samedi 6 février 2021

L’effarant déni du fiasco vaccinal européen de Macron

C’était la surprise de mardi. Après une réunion de « mobilisation sur la vaccination » avec les laboratoires à l’Élysée, Macron s’est exprimé une dizaine de minutes sur TF1. Mais la mise en scène d’un président au travail était aussi artificielle que contradictoire avec sa défense de la stratégie vaccinale de l’UE, dont le fiasco est éclatant, notamment par rapport à la Grande-Bretagne.

 


La nocivité de l’UE au grand jour

 

En effet, les chiffres et les faits sont implacables concernant la vaccination. Cette semaine, la Grande-Bretagne a dépassé le cap des 20% de la population adulte vaccinée et des 10 millions de vaccinés. Une grande partie des personnes à risque a déjà passé la première étape, ce qui permet de penser que fin février, outre-Manche, le niveau de protection procuré par la vaccination sera déjà très significatif. Le contraste avec la situation de l’UE est saisissant. L’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne ensemble ont vacciné à peine plus de 8 millions de personnes, autour de 3% de leur population, avec notre pays en queue de peloton, un des pays qui utilise le plus lentement au monde les doses de vaccins reçuesLes États-Unis en sont déjà à 34 millions de doses administrées. Boris Johnson et Trump ont été bien plus efficaces pour vacciner leurs peuples que les dirigeants de l’UE…

 

Macron aurait pu en partie s’exonérer de ce fiasco en demandant des comptes à l’UE. Il aurait pu par exemple réclamer la démission des responsables de approvisionnement en vaccins à la commission : le contraste entre la situation de l’UE et celle des États-Unis ou de la Grande-Bretagne sur ce dossier est trop grand pour ne pas réagir. L’UE a été beaucoup trop lente, passant ses commandes des mois après Londres et Washington, comme le montre un bon papier du Figaro. Bien sûr, la gestion de la crise sanitaire par Trump a été erratique et souvent très mauvaise, mais il faut reconnaître que, pour l’approvisionnement en vaccins, il a été bien plus efficace que l’UE, ayant permis de vacciner 10% de sa population à date, contre 3%. C’est bien parce que l’UE a beaucoup trop tardé qu’AstraZeneca a connu des problèmes de production dans l’usine en charge de l’approvisionnement continental, quand la rapidité britannique lui a beaucoup mieux permis d’assurer la production de son site dédié.

 

Le comble du ridicule a été atteint cette semaine, avec l’annonce qu’une BioTech française, Valneva, devant le manque de réactivité de notre pays, a été contrainte de se tourner vers Londres, qui lui a proposé bien plus rapidement un financement pour son usine, outre-Manche, ainsi qu’un acompte pour la commande des premières doses. Résultat, encore une fois, la Grande-Bretagne sera livrée avant la France, qui devra attendre 2022 pour recevoir les doses de Valneva. Si Bruxelles a tenté un temps de faire porter le chapeau de ses retards et son incompétence à un prétendu égoïsme britannique et aux laboratoires, la réalité est que dans une crise sanitaire où le temps est compté, la rapidité est clé. Même le patron de Moderna avait été contraint d’alerter publiquement sur les lenteurs de la commission. Il ne faut pas s’étonner que l’UE soit livrée après des pays qui ont passé commande des mois avant.

 

Mais ce faisant, comme le dit Philippe Gélie dans le Figaro, l’UE est une machine à perdre, à rebours de sa propre propagande. Cette union ne nous aide pas, elle nous affaiblit et nous ralentit, un constat d’autant plus toxique que la Grande-Bretagne, libérée de ce carcan, démontre que, seule, elle est plus forte et efficace. Il était donc stupéfiant de voir Macron mardi défendre mordicus l’UE en affirmant que « la campagne est européenne et nous avons besoin de le faire en européen (…) Nous sommes en train de dérouler notre campagne de vaccination, au rythme qui était prévu. Cela peut paraître trop lent quand on se compare avec d’autres pays qui ont fait d’autres paris, des pays comme le Royaume-Uni, qui est une île, et qui peut fonctionner différemment, ou les Etats-Unis (…) Je défends la stratégie que nous avons adoptée avec l’Allemagne, avec l’UE, qui est précisément de vacciner en européen ».

 

Ce faisant, Macron s’enferme dans une attitude très similaire à celle de Trump : il refuse tout mea culpa, il ferme les yeux sur la réalité, et raconte des énormités. Il est tout de même effarant d’attribuer à l’insularité de la Grande-Bretagne sa possibilité de fonctionner différemment plutôt que d’admettre que c’est sa position en dehors de l’UE qui le lui a permis. Macron avait tout à gagner à rejeter la faute du retard continental pour la vaccination sur l’UE, à moins que ce retard ait été la conséquence de tergiversations françaises dont il aurait la responsabilité. On ne peut pas l’écarter, tant il a montré dans cette crise une incapacité à anticiper et à bien gérer l’approvisionnement en masques, la logistique des tests, puis des vaccins. Plus globalement, n’est-il pas évident qu’ajouter un échelon (européen) de décision supplémentaire, si bureaucratique, ne pouvait que nous ralentir alors même qu’il fallait aller vite ?

 

Au moins, aujourd’hui, nous savons que « vacciner en européen », c’est vacciner bien plus tardivement que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Et par conséquent, cela signifie plus de morts, puisque les personnes fragiles tarderont à être protégées. Et cela signifie aussi une économie encalminée par les restrictions aux libertés, qui ne pourront être levées que plus tard. Merci l’UE ! Merci Macron !

8 commentaires:

  1. La conséquence est que c'est la grosse poilade en Chine !

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  2. "Le comble du ridicule a été atteint cette semaine, avec l’annonce qu’une BioTech française, Valneva, devant le manque de réactivité de notre pays, a été contrainte de se tourner vers Londres, qui lui a proposé bien plus rapidement un financement pour son usine, outre-Manche, ainsi qu’un acompte pour la commande des premières doses"

    Et l'UE n'y est pour rien, ce sont les abrutis de Sanofi et du gouvernement français qui ont été nuls sur ce coup.

    "Une grande partie des personnes à risque a déjà passé la première étape, ce qui permet de penser que fin février, outre-Manche, le niveau de protection procuré par la vaccination sera déjà très significatif."

    Non, l'augmentation du délai entre les 2 injections pourra faire complètement capoter la vaccination GB en catastrophe financière et sanitaire.

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  3. Vous êtes d'une mauvaise foi complète, rien dans les statuts de l'UE ne prévoit une europe de la santé, pas plus qu'une europe de la défense, à cause précisément des souverainistes de votre genre qui se sont toujours prononcés pour garder des prés carrés souverainistes.

    L'UE a non seulement mutualisé les dettes Covid mais s'est occupée aussi de la pandémie quand aucun texte ne l'y obligeait et que tout dans les textes reléguait ces domaines aux gouvernements des pays de l'UE.

    Dès qu'il y a un problème, pour vous c'est de la faute de l'UE qui n'a pas compétence pour tout y gérer, vous le savez très bien, mais vous faites votre propagande de petit souverainiste complètement borné.

    La France avait largement les mains libres pour gérer ses stocks de masques puis négocier ses approvisionnements en vaccins.

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  4. La GB a peut-être beaucoup vacciné mais ils vont allonger le délai entre les 2 injections. Or, cet allongement risque de faire tomber l'efficacité du vaccin.
    Comme pas mal de pays, la liste des personnes à risque fluctue selon les besoins. Ainsi, des personnes qui étaient visées à risque, qu'il fallait absolument vacciner se retrouvent déclassées de la liste.
    En France, cela est intervenu. Par exemple, un Homme ou une Femme de moins de 50 ans, non personnel soignant, diabétique de type 2 en surpoids, voire obésité sans complications ne sont pas ou plus prioritaires et ce même en arrivant avec une ordonnance de leur médecin ou spécialiste.
    En GB on arrive à cette même situation.

    Israël a fait le choix d'acheter et d'importer les doses de vaccins avant la validation par les instances médicales...de l'efficacité du vaccin. Ils ont commencé à vacciner avant et ont continué après (ce qui est normal). Par ailleurs pas autant de précautions prises pour le consentement des futur.es vacciné.es comme en France.

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  5. Ce genre d'article, du pain béni pour Marine Lepen en 2022. vous etes sur d'etre gauliste?

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  6. @ Troll de 13h01

    Comme l’UE est en charge de l’approvisionnement en vaccins pour ses membres, c’était aussi à elle de passer des accords avec Valneva pour assurer cet approvisionnement…

    La vaccination en GB comme catastrophe sanitaire, il n’y a que l’esprit malade des trolls eurolâtres anonymes pour l’avancer, sans la moindre source justifiant de tels dires bien sûr…

    @ Troll de 20h29

    Les dirigeants des pays de l’UE ont décidé de confier à la commission la gestion de l’approvisionnement en vaccin. C’est un fiasco qui révèle encore une fois que l’UE ne marche pas, dont sont comptables aussi ceux qui lui ont confié cette responsabilité.

    Ce n’est pas ma faute si l’UE gère mal presque tout ce dont elle s’occupe. Dites-moi plutôt ce qu’elle a réussi à faire de positif en 2020 pour relancer concrètement l’économie et protéger les citoyens.

    @ Anonyme 10h39

    La différence, c’est que la GB a déjà vacciné 12 millions de personnes (contre 2 en France).

    @ Xavier Boulanger

    Si pour vous, il faut taire tout fait qui pourrait profiter à Marine Le Pen, alors vous avez une curieuse conception de la démocratie. C’est exactement ce qui fait prospérer la PME Le Pen depuis des décennies à mon avis.

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    1. "La vaccination en GB comme catastrophe sanitaire, il n’y a que l’esprit malade des trolls eurolâtres anonymes pour l’avancer, sans la moindre source justifiant de tels dires bien sûr…"

      Ben oui, y a aucune source, vous êtes con comme manche, il y a de tonnes de sources qui montrent que le choix GB aboutira à une cata.

      L'approvisionnement en vaccin a été consenti à l'UE sans aucune obligation imposée par l'UE.

      "L’Union aurait-elle pu aller plus vite ? Sans doute, mais il aurait fallu accepter de passer sous les fourches caudines de la «big pharma», notamment en payant plus cher les doses ou en l’exonérant de ses responsabilités, ce qui lui aurait été reproché, n’en doutons pas."

      https://www.liberation.fr/international/europe/vaccins-leurope-un-bouc-emissaire-trop-facile-20210204_PFZX4B7LPJCE3HRMGQGEX65EJQ/?fbclid=IwAR0Ng9s_qWca3l5bgXoOvG5hvB6zdde7WPBj9bEfPU_BT0XlvigQKZvrJK4

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  7. Moi, ça me convient, la situation.
    J'attends le plus possible car je veux recevoir le vaccin russe. D'ici quelques mois, ils seront contraints d'accepter l'offre de la Russie.

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