriquer un grand Satan (Monsanto, entreprise capitaliste qui tirerait toutes les ficelles dans l'ombre) au lieu de traiter le fond du sujet.

    Il faut rappeler que le discours alarmiste anti-glyphosate n'est pas étayé par les données épidémiologiques. Le glyphosate est massivement utilisé depuis des décennies, mais on n'arrive quasiment pas à détecter d'effet significatif de son usage chez les agriculteurs. Voici par exemple ce que dit la plus grande étude épidémiologique à ce jour, qui a suivi 50000 agriculteurs pendant 20 ans :
    https://www.sciencesetavenir.fr/sante/cancer/glyphosate-et-cancer-une-etude-menee-sur-plus-de-20-ans-relance-le-debat_118479

    On peut considérer qu'il faut utiliser moins de pesticides, car ils ont tous un impact sur l'environnement (par définition), mais se focaliser sur le glyphosate est un combat stérile.

    PS : prétendre par avance que ceux qui ne sont pas d'accord avec vous sont des « trolls payés par Monsanto » revient à se boucher les oreilles en chantant « Jésus Reviens » ou « Are Krishna »... Cela peut faire grand plaisir mais ce n'est pas une attitude très constructive.

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    1. "il y a un consensus"

      Faux. Et l'article de Sciences et Avenir le fait très clairement savoir en rappelant que la dangerosité du glyphosate "a fait l'objet de plusieurs études scientifiques dont les avis divergents alimentent la controverse".

      Il faudrait aussi prendre en compte les limites de l'étude de l'Agricultural Health Study :

      "Lors de son évaluation du glyphosate en 2015 le CIRC avait déjà pris en compte les conclusions précédentes concernant l’Agricultural Health Study ( AHS) publiées en 2005 qui elles aussi ne montraient pas de lien avec le LNH. Donc rien de nouveau sous le soleil et le CIRC dispose toujours d’argument forts montrant un effet cancérogène avéré du glyphosate sur l’animal et de publications épidémiologiques divergentes, plusieurs études cas/témoins montrant un risque accru de LNH lié à l’exposition au glyphosate. [...] Par ailleurs l’étude AHS comporte des limites importantes, notamment concernant l’évaluation de l’exposition des agriculteurs au glyphosate. Ceux qui n’utilisent pas d’herbicides à base de glyphosate sont considérés comme non-exposés. Ces agriculteurs sont pourtant exposés par l’alimentation et l’eau de boisson. Cette exposition environnementale est très forte et peut dans certains cas être aussi importante que l’exposition professionnelle comme le montre [sic] plusieurs études. Les groupes témoins supposés composés de personnes non exposées sont donc en réalité... composées de personnes exposées à des niveaux divers de glyphosate ce qui peut bien sûr expliquer que les taux de LNH dans ce groupe dit témoin soit voisins de ceux du groupe de personnes exposées. Pour pallier ce défaut il aurait fallu réaliser des mesures de l’exposition réelle des agriculteurs du groupe témoin, ce qui n’a pas été fait..." (https://www.generations-futures.fr/actualites/glyphosate-ahs-analyse/).

      Conclusion : un article signale une étude qui semble disculper le glyphosate, tout en signalant qu'elle s'inscrit dans une controverse scientifique qui n'est pas proche de s'éteindre ; les défenseurs du glyphosate n'en concluent pas moins, en s'appuyant sur cet article, qu'il y a "consensus" au sein de la communauté scientifique sur la non-dangerosité du glyphosate... C'est typique.

      Quant aux trolls payés par Monsanto, Laurent ne les invente pas : http://www.leparisien.fr/societe/monsanto-et-ses-trolls-aux-racines-du-soupcon-20-04-2019-8057148.php. Quelque chose me dit que ce n'est pas lui qui a besoin de se déboucher les oreilles.

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    2. Ici, en résumé, on a :

      - une étude épidémiologique de longue durée, sur un très large échantillon de personnes exposées (ou non), qui conclut à une quasi-absence d'effet ;

      - l'opinion d'un journaliste de Sciences et Avenir, qui rappelle au détour d'une phrase qu'il y a des désaccords ;

      - enfin, l'opinion exprimée par une association subventionnée par les industriels du bio (Génération Futures, qui est financée par Biocoop).

      L'étude épidémiologique de longue durée a une valeur scientifique que n'ont pas les deux autres sources...

      Mais vous avez raison : cette étude ne saurait épuiser la discussion. Plus généralement, il y a un quasi-consensus parmi les agences sanitaires du monde entier sur le faible niveau de risque lié à l'usage du glyphosate :
      https://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2945#anasan

      Une question intéressante à poser est la suivante : à votre avis, si le glyphosate est interdit, qu'est-ce qui changera exactement ?

      - la santé des agriculteurs ne s'améliorera pas, puisqu'elle n'est pas significativement affectée par le glyphosate (là-dessus, il va être difficile de contredire une étude épidémiologique sur 20 ans qui a suivi 50000 agriculteurs, sauf avec une étude de même type plus large et méticuleuse encore)

      - le recours aux pesticides ne sera pas réduit, les agriculteurs en ayant besoin (ils ne les utilisent pas pour le plaisir). Donc ils remplaceront simplement le glyphosate, notamment par d'autres produits moins bien étudiés donc potentiellement plus risqués... (il ne faut quand même pas se raconter d'histoires : un pesticide, en tant que produit actif destiné à éliminer des organismes vivants, a peu de chances de ne présenter aucun effet indésirable)

      - Monsanto prendra peut-être un coup, mais d'autres industriels de l'agrochimie en profiteront. Bilan pour la société : probablement nul.

      Sur le fond, donc, que le glyphosate soit interdit ou non ne changera probablement pas grand'chose. Le problème plus inquiétant dans cette histoire est que cela alimente une attitude générale consistant à remettre en cause les avis des institutions scientifiques et sanitaires, au profit d'opinions, de rumeurs et de contre-vérités. Et cela se ressent sur d'autres sujets bien plus importants, comme les vaccins (où on enregistre des décès, par exemple dus à la rougeole, qui seraient évités si moins de gens refusaient la vaccination) ou l'énergie (où la phobie anti-nucléaire conduit à des politiques ruineuses de soutien aux énergies renouvelables tout en ne diminuant pas substantiellement les émissions polluantes).

      Quant à l'article de journal qui voit des « trolls de Monsanto » partout, vous savez, c'est du même tonneau que ceux qui voient des agents de Trump et de Poutine partout à la moindre remise en question de l'européisme béat. Oui, Monsanto cherche à influer sur le débat public, mais en conclure que quiconque ne cherche pas à brûler Monsanto sur la place publique est un agent de Monsanto est totalement absurde.

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    3. Antoine, je ne suis pas convaincu par vos arguments, même si je partage tout à fait votre souci de préserver la crédibilité du discours scientifique face à la rumeur ou aux pseudo-sciences.

      Il est tout de même licite de rappeler que c'est Monsanto qui a le plus contribué au discrédit de la science par la manière dont cette société a manipulé la production scientifique sur les effets de ses produits. La cabale montée contre Séralini, par ailleurs certainement critiquable pour le sensationnalisme de ses annonces et les limites de sa méthodologie, a été extraordinairement contre-productive. Elle seule aurait suffi à ruiner la réputation de l'entreprise et à faire porter un soupçon systématique sur les publications allant dans le sens de ses affirmations.

      Les rumeurs et les opinions ne valent pas des publications scientifiques, effectivement. Mais lorsque des "formateurs" agréés par Monsanto expliquent doctement à des agriculteurs que l'on peut boire de grands verres de Roundup sans effets indésirables, je doute que cela contribue à faire avancer la raison et le savoir scientifique...

      Vous vous inquiétez à juste titre de l'attitude générale consistant à remettre en cause les avis des institutions scientifiques et sanitaires. Comment s'en étonner pourtant lorsque le rapport de l’Institut fédéral d’évaluation des risques allemand chargé par l’Union européenne d'évaluer la dangerosité du glyphosate pour l'EFSA est composé largement de plagiats ou de copiés-collés du dossier d'homologation remis aux autorités européennes par la Glyphosate Task Force ? Certes, le BfR a répondu en affirmant avoir vérifié la validité des études scientifiques jointes au dossier d'homologation (https://www.bfr.bund.de/en/press_information/2019/02/european_assessment_of_glyphosate_is_quality_assured_and_independent___industry_reports_are_routinely_part_of_assessment_reports-239502.html). Mais on est autorisé à douter de la validité de cette réfutation lorsqu'on observe que l'accusation de plagiat portait aussi sur la reprise intégrale par les experts du BfR des données chiffrées des industriels, bien qu'elles fussent non conformes aux standards statistiques recommandés par l'OCDE en toxicologie.

      Vous remarquez justement que Génération Futures n'est pas neutre. Néanmoins, leur avis est argumenté, puisqu'il se réfère à des limites méthodologiques précises de l'étude américaine sur laquelle vous vous appuyez. Leur prétention à s'en tenir à l'avis du CIRC ne semble pas non plus scandaleuse.

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    4. Il est certain que la priorité de Monsanto n'est pas l'avancement de la science et sa connaissance par le public. Mais je ne vois pas comment le comportement d'un acteur privé « discréditerait » la science. Monsanto ne contrôle pas les publications scientifiques...

      Par contre, je remarque bien que des anti-glyphosate utilisent régulièrement cet argument (la science n'est pas/plus crédible parce que...), et je me demande par conséquent si ce n'est pas *eux* qui tentent de décrédibiliser la science en faisant croire qu'elle serait souillée par l'action de Monsanto. Le problème, c'est que jeter le discrédit sur le travail scientifique a des conséquences très graves, bien au-delà de la question du glyphosate.

      Quant à la « cabale contre Séralini », je ne sais pas exactement ce que vous voulez dire par là, mais il n'y a pas besoin d'une cabale pour expliquer que son étude ne soit pas prise au sérieux : simplement, cette étude est discréditée sur le plan scientifique.

      Par contre, je remarque que, dans les médias, loin de faire l'objet d'une cabale, les affirmations de Séralini ont bénéficié d'une grande indulgence, et même d'un véritable « plan média » lors de la sortie initiale de l'étude (puisque celle-ci a été dévoilée en premier, non dans une revue scientifique, mais dans un hebdomadaire grand public, avec un traitement d'un sensationalisme exceptionnel).

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    5. D'après Google LNH veut dire Ligue Nationale de Hockey.

      Ivan

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    6. Lymphome non hodgkinien ?

      Ivan

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    7. @Ivan oui, LNH = Lymphome non hodgkinien ici.

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    8. @Antoine

      "Monsanto ne contrôle pas les publications scientifiques"

      "Quant à la « cabale contre Séralini », je ne sais pas exactement ce que vous voulez dire par là"

      Il est clair que Monsanto n'a jamais contrôlé l'intégralité de la littérature scientifique... Je n'ai évidemment défendu une telle thèse. Mais Monsanto a escamoté des publications qu'elle avait commandées, lorsque leurs conclusions lui déplaisaient. Et surtout, vous laissez de côté des pans importants du dossier en méconnaissant l'importance des conflits d'intérêts qui ont été à plusieurs reprises signalés, en particulier concernant l'accueil de l'étude de Séralini de 2012, puis son retrait de Food and Chemical Toxicology. Beaucoup de références précises, empruntées aux Monsanto Papers ou à d'autres sources, ont déjà été citées sur ce blog à l'occasion d'autres débats polémiques, par moi (il est vrai anonyme...) ou d'autres personnes. Il faudrait s'y reporter.

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    9. Bon, là vous noyez le poisson. Quand de multiples sociétés savantes critiquent sévèrement l'étude Séralini de 2012, a priori, elles n'ont pas recopié leurs arguments depuis les « Monsanto Papers » :

      https://www.academie-sciences.fr/fr/Rapports-ouvrages-avis-et-recommandations-de-l-Academie/avis-des-academies-nationales-d-agriculture-de-medecine-de-pharmacie-des-sciences-des-technologies-et-veterinaire-sur-la-publication-recente-de.html

      Pour un bon résumé de l'ensemble de l'affaire, on peut aussi lire Sylvestre Huet, journaliste scientifique a priori peu susceptible d'être berné par Monsanto :

      http://huet.blog.lemonde.fr/2018/12/11/ogm-poisons-la-vraie-fin-de-laffaire-seralini/

      Et Huet analyse très bien le blocage en cours sur le débat à propos du glyphosate et/ou des OGM quand il conclut sur « la difficulté à organiser un débat lorsque les participants en ont une vision de combat avec vainqueurs et vaincus ».

      Enfin, si vous voulez vraiment parler conflit d'intérêt à propos de l'étude Séralini 2012, je vous propose de vous renseigner sur l'organisme qui a commandé cette étude, par qui il est financé, et quelles sont par ailleurs les différentes activités de Séralini. Les infos sont sur Wikipédia...

      (j'ai hésité à les recopier ici, mais ça allongerait encore un fil déjà long)

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    10. @Antoine

      Je n'ai pas défendu les conclusions de Séralini ni sa méthode contre toutes les critiques qui lui ont été adressées, mais signalé les conditions de sa mise en cause initiale dans le cadre de ce qui mérite objectivement d'être appelé une cabale orchestrée par Monsanto. Et là aussi toutes les informations sont disponibles en ligne. Je pourrais donc aussi vous accuser de noyer le poisson, si mon but était prioritairement de polémiquer avec vous, ce qui n'est pas le cas, puisque je partage certaines de vos analyses. Je connaissais l'article de Huet. Mais j'ai lu aussi la réponse que le professeur Séralini lui a adressée, dans laquelle il lui reproche à juste titre de ne tenir aucun compte des révélations des Monsanto Papers... Là est le hic.

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    11. Il n'y a de hic que si on considère que les révélations des Monsanto Papers remettent en cause les critiques formulées contre l'article de Séralini. Or, cela n'a pas été démontré. Je ne vois pas, par exemple, en quoi l'avis très sévère des académies que j'ai mentionné ci-dessus est remis en cause par les Monsanto Papers.

      C'est là le fond de mon argument : quelles que soient les turpitudes de certains (Monsanto, Séralini), la science a quand même des choses à dire sur la question du glyphosate, et on ferait peut-être bien de les écouter. À se focaliser sur le « combat » Monsanto vs. Séralini (ce qui relève aussi d'un storytelling journalistique bien commode, car cela permet les titres tapageurs), on oublie le fond du sujet...

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    12. Antoine, c'est vous qui vous focalisez sur Séralini. Vous oubliez que les procédés de manipulation de Monsanto sont antérieurs à l'affaire de 2012.

      Monsanto a escamoté en 1999 un travail du Dr James Parry, réalisé pourtant à sa demande, qui signalait une génotoxicité potentielle du glyphosate d'après des tests in vitro et demandait de plus amples études pour vérifier ces résultats. Seppi, lobbyiste pro OGM et pesticides a prétendu ridiculiser en quelques lignes le travail de Parry en signalant les doutes qu'il avait lui-même exprimés sur ses conclusions (http://seppi.over-blog.com/2017/06/monsanto-papers-comprendre-la-guerre-du-monde-contre-monsanto.html). Tout ce que ses citations de Parry révèlent pourtant, c'est la prudence de quelqu'un qui refuse de tirer des conclusions trop affirmatives d'études en petit nombre et insuffisamment approfondies. Parry n'avait pas prétendu détenir la preuve indubitable de la la génotoxicité du Glyphosate, mais simplement des indices nécessitant un approfondissement de la recherche. On sait désomais par les courriels échangés entre dirigeants et experts de Monsanto ce qu'il en était du point de vue de l'entreprise sur la question : les conclusions de Parry ayant déplu, ils se sont mis en quête d'autres scientifiques à gages. « Nous n’allons simplement pas conduire les études qu'il [Parry]suggère, écrit un cadre de l'entreprise à Mark Martens, le cornac de James Parry. Mark, penses-tu que Parry peut devenir un avocat solide sans mener ces travaux ? Sinon, nous devrions commencer sérieusement à chercher une ou plusieurs autres personnalités avec qui travailler » (https://www.lemonde.fr/planete/article/2017/03/18/ce-que-les-monsanto-papers-revelent-du-roundup_5096602_3244.html).

      Nous savons de plus que la pratique consistant à faire écrire un article par des experts de Monsanto, pour ensuite les revêtir simplement de la signature d'auteurs indépendants, au plus responsables de quelques corrections, remonte au moins à 2000 (Gary M. Williams, Robert Kroes et Ian C. Munro, « Safety Evaluation and Risk Assessment of the Herbicide Roundup and Its Active Ingredient, Glyphosate, for Humans », Regulatory Toxicology and Pharmacology, avril 2000.). Douze ans avant l'affaire Séralini... On comprend mieux que certains puissent ensuite contester l'existence de conflits d'intérêts significatifs.

      Oui, la science a bien des choses à dire sur le glyphosate. À condition que les procédés d'entreprises comme Monsanto ne viennent pas fausser le débat.

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    13. À la relecture, ma formule liminaire est maladroite car je ne voudrais pas donner le sentiment que je me défile après avoir insisté sur l'affaire Séralini. Mais je ne l'ai citée qu'à titre d'exemple des pratiques de Monsanto qui ont faussé le débat scientifique. C'est ce dernier point qui me tenait à cœur, pas la défense de Séralini, ce que j'ai signalé à plusieurs reprises. Et le fait demeure que ces méthodes relevaient d'une pratique ancienne et récurrente de l'entreprise.

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    14. Relisez un peu : je n'ai parlé de Séralini qu'après que vous ayiez invoqué la « cabale montée contre Séralini ».

      Pour le reste, on tourne en rond. Vous vous focalisez sur les turpitudes de Monsanto, au détriment de tout le reste, et notamment du débat de fond sur la nocivité (ou non) du glyphosate.

      Et vous n'avez toujours pas expliqué en quoi les procédés de Monsanto invalidaient les avis émis par les agences sanitaires (qui considèrent très majoritairement que l'utilisation du glyphosate ne présente pas de risque important) et les sociétés savantes (qui ont sévèrement critiqué la soi-disant « étude choc » de Séralini).

      Agiter les « procédés de Monsanto » comme un chiffon rouge n'est pas un argument...

      Quant aux conflits d'intérêts, si le sujet vous intéresse, je vous invite toujours à vous documenter sur le CRIIGEN (organisme dont Séralini est co-fondateur, et qui a commandé son étude), ses objectifs idéologiques, ses sources de financement.

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    15. Je me suis relu sans attendre votre invitation. J'ai répondu à 21:11 à votre remarque concernant la focalisation du débat sur Séralini, en assumant clairement ma part de responsabilité à cet égard.

      Je n'agite pas les turpitudes de Monsanto comme un chiffon rouge ; je constate simplement qu'un débat scientifique qui est à ce point faussé par les manipulations d'un acteur intéressé risque fort de ne plus avoir de scientifique que le nom.

      Dites aussi autant de mal que vous le souhaitez du CRIIGEN. Je peux sans difficulté imiter vos procédés en vous accusant d'agiter le chiffon rouge de la non-neutralité du CRIIGEN, ce qui vous dispense de traiter le débat de fond auquel vous prétendez aspirer.

      Il ne suffit pas de constater que X études consécutives n'ont pu démontrer le caractère cancérogène d'une substance, si ces études sont majoritairement affectées par les mêmes biais méthodologiques et affectées par les mêmes conflits d'intérêts. Il ne suffit pas de signaler la pertinence des critiques adressées à une étude controversée comme celle de 2012 du professeur Séralini, si l'on constate par la même occasion que d'autres études, affectées de défauts similaires et au moins aussi peu conclusives, mais qui ne heurtaient pas les intérêts d'un puissant lobby industriel, n'ont pas fait l'objet de critiques aussi virulentes.

      Effectivement, on tourne en rond si vous persistez à postuler que les interventions de Monsanto dans le débat scientifique sont sans effet. Vous mettez en avant les avis des agences sanitaires comme l'EFSA, en négligeant de rappeler qu'une part significative de la littérature sur laquelle certaines se sont fondées pour innocenter le glyphosate relevait de l'intervention directe ou indirecte du lobby industriel de l'agrochimie. Il s'agit de bien autre chose que des turpitudes d'une entreprise.

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    16. > je constate simplement qu'un débat scientifique qui est à ce point faussé par les manipulations d'un acteur intéressé risque fort de ne plus avoir de scientifique que le nom.

      Vous n'avez toujours pas démontré en quoi Monsanto avait « faussé le débat scientifique ». Répéter une affirmation sans la démontrer ne constitue pas un argument.

      > si ces études sont majoritairement affectées par les mêmes biais méthodologiques

      Là encore, vous répétez en boucle une affirmation nullement démontrée.

      Par exmeple, l'étude épidémiologique américaine portant sur 50000 agriculteurs, suivis sur 20 ans, ne soufre pas de « biais méthodologique » susceptible de conduire à son invalidation. Elle est généralement considérée comme fiable et concluante (sauf par Générations Futures, mais bon, on s'en fiche un peu, vu qu'il s'agit d'un organisme militant et non d'une institution scientifique reconnue : de même qu'on se fiche que quelques climatosceptiques égarés contestent les conclusions du GIEC).

      > Il ne suffit pas de signaler la pertinence des critiques adressées à une étude controversée comme celle de 2012 du professeur Séralini, si l'on constate par la même occasion que d'autres études, affectées de défauts similaires et au moins aussi peu conclusives

      Vous devriez faire preuve d'un peu plus d'humilité. Les autorités sanitaires qui ont autorisé le glyphosate sont mieux armées que vous pour savoir si les études qu'elles examinent sont affectées de défauts rhédibitoires ou non.

      En fait, comme vous êtes obligé d'admettre que l'étude Séralini est discréditée, vous vous êtes résolu à essayer de discréditer les *autres* études scientifiques, afin d'obtenir en quelque sorte un ex aequo. Eh bien, désolé, mais non : les études effectuées sur le glyphosate sont nombreuses (forcément, c'est un des produits phyto-sanitaires les plus utilisés) et il n'y aucune raison de penser que la majorité d'entre elles seraient à jeter à la poubelle.

      > Effectivement, on tourne en rond si vous persistez à postuler que les interventions de Monsanto dans le débat scientifique sont sans effet.

      Vu que nous n'avez pas démontré le contraire, je ne vois pas pourquoi j'arrêterais. C'est vous qui « postulez » un effet : c'est à vous de démontrer qu'il existe.

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    17. Je n'ai pas démontré en quoi Monsanto a faussé le débat scientifique ? Ok, vous vous moquez du monde, je sais mieux à qui j'ai affaire... J'ai donné un échantillon suffisamment précis des pratiques de Monsanto ici : http://www.gaullistelibre.com/2019/04/monsanto-revelateur-de-lunion-europeenne.html?showComment=1555959551901#c7014196790556568654. J'aurais pu citer bien d'autres exemples, car le dossier est énorme, mais à quoi bon ? Dès lors que l'on considère comme vous que des pratiques récurrentes de ghostwriting n'affectent en rien la production scientifique, tout va bien.

      L'étude de Séralini est discréditée ? C'est une certitude que vous mettez en avant comme un fait démontré, alors qu'il ne l'est pas. J'ai exprimé un accord avec vous sur le caractère contestable du sensationnalisme qui a entouré la publication de Séralini et sur la faiblesse de ses conclusions. Pas davantage. L'exposé des motifs ayant conduit Food and Chemical Technology à retirer l'étude publiées précisait qu'il n'était reproché aux auteurs ni fraude, ni mauvaise interprétation des données, mais seulement des résultats non conclusifs, du fait de la variété de rats utilisée et du nombre de spécimens par groupe (https://www.elsevier.com/about/press-releases/research-and-journals/elsevier-announces-article-retraction-from-journal-food-and-chemical-toxicology). 10 rats par groupe, de la souche Sprague-Dawley, n'auraient pas permis d’atteindre une puissance statistique conclusive suffisante pour établir un lien entre OGM et cancer. Il se trouve que le mot cancer n'apparaissait même pas dans l'étude... De plus, lorsque des auteurs comme Hammond (2004) ou Wang (2014) ont sorti des travaux concluant par contre à l'innocuité des OGM, sur la base de groupes témoins de rats de la même souche et en même nombre, FCT n'a fait aucune difficulté pour les publier !

      À la question de savoir si les autorités sanitaires qui ont autorisé le glyphosate sont mieux armées que moi pour juger si études qu'elles, je réponds simplement : quelles autorités sanitaires ? EFSA ou CIRC ? Vous me reprochez de ne rien démontrer sur la base d'un argument d'autorité appuyé sur des conclusions dont certaines ont été très sévèrement critiquées. J'avais déjà signalé à une autre occasion que l'agence européenne avait occulté les résultats de plusieurs études concluant à l'influence du glyphosate sur le développement de tumeurs maignes : sept études à long terme sur 12, alors que le règlement de l'EFSA la contraint à déclarer cancérogène une substance si seulement deux études concordantes signalent son rôle dans le développement de tumeurs (https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-29532-glyphosate-cancer-global2000.pdf). Je rappelle qu'il a fallu un récent arrêt (7 mars 2019) de la Cour de Justice de l'Union Européenne pour contraindre l'EFSA à divulguer les études qui lui ont permis de conclure, en novembre 2015, que l'herbicide glyphosate ne présentait pas de risque cancérogène (https://www.actu-environnement.com/ae/news/cour-justice-europeenne-efsa-acces-etudes-cancer-glyphosate-33034.php4). Et quel était le motif invoqué par l'EFSA pour refuser une telle publication ? L'intérêt commercial des entreprises concernées aurait pu s'en trouvé lésé...

      Merci pour la leçon d'humilité et de méthodologie scientifique, de la part de quelqu'un qui brandit essentiellement l'argument d'autorité et ne connaît guère le dossier qu'il traite. J'ai bien ri.

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    18. Juste un complément pour montrer ce que valent vos illusions sur la manière dont sont élaborées les conclusions des autorités sanitaires sur un sujet précis, comme sur leur indépendance vis-à-vis des industriels de la filière agrochimique. Stéphane Horel, spécialiste du lobbying, explique ainsi comment le rapport de l'EFSA de 2015 a été alimenté (https://www.lexpress.fr/culture/lobbies-mode-d-emploi_2039177.html) :

      « Les agences réglementaires travaillent à partir des études toxicologiques financées et fournies par les industriels respectant les "bonnes pratiques de laboratoire", ainsi qu'à partir d'une sélection d'études issues de la littérature scientifique. Or, ce sont les industriels qui fournissent également cette matière. Certes, l'EFSA donne des instructions aux industriels sur la façon de faire leur choix dans ce corpus, mais ces recommandations consistent à dire aux firmes : "si vous considérez des études comme non fiables, il suffit que vous nous en donniez un résumé". Mais sur quels critères l'EFSA considère-t-elle qu'une étude est "fiable" ? Eh bien, ces critères reviennent de facto à éliminer les travaux universitaires indépendants non financés par des industriels pour ne conserver que les études "bonnes pratiques de laboratoire"! Quand Monsanto a présenté son dossier de ré-homologation du glyphosate, la plupart des études négatives pour leur produit étaient ainsi présentées sous une forme résumée. Et l'EFSA a copié-collé cette partie du dossier de Monsanto dans son propre rapport avant d'arriver à la conclusion que l'on sait. ».

      « Les autorités sanitaires qui ont autorisé le glyphosate sont mieux armées que vous pour savoir si les études qu'elles examinent sont affectées de défauts rhédibitoires ou non. ». Cette formule est de vous. Et cela révèle que vous confondez croire en la science et croire, contre la prudence épistémologique la plus élémentaire, tout ce qu'une institution scientifique dotée d'une certaine autorité est à même d'affirmer. Vous ne vous donnez même pas la peine d'examiner les reproches argumentés qui ont été adressés, par d'autres scientifiques, aux conclusions d'une agence comme l'EFSA. Il n'y a rien de plus antiscientifique que cette suspension de l'esprit critique.

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    19. Oui, ben, le problème de votre argumentaire, c'est toujours que vous ne voulez pas voir que les études sur le glyphosate existent, qu'elles sont nombreuses, et qu'en général elles conduisent à la conclusion d'un effet faible à inexistant.

      L'étude épidémiologique US réalisée sur 50000 agriculteurs, par exemple, existe, elle est concluante, et elle n'est pas « ghostwritée » par Monsanto à ce que je sache.

      Quant à votre tentative de prétendre que l'étude Séralini ne serait pas si discréditée que ça, j'ai l'impression de parler à un climatosceptique qui me vanterait une théorie de Vincent Courtillot. Si six Académies publient un avis conjoint pour détailler les graves reproches qu'elles font à cette étude, j'ai un peu plus tendance à les croire qu'à un commentateur anonyme qui poste dans un forum politique.

      Vous allez me répéter que c'est un argument d'autorité : je vous répondrai que je m'en fiche, que c'est une heuristique tout à fait raisonnable, vu que ni vous ni moi ne sommes spécialistes sur le sujet, et que toute analyse « personnelle » (ou repompée d'une quelconque brochure militante) a beaucoup plus de chances d'être erronée.

      Et je vais laisser là, tant il est évident que la seule chose qui vous anime ici est d'affirmer cette vision complotiste du monde avec un Monsanto qui tire les ficelles. Or, il ne sert en général à rien de discuter avec les gens qui ont ce genre de passion.

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    20. @Antoine

      Vous dites « par exemple » à propos de l'étude épidémiologique américaine dans le cadre de l'Agricultural Health Study ("Glyphosate Use and Cancer Incidence in the Agricultural Health Study", Journal of the National Cancer Institute, Volume 110, Issue 5, May 2018) mais vous ne citez en fait qu'elle depuis le début de la discussion... Cela serait comique si le sujet n'était aussi sérieux. Lorsque je vous rappelle, en citant mes sources, que la décision de l'EFSA, dont les défenseurs du glyphosate ont fait des gorges chaudes, est très largement fondée sur l'analyse d'un dossier fourni par la Glyphosate Task Force, ce sont des faits documentés, pas des rumeurs complotistes. Votre accusation de complotisme est pathétique au regard des données que j'ai fournies.

      Les études sur le glyphosate existent, sont nombreuses, et en général conduisent à la conclusion d'un effet faible à inexistant, dites-vous. Tout est dans ce « en général ». À partir du moment où les études sont pour un grand nombre orientées par Monsanto (j'en ai cité les preuves fondées sur l'analyse des courriels de l'entreprise), ou occultées dans la documentation à laquelle ont accès les agences sanitaires (cas de l'EFSA, voir l'enquête de S. Horel), la formule perd toute signification. Des études importantes, non prises en compte dans le dossier sur lequel a statué l'EFSA, ou seulement sous la forme de résumés fournis par la Glyphosate Task Force, ont été ignorées par cette institution, alors qu'elles allaient dans le sens d'une mise en cause du gyphosate.

      « Si six Académies publient un avis conjoint pour détailler les graves reproches qu'elles font à cette étude, j'ai un peu plus tendance à les croire qu'à un commentateur anonyme qui poste dans un forum politique ». Dommage que vous ne soyez pas plus exigeant en ce qui concerne vos sources. L'article de https://www.pseudo-sciences.org que vousavez cité pour sa liste d'avis d'autorités sanitaires se réfère, entre autres, au rapport de 2015 du Bundesinstitut für Risikobewertung, mandaté pour préparer le travail de l'EFSA. Le rapport de l'EFSA découle donc pour l'essentiel de celui établi par l'institut allemand, alors que l'article d'Hervé Le Bars affecte de les considérer comme différents. Or, il est établi que l'essentiel du travail du BfR a consisté à recopier ou paraphraser le contenu du dossier d’homologation du glyphosate transmis par la Glyphosate Task Force (https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/01/15/glyphosate-l-expertise-de-l-ue-minee-par-le-plagiat_5409233_3244.html).

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    21. Suite...

      Non seulement les entreprises de la GTF ont influencé la littérature scientifique sur le glyphosate, mais ils ont pesé de manière déterminante sur les conclusions d'institutions comme le BfR et l'EFSA en leur fournissant une part essentielle de leur documentation, dans les conditions d'objectivité scientifique plus que douteuses que j'ai signalées. Cela revenait à leur dicter leurs conclusions. Je note que le BfR est cité 6 fois dans l'article de Le Bars et l'EFSA 25 fois. Soit 31 références à des institutions qui ont en fait tiré les conclusions de leurs rapports du même document, le rapport d'homologation du glyphosate fourni par Monsanto et ses amis… Je ne reproche pas à Hervé Le Bars d’avoir falsifié les faits, mais d’avoir présenté les décisions de diverses autorités sanitaires sans jamais s‘interroger sur leurs conditions de production. Vous commettez la même erreur.

      Vous ne prenez pas non plus en compte la portée très limitée de certains de ces avis. C'est le cas de l'étude conjointe de la FAO et de l'OMS, dont les conclusions exonérant le glyphosate de toute carcinogénéité portent exclusivement sur les conséquences du régime alimentaire. Encore ont-elles été présentées avec une prudence toute particulière par un responsable de la FAO : "It is not a general conclusion because anything beyond the diet was not in our mandate. It remains less clear what the situation is with occupational exposure. My personal assessment is that it is a very complex puzzle and we are adding more and more pieces to it, but it is not necessarily complete yet." (https://www.theguardian.com/environment/2016/may/16/glyphosate-unlikely-to-pose-risk-to-humans-unwho-study-says). Si vous me soutenez que dans l'état actuel de la recherche, le risque de développer un cancer dû au glyphosate via l'alimentation ne semble pas avéré, je me garderai de le contester.

      Sauf que la recherche sur ce sujet n'est pas close et en voici une preuve toute fraîche. En février 2019, une nouvelle étude américaine s'est intéressée aux travaux déjà publiés sur le glyphosate entre 2001 et 2018, en se concentrant sur les groupes de personnes particulièrement exposées (jardiniers, agriculteurs, etc.) et les a croisées avec les résultats des expériences réaliséesen laboratoire sur des animaux (https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1383574218300887?via%3Dihub). Les résultats sont que le lien entre glyphosate et lymphome pourrait être nettement plus fort que ce que pensaient précédemment les chercheurs, soit un risque accru de 41% de développer la maladie, en cas d'exposition significative et régulière au produit.

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  3. Prétendre que ceux qui contestent la dangerosité du glyphosate sont stipendiés par Monsanto, c'est vraiment au ras des pâquerettes. De plus, Monsanto n'est pas la seule société à vendre des produits à base de glyphosate.

    Par ailleurs, le savant Herblay pourrait il nous assurer que les autres pesticides utilisés, y compris "bio", sont moins dangereux que le glyphosate ?

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  4. Les diatribes d'Herblay ne sont pas fondées sur la science, mais sur sa volonté propagandiste anti UE et Monsanto systématique.

    Pourquoi ne s'acharne t il pas sur les autres pesticides que le glyphosate ? Il ne le dira jamais...

    Non seulement les pesticides bio sont potentiellement dangereux pour la santé des agriculteurs et pour l’environnement, mais en plus ils sont parfois moins efficaces que les pesticides de synthèse, qui profitent des progrès en agronomie et en génie chimique. Puisque l’agriculture conventionnelle a aussi la possibilité d’utiliser des pesticides naturels lorsqu’ils sont compétitifs, le bio qui lui s’impose des contraintes probablement inutiles se retrouve avec des pesticides moins efficaces

    https://sciencepop.fr/2016/10/11/les-pesticides-de-l-agriculture-bio-une-verite-qui-derange/

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  5. Les riches font une guerre contre la classe moyenne europeenne. Par une education bidon qui formate a leur ideologie progressiste, la nourriture (Monsanto et autres produit cancerigenes...), les vaccins (aluminium), l'austerite et les impots

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    1. Vous avez oublié les pertubateurs endocriniens, les compteurs Linky, les Young Leaders et les franc-maçons...

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