mardi 10 novembre 2020

Les angles morts de la défaite étriquée de Trump

Bien des commentateurs politiques sont rassurés. Après des premiers résultats inquiétants, finalement, le gentil Biden a fini par l’emporter sur le méchant Trump. Mais ce résumé trop courant est un peu court. Déjà, cela occulte le fait que Biden a gagné sur le fil, puisque ce sont seulement les 73 000 voix d’écart en Pennsylvanie, Arizona et Géorgie qui ont fait basculer l’élection.

 


La petite victoire des métropoles sur la périphérie

 

Même s’il finit avec un peu plus de 300 grands électeurs, comme Trump en 2016, Biden a lui aussi obtenu son mandat avec une marge infime. En 2016, ce sont 77 000 voix de plus en sa faveur qui avait permis à Donald Trump de l’emporter sur Hillary Clinton dans le Minnesota, le Wisconsin et le Michigan. Quatre ans plus tard, l’écart n’est pas moins ténu, puisque Biden l’emporte d’à peine 73 000 voix en Pennsylvanie, en Arizona et en Géorgie, faisant basculer l’élection. Trump n’a été battu que sur le fil par son opposant, point largement ignoré par des médias trop souvent aveuglés par leur détestation. Certes, Trump n’a pas totalement démérité cette attitude, mais trop de journalistes ont finalement adopté une attitude très trumpienne pour couvrir le locataire de la Maison Blanche.

 

Bien sûr, Biden gagne le vote populaire encore plus largement que Clinton, pulvérisant le record d’Obama de 2008, avec plus de 75 millions de voix, contre 69 à celui dont il était le vice-président. Néanmoins, le système électoral étasunien étant ce qu’il est, malgré l’écart sur les grands électeurs, l’élection s’est jouée sur moins de 100 000 voix ! Point pas toujours souligné, Trump a réussi à gagner 8 millions de voix en 4 ans (contre près de 10 pour Biden par rapport à Clinton), obtenant le deuxième plus grand nombre de voix de l’histoire, avec 71 millions d’électeurs. Le trumpisme sort peut-être renforcé dans l’opinion publique étasunienne, avec cette défaite électorale au cordeau, et même s’il a été aussi le principal, pour ne pas dire le seul, moteur du vote Biden, poussant la participation à un record.

 

Cette victoire étriquée de Biden en dit long. D’abord, cela signifie que sans coronavirus, il aurait été balayé par le président sortant. Et ce n’est pas Biden qui a gagné, mais Trump qui a perdu en mobilisant une petite majorité contre lui. Et pour qui prend encore plus de recul, cela montre qu’aux Etats-Unis, même avec sa gestion très chaotique de la crise sanitaire et tout le reste, le trumpisme est très fort, et à peine minoritaire dans les urnes. Cela peut sembler inconcevable vu de France, où Trump a une image désastreuse, mais cela signifie que le phénomène est très mal compris. La ligne de Trump, que ce soit sur la crise sanitaire ou son approche du débat, a plu à une partie de l’électorat. Certains ont trouvé une clé de compréhension dans la répartition géographique des votes lors de cette élection : les métropoles ont presque toutes voté Biden quand Trump domine très largement dans les campagnes.

 

En somme, cette élection est la version étasunienne de la fracture entre les métropoles et la périphérie théorisée par Christophe Guilluy, qui semble au moins aussi bien s’appliquer outre-Atlantique que dans l’Hexagone, comme le montrent les cartes. Et cette fracture n’a pas été créée par Donald Trump. Le lien de cause à conséquence est inversé en réalité. C’est parce qu’il y avait cette profonde fracture entre des métropoles libérales qui tirent davantage profit de la globalisation et une périphérie qui en voit d’abord tous les inconvénients (délocalisations, baisse du pouvoir d’achat, disparition du service public) que Trump a pu émerger et gagner. Pour cela, il a fallu qu’il réalise l’incroyable tour de magie de se présenter, lui, l’héritier milliardaire new-yorkais héros de téléréalité, comme le candidat de cette majorité silencieuse, rurale, appauvrie, précarisée, et méprisée par les élites métropolitaines.

 

Trump n’est que la conséquence des politiques suivies par ses prédécesseurs depuis quatre décennies. Obama, comme Clinton, n’a rien fait pour réduire la fracture sociale béante qui s’est créée, se limitant en 2009 à aider les banques, en oubliant les millions de ménages qui ont perdu leur maison. Même si Trump ne s’est pas totalement imposé auprès des classes populaires, il a profondément rééquilibré leur vote, auprès des électeurs blancs notamment. Et sa politique contre l’immigration a joué un rôle décisif dans la progression des bas salaires sous son mandat, comme même The Economist a été contraint de l’admettre. Bien sûr, sa politique fiscale a été révoltante, et le personnage, égocentrique, excessif a des limites que même une partie non négligeable de son électorat reconnaît.

 

Mais quelle politique mènera Biden ? Heureusement, il a su évoluer sur le salaire minimum ou la fiscalité. Mais le centriste qu’il est, comme Kamala Harris, saura-t-il vraiment infléchir ces politiques qui fracturent socialement les Etats-Unis ? Si la forme sera posée et calme, cela pourrait cacher une poursuite des politiques antisocales menées depuis si longtemps. En outre, ce n’est pas le coût totalement extravagant de cette campagne, où, toutes élections comprises, plus de 10 milliards de dollars ont été dépensés, qui va affaiblir le lien avec des intérêts particuliers qui attendront sans doute un retour de la part des candidats qu’ils ont financés. La victoire de Uber & Co en Californie, achetée 200 millions, pour protéger son modèle d’affaire, est à ce titre plutôt inquiétante ! En outre, les démocrates ne se sont pas moins montrés perméables que les républicains aux intérêts du monde des affaires…

 

Enfin, la polarisation extrême de cette campagne, où une grande partie des élites a pris fait et cause contre Trump, pourrait bien pérenniser le trumpisme, comme le soutient Alexandre Devecchio. Il est effarant que les chaines de télévision aient carrément coupé l’intervention de Trump : elles pouvaient parfaitement contredire les propos qu’elles jugent mensongers dans un second temps. De même, il est assez troublant que Twitter et Facebook aient jugé bon de censurer une vidéo du président en exercice. Le trop grand unanimisme des élites est probablement un mauvais calcul devant le faible écart entre les deux candidats, car cela ne fera que renforcer le camp Trump, qui pourra pointer la partialité de tous les autres, et notamment les prévisionnistes, qui se sont bien trompés…

 

Dans ce climat de guerre civile démocratique, probablement en minorité au Sénat, la présidence Biden ne démarre pas sous les meilleurs auspices, par delà les accusations de fraude du camp adverse, difficiles à juger. Il semble bien mal équipé pour réduire la grande fracture de son pays. L’apaisement, la modération et le cool ne seront pas suffisants. C’est après 8 ans d’Obama que Trump l’avait emporté…

23 commentaires:

  1. Vous oubliez que le système électoral US est largement favorable aux rednecks trumpistes par rapport à ceux qui habitent les grandes villes. Eh ouais un vote n'a pas la même valeur selon l'endroit où l'on habite aux USA, ce qui est tout à fait inique. Malgré ça, Biden l'a emporté, ce qui a l'air de vous déplaire.

    Vous vous gardez bien d'en parler avec votre Christophe Guilluy.

    C'est comme si un votant de la Creuse valait plus qu'un votant de Lyon.

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    1. On a bien compris que pour toi, un habitant du Wyoming, de l'Idaho ou du Montana est méprisable, au même titre que tu méprises ceux de la Creuse ou de la Meuse...
      Le parfait bobo qui s'imagine que vivre hors-sol sur le bitume, dans les quartiers de Lyon où sévissent les Lussault et autres, ça rend intelligent...

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    2. On dirait que certains oublient que le système électoral d'un pays est le produit de son histoire. On vote aux States en semaine parce qu'il fallait à une époque utiliser la dilligence pour aller voter. Quant au système des grands électeurs, il fut pensé dans un pays méfiant concernant le pouvoir central comme un moyen d'éviter que les intérêts des petits états soient bafoués par la majorité. je n'aime pas ce système mais c'est leur histoire. Un peu comme la fracture entre un côtier démocrate et un centre républicain est le produit de la géographie.

      JZ

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  2. @ Troll énervé

    Je ne l'oublie pas. Je souligne au début du papier que "le système électoral étasunien étant ce qu'il est", en renvoyant vers un papier qui l'explique en détail. Après, c'est le choix des USA : libre à eux d'élire leur président comme ils le souhaitent. Je n'apprécierai pas qu'ils donnent leur opinion sur notre mode d'élection.

    Et je souligne aussi que Biden a largement gagné le vote populaire. Aucune conclusion ne pouvait me plaire ici.

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    1. Mais arrêtez, je suis pas énervé, je signale simplement que vous minorez la performance de Biden dans système électoral complètement inéquitable.

      Trump est une raclure et c'est très bien qu'il soit viré de la WH.

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    2. Si Trump est une raclure, comment appeler nombre de politiciens corrompus et inefficaces ou dangereux de l'autre camp ? Si Trump était à l'origine de scandales comparables à ceux que l'on peut attribuer aux Clinton, ou d'une opération de même niveau que le complot qui a conduit à la deuxième guerre du Golfe (le mythe des armes de destruction massive), comment le qualifierait-on ?

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    3. @ Troll

      La performance de Biden est extrêmement médiocre face à un tel président. Il s’est contenté de sourire, de suivre le vent et de compter sur l’opposition extrêmement forte que suscite Donald Trump. Son résultat est d’autant plus médiocre que la satisfaction à l’égard de Trump dépassait à peine 40%, alors que ce dernier a réussi à réunir plus de 47% des suffrages. Il n’a même pas su autant mobiliser les opposants au président sortant que ce dernier a mobilisé sa base.

      Trump a suffisamment de défauts pour ne pas tomber dans l’insulte. Ce faisant, vous faites presque pire que lui. Et comme le pointe l’anonyme, au moins, ce sera le seul président depuis longtemps à ne pas avoir lancé une opération militaire.

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    4. "ce sera le seul président depuis longtemps à ne pas avoir lancé une opération militaire."

      N'importe quoi ! Vous êtes nul de chez nul.

      Il a fait assassiner en janvier dernier un général iranien et foutu en l'air les efforts internationaux engagés pour empêcher l'Iran de se doter de l'arme atomique. Ce faisant il a failli plonger toute la région dans une guerre totale, renforcé la main des durs en Iran et aggravé les conditions de vie de millions d'Iraniens.

      Il a soutenu activement la guerre criminelle menée par l'Arabie saoudite et les EAU au Yémen.

      Il soutient activement la politique d'annexion de l'extrême droite israélienne ce qui ne manquera pas de faire exploser la violence dans la région.

      Il s'est opposé à tout effort pour sortir le Venezuela de la profonde crise où il est plongé. Aggravant ainsi l'énorme drame humanitaire que subit la population venezuelienne.

      Il a soutenu le coup d'Etat en Bolivie. Il est aussi directement responsable de l'aggravation majeure de la situation humanitaire à Cuba et en Amérique centrale.

      Par ailleurs en lâchant la population du Belarus, les Syriens... il est directement coresponsable des drames que subissent ces peuples.

      Enfin la destruction du système multilatéral, et notamment de l'OMS et de l'accord de Paris, est criminelle et risque d'entraîner beaucoup plus de morts que nombre de guerres.

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    5. D'accord sur bien des points (sur l'Iran, le Yemen, dont j'ai parlé sur le blog, Israël ou le Vénézuela). Sur la Syrie ou le Belarus, pas d'accord en revanche. Mais je constate qu'il n'a pas démarré une nouvelle opération militaire terrestre, contrairement à tous ses prédécesseurs. Je n'ai jamais dit que son bilan sur la scène internationale était bon.

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    6. Trump est une merde, il a favorisé l'extrême droite US, la vente des armes de guerre aux US, que cette merde aille pourrir dans les poubelles de l'histoire.

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  3. Est-ce que l'erreur de Trump ne serait pas d'avoir libéralisé à outrance pour favoriser les fonds de pensions afin d'augmenter les petites retraites des américains ?

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    1. @ CGrotex

      Beaucoup d’erreurs à mon sens : il n’a pas été assez dur commercialement, notamment avec la Chine, ce qui aurait pu convaincre de nouveaux électeurs. Il y a quand même eu un sacré écart entre les mots et les mesures, pas si dures que cela. Pour sceller la réconciliation des Républicains avec les classes populaires, il aurait été bien inspiré de suivre l’exemple de BoJo et monter significativement le salaire minimum.

      Enfin, mais j’ai sans doute le biais d’un Français de ma condition, je l’ai trouvé très peu pédagogue sur sa position dans la crise sanitaire. Un papier de Laure Mandeville dans le Figaro expliquait très bien que sa position (pas de confinement pour préserver l’économie) était probablement plus étasunienne que la position de Biden, plus européenne. Même si cela était implicite, j’ai l’impression que mieux expliquée (ce qui n’est pas son fort) et avec moins d’outrances, il aurait pu convaincre le marais politique du pays.

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  4. Bien que J. Biden ait remporté les élections, de façon pas si étriquée que cela tout de même, de mon point de vue, il reste un président élu par défaut voire dépit. Croire que la parenthèse D. Trump est fermée définitivement est une illusion. D.Trump est arrivé à la tête d'un pays qui était déjà fracturé. Il n'a fait qu'agrandir cette fracture et il s'est payé le luxe de théoriser cette fracture. J.Biden a rassemblé large, son camp (qui s'est bougé un peu plus le c**** qu'il y a 4 ans), des militants écologiques qu'il va contenter en signant les accords de Paris et les appliquera comme il voudra et surtout comme on lui permettra, des Black Lives matter mais J.Biden ne règlera un problème plus que centenaire aux USA en 4 ans et à lui tout seul, des anti-violences policières sauf que le système policier américain n'a rien à voir avec un système à la française, il se retrouvera confronter aux états, aux maires des villes, aux comtés etc...
    Si en plus on prend en compte un Sénat républicain....
    Par ailleurs, les forces qui ont poussé D. Trump ne vont pas rentrer à la maison comme cela. Et puis à mon sens, il y a la question de la communauté latina qui s'est montrée dispersée dans son vote.
    C'est pas gagné !
    Sylvie

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    1. Bonjour Sylvie,

      Content de vous relire !

      Ok avec l'ensemble de votre post.
      Juste une question : pourquoi y-a-t-il une question communauté latina ?

      Bonne journée
      L'Anonyme du jour

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    2. Heeehhhhhh ! Salutations l'Anonyme du jour -_-

      Question communauté latina : parce que beaucoup ont été surpris par la répartition de leur vote pour ces élections. Ils ne se sont pas tous précipité dans le camp de J. Biden. Alors il y a toujours la communauté cubaine, pro-républicain en majorité car anti-castriste mais la communauté latina n'est pas aussi homogène qu'il n'y paraît. Certes, la langue espagnole et une conscience latina par rapport la conscience anglo-saxonne mais la communauté latina aux Etats-Unis se répartit en majorité entre Cubains, Porto Ricains, Guatémaltèques, Mexicains, Salvadoriens et Dominicains. Entre ceux qui sont descendants des peuples Indiens, les descendants des esclaves noirs, les mulâtres et les descendants européens...tous n'ont pas la même origine. Sans compter l'histoire politique du pays d'origine avec une présence USA très forte pour certaines (et pas nécessairement dans le bon sens). De plus, c'est LA communauté aux USA car c'est la 1ère communauté en terme de nombre et en très forte progression alors que la communauté Afro-américaine a connu un recul et stagne. La trajectoire de la communauté latina n'est pas la même que celle de la communauté noire. Et pour cause car leur histoire et leur base ne sont pas les mêmes. Enfin, l'influence des évangélistes est en forte progression en Amérique latine et cette influence est confortée par les liens et les mains tendues de D. Trump envers ces groupes lors de ses campagnes et de son mandat.
      A bientôt
      Sylvie

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    3. Pour apporter mon complément, lu dans The Economist : les latinos sont plutôt bien intégrés et peuvent ne pas apprécier le discours des démocrates qui les placent dans un statut de minorité opprimée. En outre, beaucoup sont conservateurs sur les questions de société. Et une partie non négligeable est alignée avec la politique migratoire restrictive de Trump.

      Ravi de vous revoir Sylvie. Les échanges apaisés et constructifs, c'est quand même autre chose...

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    4. Merci Laurent pour cette précision...essentielle !
      J'ajouterai à votre propos que les Latino.as sont certes Mexicain.es, Porto Ricain.es etc...mais pour eux ils sont aussi A.M.E.R.I.C.A.I.N..E !!!! Pour eux être américain.e ce n'est pas seulement être né.e aux USA c'est être né.e dans le continent américain. Donc ils ne se voient pas comme une minorité et goutent peu ce qualificatif. Pour beaucoup l'histoire américaine ne commence pas par la Révolution américaine de 1776 mais par la découverte du continent par Christophe Colomb et l'exploration du continent par les explorateurs portugais, espagnols, anglais, français, néerlandais etc...

      Bonne soirée
      Sylvie -_-

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  5. Vous avez raison sur le phénomène Trump très bien expliqué (par anticipation) par C. Guilluy. Le problème est que les USA périphériques (ou France ou Italie ou beaucoup d'autres pays) se choisissent des champions absolument déplorables (Trump, Le Pen, Salvini,...) guidés seulement par l'opportunisme. Ils empêchent les vrais champions d'éclore, ils stérilisent le champ politique. Imaginez Le Pen aux manettes en France ! Ce serait une cata mémorable. Qui d'autre voyez-vous, qui d'autre ?

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  6. C'est effarant que Guilluy ne soit pas davantage invité : entre les Gilets Jaunes, le Brexit et Trump, il avait tout anticipé, et on peut parier que ce qui se passent en Italie ou en Espagne est probablement proche.

    Le problème des champions, c'est qu'ils sont aussi poussés, en France en tout cas, par le système. Mitterrand a poussé Le Pen au début des années 1980, l'instrumentalisant pour affaiblir la droite.

    Après, malheureusement, de bons champions n'ont pas réussi à percer le mur. Je pense à Séguin, ou Chevènement en 2002. C'était peut-être trop tôt. Qui d'autre, j'avoue qu'en ce moment, la question n'amène pas encore de réponse. Une Natacha Polony pourrait peut-être, mais je crois qu'elle ne souhaite pas faire de politique.

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    1. @LH:
      Selon moi un candidat anti-système ne peut hélas passer que s'il donne des gages aux milieux d'affaires. C'est le cas des extrême-droite pro-buisiness autrichiennes et néerlandaises. Et Trump et Farrage ne faisaient pas peur au monde des affaires car ils en faisaient partie. Je rajoute que, dans le cas français, la peur des retraités de voir leurs pensions non payées à cause de déséquilibre démographique les pousse vers des candidats libéraux.

      JZ
      JZ

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    2. C'est juste, les candidats antisystèmes qui s'imposent sont assez systématiquement en partie de faux populistes, qui ne remettent pas vraiment en cause la direction politique habituelle. Trump en est un bon exemple avec sa politique fiscale à la Reagan / Bush Jr. Il faut noter que MLP accentue son éloignement des politiques alternatives, avec une interview récente très compatible avec le système dominant...

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  7. Cher LH,

    J'ai quand même lu des médias américains pro-démocrates déclarer que le résultat était un second camouflet pour les sondages, rappelant que Bidden était donné largement gagnant au Texas. Faut-il y voir un effet Le Pen père de non-déclaration, même dans des fiefs républicains ? L'idée de parenthèse refermée est plutôt du côté des électeurs démocrates, des médias télévisuels et des réseaux sociaux et des médias européens, pas des commentateurs ricains de presse. Les titres de presse aux States évoquaient ainsi plutôt un pays coupé en deux qu'un triomphe démocrate. Globalement, les sondages ont été perçus comme justes concernant les suffrages exprimés mais pas par Etat (alors même qu'un Etat ricain a une population plus proche de la France que de l'Inde et que les instituts locaux ont sans doute plus de moyens que les instituts français).

    Avec Bidden je ne vois pas de grand changement de politique économique car, si les monde des affaires a ses entrées à l'Elysée, aux States il fait les chèques aux candidats. En politique étrangère... L'Europe sera rassurée en apparence après un prez qui demandait aux alliés de l'OTAN de payer leur défense eux-mêmes. Il pourrait y avoir le retour de "délégation de guerre" de la période Obama (lorsque les alliés Sarkozy et Cameron faisaient la guerre en Lybie). Sur le Proche-Orient je vois une période d'immobilisme. Je vois aussi un retour de posture revancharde vis-à-vis de la Russie. Et par contre un apaisement économique avec la Chine et avec Berlin.

    JZ

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  8. Cher JZ,
    En effet, il semble qu'il y ait eu un effet de sous-déclaration, moins compréhensible qu'en 2016 puisqu'il y avait un historique. Je pense qu'ils ont également sous-estimé la mobilisation de son électorat, probablement plus forte que celui de Biden (point que j'avais évoqué dans mon fil le 3 matin). Ipsos, beaucoup plus prudent que les autres instituts (50% courte victoire Biden, 30% vague bleue, 20% courte victoire Trump), avait insisté sur le fait que la "marque Biden" manquait grandement d'aspérité, contrairement à Trump. Je pense en effet que le pays est coupé en deux et que le balancier peut facilement basculer de l'un à l'autre, même en cas de candidature Trump en 2024.

    Peu de changements à prévoir dans le fond sans doute pour l'avenir, même si la forme va changer.

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