samedi 17 juillet 2021

Macron toujours plus loin dans l’Absurdistan autoritaire

La majorité des médias a applaudi l’intervention du président lundi soir, et son « acte d’autorité ». Mais, derrière le débat parfois extrêmement vif et excessif, entre soutiens et opposants au passe sanitaire, beaucoup de critiques posées se sont exprimées. En cause : les nombreuses aberrations pratiques de ces annonces, ainsi que la philosophie très autoritaire de la gestion de crise de l’Elysée. Ne sommes-nous pas entrés dans une nouvelle phase de cet Absurdistan autoritaire dénoncé outre-Rhin ?

 


Illibéralisme bureaucratique et arbitraire

 

La première chose frappante dans les annonces de Macron, c’est à quel point elles étaient arbitraires et parfois même impraticables, imposant de nombreux rétropédalages dès le lendemain. Mais à quoi bon prendre autant de temps pour décider, et faire une allocation enregistrée ,et sans contradiction, si c’est pour ne pas s’être assuré du caractère applicable de ce que l’on dit ? S’exprimant de la sorte moins d’une fois tous les deux mois, le président devrait mieux se préparer pour éviter le festival de contre-annonces dès le lendemain, qui donne un sentiment d’amateurisme assez effarant. Il n’aura pas fallu 24 heures pour réaliser que les délais annoncés étaient impraticables pour des adolescents, qui n’ont accès à la vaccination que depuis mi-juin, et repousser pour eux au 30 août la mise en place du passe sanitaire. L’insouciance à l’égart des contraintes de l’organisation de la vie des Français est assez révoltante.

 

Comme le pointe bien Jack Dion, dans Marianne, il est aussi assez effarant d’apprendre le lendemain que le délai d’obtention du passe est réduit de deux à une semaine après la dernière injection, distinguant notre pays de tous les autres pays européens. En effet, entre le délai pour obtenir une vaccination, celui prévu avant la deuxième, et les deux semaines de carence après la dernière piqure, les dates annoncées pour l’usage du passe sanitaire, le 21 juillet pour les établissements accueillant plus de 50 personnes, et début août pour les transports, cafés et restaurants, viennent beaucoup trop tôt. Une personne qui n’avait pas encore été vaccinée le 12 juillet ne peut pas avoir son passe avant la mi-août au mieux ! En raccourcissant le délai pour obtenir son passe après la dernière vaccination, le gouvernement bidouille une solution qui permet de réduire le délai d’une semaine, mais ce ne ne sera pas valable ailleurs

 


En catastrophe, le gouvernement a également ajouté une exception pour les personnels des établissements recevant du public, qui auront eux-aussi jusqu’au 30 août pour obtenir leur passe. Cet été, des personnes qui n’ont pas leur passe pourraient donc théoriquement exiger de leurs clients la présentation du passe ! La France est de nouveau un Aburdistan autoritaire, pour reprendre la critique de Die Zeit à l’automne dernier. Pour couronner le tout, il est assez étrange d’exonérer les lieux de culte du nouveau dispositif… L’arbitraire de l’exécutif est d’autant plus révoltant que le 30 avril, Macron affirmait encore que « le passe sanitaire ne sera jamais un droit d’accès qui différencie les Français. Il ne saurait être obligatoire pour accéder aux lieux de la vie de tous les jours », promesse confirmée par la députée Yaël Braun-Pivet le 11 mai, pour qui « le passe sanitaire ne pourra pas concerner les actes du quotidien ».

 


Plus globalement, se pose la question de la nécessité de ces nouvelles restrictions et obligations. Certes, le variant delta se répand à grande vitesse, et semble plus contagieux, mais la Grande-Bretagne, où le nombre de cas a été multiplié par 15 en moins de deux mois, garde son calme, et après avoir repoussé le jour dit de la libération, a fini par le confirmer pour lundi prochain, devant l’impact limité du variant sur les hospitalisations. Affirmer que le passe sanitaire est la seule alternative à un nouveau confinement ne repose sur rien, à date : avec une très large majorité de la population à risque aujourd’hui vaccinée, le risque n’est-il pas très limité ? Ici, on peut se demander si l’Elysée n’a pas fait un choix uniquement politicien, écoutant seulement les sondages qui indiquent qu’une part importante de la population est favorable à la vaccination obligatoire des soignants ou à l’extension très large du passe sanitaire.

 

Comme le dit Arnaud Benedetti, Macron exploite la crise sanitaire politiquement. Le climat de peur et de crise provoque un réflexe légitimiste favorable au pouvoir en place et permet aussi d’occulter des sujets qui pourraient le mettre en difficulté. En outre, parce qu’une majorité de Français, dans ce climat, semblent plutôt favorables à des mesures autoritaires, il peut tenter d’en faire son socle électoral pour 2022, d’autant plus que ses électeurs sont largement sur cette ligne. La « guerre civile » entre certains partisans et opposants du passe vaccinal lui est favorable car celui dont la majorité n’a attiré que 3% des inscrits aux régionales peut alors espérer ralier à son panache autoritaire une cohorte d’électeurs bien plus large. Et plus le débat est vif, plus sa position de chef de la ligne autoritaire se renforce, expliquant sans doute son choix d’une ligne dure, dont le principal intérêt n’est pas sanitaire, mais bien électoral.

 


Car, comme le rapporte une scientifique dans Alternatives Economiques, « les réticences face au vaccin sont socialement construites ». Elle rapportait par exemple que le taux de double vaccination fin mai était de 65% pour les médecins, contre 47% pour les infirmiers et 40% pour les aides-soignants. Sur les réseaux sociaux, une autre scientifique rapportait la corrélation très forte entre le niveau de revenus et le taux de vaccination. Ce faisant, il faut bien constater qu’il y a une dimension politique à se vacciner et accepter les innombrables contraintes mises en place par le pouvoir. Plutôt que de réduire les critiques à du complotisme imbécile, mieux vaudrait interroger cette nouvelle fracture sociale, où une partie importante des classes populaires en vient à refuser par principe toute injonction venue du haut. Plus de modestie du prétendu président-épidémiologiste, très vaccino-sceptique jusqu’en décembre, moins de contradictions, et plus de confiance auraient probablement permis une campagne de vaccination plus sereine.

 

Les réticences actuelles à la vaccination sont largement le produit de notre histoire récente, des scandales alimentaires et médicaux trop nombreux, qui cassent la confiance entre le peuple et ses dirigeants. Et il faut reconnaître que les trop grandes variations du discours de l’exécutif depuis le début de la crise, ou le refus extraordinaire d’admettre certaines réalités (le fiasco vaccinal européen ou le fiasco des masques) ne contribuent pas à créer un climat de confiance. Une partie des élites, notamment macronistes, se complait dans un discours de prétendus experts voulant imposer la raison à un peuple stupide alors que leur expertise a été totalement infirmée par les derniers mois. Certains ne semblent même plus vouloir convaincre, se contentant d’arguments extraordinairement exagérés pour défendre la vaccination obligatoire ou l’extension du passe sanitaire. Mais ce faisant, ils continuent à nourrir la défiance.

 

Le Figaro a donné une vraie place à des critiques réfléchies de ces mesures, qui montrent que la réduction fréquente de l’opposition au passe sanitaire et à l’obligation vaccinale à des complotistes anti-vaccins dénonçant une dictature, est totalement abusive. Mathieu Slama y voit « une entrée dans une société répressive », dénonce « l’état d’exception permanent », « la bureaucratisation à l’extrême des rapports sociaux » et « la création de deux catégories de citoyens ». Maxime Tandonnet évoque « le retour de l’Absurdistan » et souligne que « la France est en train de rompre avec les principes fondamentaux d’égalité et de liberté sous l’impact de la panique » et parle de « nouvelle fracture ». Enfin, François-Xavier Bellamy y voit « une remise en cause profonde et inédite de notre modèle de société » et s’inquiète que « l’accès à un espace public (soit) différencié selon nos données de santé », dénonçant la « caricature de ceux qui osent s’en inquiéter ». Laure Mandeville, journaliste du Figaro qui a fait une couverture aussi approfondie qu’équilibrée de la présidentielle étatsunienne, s’inquiète qu’ « au nom de la santé et la sécurité, le ‘doux’ despote dont parlait Tocqueville introduit des mesures privatives de libertés incroyables ».

 


Plus globalement, les choix de Macron pose un vrai problème de société, tant il prend le parti de l’autoritarisme, lui qui était sensé représenter les idéaux de liberté. En fait, cette crise sanitaire le fait apparaître comme le dirigeant de l’UE le plus autoritaire, de nos incroyables attestations, qu’aucun autre pays n’a mis en place, aux restrictions les plus fortes au mouvement des citoyens, avec le couvre-feu le plus dur, en passant par l’utilisation la plus large du passe sanitaire sur le continent. Et même si le contexte est très différent, cela fait penser à la citation de Franklin, « un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre et finit par perdre les deux ». Il est frappant de constater à quel point Macron prend si souvent le parti de la contrainte, de l’interdiction, et de la peur au lieu de chercher à parler à l’intelligence des Français. Et ici, le passe sanitaire en devient d’autant plus inquiétant qu’il ressemble un peu trop aux outils déployé par la Chine pour surveiller sa population. Crainte que la promotion du préfet de Paris Didier Lallement au grade de commandeur de la légion d’honneur mercredi renforce…

 

C’est un goût très amer que laisse cette intervention du 12 juillet. Entre un amateurisme totalement coupé des contraintes de la vie des Français, qui a imposé de nouveaux rétropédalages, et un autoritarisme qui interroge de plus en plus nos voisins, en Suisse, après l’Allemagne, je crois que les sondages se trompent encore quand ils indiquent un soutien aux mesures de Macron. Il lui sera difficile de se draper dans le drapeau de la liberté en 2022, tant il l’aura foulé aux pieds pendant son mandat.

17 commentaires:

  1. Ce psychopathe narcissique pervers ne s'est jamais caché : il n'aime pas son pays et ses habitants

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  2. La France va bientôt prendre la tête de l'UE, or elle est moins avancée en matière de vaccination que beaucoup d'autres pays, que ce soit l'Allemagne ou l'Italie. Peut-être que Macron tente de rattraper son retard avec cet autoritarisme. Si ça marche, que les Français se ruent vers la vaccination, et que nous échappons à l'exponentielle que d'autres pays connaissent, en particulier le RU, alors il pourra mettre ce succès en avant pour 2022. Si au contraire cette stratégie ne paie pas, il sera en difficulté l'an prochain, car les Français n'accepteront pas facilement des nouvelles restrictions après avoir été contraints de se faire vacciner.

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  3. Ce qui est choquant aussi, dans cette allocution, c'est le passage sur les réformes, en pleine crise sanitaire et en pleine période estivale. Cela aussi risque bien de se payer en 2022.

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  4. Pour moi rien ne se payera en 2022. Les français se font manipuler par les médias et Macron (se sont des veaux). Aucun doute quand à moi Macron repassera en 2022.

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    1. Ca me semble peu probable car ce serait la première fois depuis le début de la Cinquième République qu'un président serait réélu hors période de cohabitation.

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    2. Oui mais la droite comme la gauche n'existent presque plus on se trouve dans un cas bien différent des autres élections, non?

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    3. @Moi

      « ce serait la première fois depuis le début de la Cinquième République qu'un président serait réélu hors période de cohabitation »

      Si l'on suit votre logique du précédent historique, Hollande aurait dû se représenter en 2017, puisque tous ses prédécesseurs de la Ve République (à l'exception de Georges Pompidou, mort en cours de mandat) l'avaient fait. Or, il ne s'est pas représenté. Il y a malheureusement de très fortes chances que Macron soit réélu, car les conditions d'un rassemblement des anti-macronistes autour d'un(e) adversaire crédible ne sont pas réunies. Il a été président par défaut une fois, il peut l'être une deuxième fois, pour exactement le même motif que la première.

      La vraie question est celle de la légitimité qui sera la sienne dans ces conditions. Elle était déjà faible en 2017, elle risque cette fois d'être nulle. Compte-tenu du fait que nous sommes déjà bien avancés dans une gouvernance de type post-démocratique, l'opinion de la population importe assez peu au bonheur des Macroniens. Mais il en ira peut-être autrement des leviers d'action du pouvoir comme la justice, l'armée, la police, l'éducation nationale, dès lors qu'ils ne supporteront plus d'être instrumentalisés par un pouvoir illégitime quant à sa conformité avec les procédures par lesquelles sont décidées et imposées des contraintes acceptables, sa capacité à répondre aux attentes symboliques de la population en incarnant une communauté de sens, la pertinence des résultats de son action. Macron est le type de gouvernant à aller un jour mendier l'appui des européens (c'est-à-dire en fait des Allemands) à Coblence pour se maintenir en place nonobstant la perte de toutes les autres formes de légitimité, dès lors qu'il ne lui restera plus que la reconnaissance internationale (celle de ses semblables) comme élément de crédibilité.

      YPB

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    4. @YPB
      « Si l'on suit votre logique du précédent historique, Hollande aurait dû se représenter en 2017, puisque tous ses prédécesseurs de la Ve République (à l'exception de Georges Pompidou, mort en cours de mandat) l'avaient fait. »

      Erreur : Mitterrand ne s'est pas représenté en 1995, ni Chirac en 2007.
      Il est vrai qu'ils étaient âgés, et très malade dans le cas de Mitterrand : mais il n'aurait pas été le premier vieillard malade à vouloir conserver le pouvoir.

      La logique du précédent historique n'est certes pas infaillible, elle indique juste une forte probabilité. En réalité, fort de ces précédents, il serait logique que le président sortant ne se représente pas si ses chances sont faibles ou nulles. Mais les hommes politiques ont souvent tendance à se surestimer. Hollande a eu raison de renoncer, mais il était improbable qu'il le fasse, et il paraît qu'il le regrette...

      Macron a gagné par défaut parce qu'il incarnait la nouveauté, mais ce n'est plus le cas. Ce qui l'a servi en 2017 va le desservir en 2022. Un(e) autre sera élu(e) par défaut, mais ce ne sera pas lui. J'ajoute que ses dernières initiatives (en particulier son annonce sur le recul de la retraite) va achever de ruiner ses chances.

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    5. @ Moi

      Vous n'êtes pas sérieux. Vous n'aviez évidemment pas évoqué l'éventualité d'un troisième mandat de Macron, mais bien d'un deuxième. Sur ce point, Mitterrand et Chirac se sont bien représentés pour un deuxième mandat et ont été réélus. Libre à vous de tenter de prouver que la cohabitation y était pour quelque chose, mais pour l'heure la démonstration reste à faire.

      La logique du précédent historique n'est pas infaillible, mais elle indique une forte probabilité, affirmez-vous.

      En fait, non. Parce que sur la base d'un échantillon limité à quelques exemples, vous ne pouvez rien tirer de solide de la logique du précédent et certainement pas de fortes probabilités.

      Macron a gagné par défaut parce qu'il incarnait la nouveauté, mais ce n'est plus le cas, dites-vous également.

      Vous vous contredisez en affirmant que Macron a été élu d'abord parce qu'il incarnait la nouveauté, donc par désir, tout en reconnaissant qu'il l'a été en fait par défaut, soit faute de mieux. Il a d'abord été élu par défaut parce qu'il avait en face de lui un repoussoir de longue date, dont la prestation de campagne par ailleurs s'était révélée décevante. Macron n'a jamais incarné la nouveauté que pour ses partisans les plus bornés, c'est-à-dire une partie seulement de ceux qui ont voté pour lui au premier comme au second tour.

      Quitte à s'accrocher à tout prix à l'idée de précédent historique, vous auriez pu noter par contre que peu de présidents candidats à leur réélection ont eu sans doute à affronter une opposition aussi fragmentée. Le slogan de Libération, « Faites ce que vous voulez mais votez Macron », peut encore fonctionner. Le RN n'a pas cessé d'être l'épouvantail qu'il était pour beaucoup d'électeurs en 2017 et les souverainistes de droite ou de gauche qui auraient été prêts à franchir la distance qui les sépare de Marine Le Pen ont été douchés par ses palinodies sur la question de l'Euro.

      Il ne reste qu'à croire qu'il existe encore assez d'espace politique en France pour qu'apparaisse la créature miraculeuse susceptible de rassembler d'ici 2022 les réfractaires au macronisme qui ne peuvent pas se résoudre à voter Le Pen. Cela relève pour l'heure de l'acte de foi.

      YPB

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    6. Macron a été élu par défaut ET parce qu'il incarnait la nouveauté. Il n'y a pas de contradiction dans mon propos.

      Après un mandat marqué par les GJ et les erreurs de gestion de la crise sanitaire, sans compter les atteintes aux libertés et sa volonté de reculer l'âge de la retraite s'il est réélu, ses chances me semblent bien minces. Ce n'est pas un acte de foi, c'est juste que je ne désespère pas du peuple français.

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    7. @Moi

      Vous confirmez bien qu'il n'aurait jamais été élu sur le seul motif d'incarner la nouveauté : le caractère répulsif du vote Le Pen pour des électeurs qui ne voulaient pas vraiment de Macron comme président a donc été la condition nécessaire de son élection. Mon propos est seulement de signaler que ce second motif n'a pas disparu ni été remplacé, pour la plupart des Français, par un autre de voter pour quelqu'un de plus prometteur que Macron pour l'avenir du pays. Quant à ne plus incarner la nouveauté, tout indique qu'il ne sera pas le seul à porter ce handicap.

      Erreurs de gestion de la crise sanitaire ? Le mot est faible, je parlerais plutôt de fiasco. Mais il y a suffisamment de Français prêts à soutenir n'importe quelle autorité, même défaillante, en temps de crise, pour que la popularité de Macron n'en souffre pas de manière significative. Je suis bien conscient que les sondages de popularité sont des prédicateurs peu fiables, mais tout de même, considérez l'évolution de la popularité du président de la République depuis 2017 (https://en.wikipedia.org/wiki/Opinion_polling_on_the_Emmanuel_Macron_presidency). Clairement, la remontée amorcée en 2019 n'a pas été négativement impactée par la crise sanitaire de 2020-2021. Les maladresses (sinon le délire complotiste et antivaccinal pour certains) des critiques de la communication ou de la politique gouvernementale ne sont pas pour rien dans cette indifférence apparente d'une bonne partie des Français aux erreurs ou à l'incurie du président et de ses ministres.

      Pour les gilets jaunes, toutes les analyses montrent que si leur mouvement, par ailleurs extraordinairement composite, a bénéficié d'un soutien majoritaire de l'opinion, cette approbation a fortement décliné avec le temps. Les électeurs de centre gauche et de centre droit, plutôt européistes, qui ont largement fait élire Macron en 2017 et dont la mobilité électorale fera sans doute le vote de 2022, étant le plus distanciés de leur action.

      Le recul envisagé de l'âge de la retraite ? Certes, deux tiers des Français s'y disent opposés. Mais cela ne suffira pas à convaincre une majorité d'électeurs qu'il faut absolument voter pour quelqu'un d'autre que Macron si ce quelqu'un d'autre n'est pas perçu comme plus désirable. Quelle est l'offre politique actuellement ? Est-elle de nature à inquiéter Macron ? La réponse est non. Quels sont les espoirs rationnels qu'elle se renouvelle radicalement d'ici l'élection, alors que nous sommes déjà de fait entrés dans la campagne électorale ? Objectivement, ils sont très faibles.

      Je veux bien ne pas désespérer mais je tiens à ce que mes espoirs soient fondés en raison. Je ne suis pas certain que Macron sera réélu ; je suis convaincu par contre que proclamer aujourd'hui que ses chances sont minces revient vraiment à prendre ses désirs pour des réalités.

      YPB

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  5. Je ne suis pas fan de Macron, mais quand on voit la sale connerie de bien des français, il y a de quoi s'interroger.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/170721/plus-de-100-000-manifestants-en-france-la-galaxie-des-opposants-au-passe-sanitaire-s-etend

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  6. @ Moi

    Bien vu. Après, le choix britannique est intéressant car si cette relative indifférence au rebond des cas ne mène pas à une saturation des hôpitaux et que le bilan humain reste très limité par rapport aux précédentes vagues, alors le choix autoritaire de Paris sera vu comme excessif et confirmera que Macron a des penchants très illibéraux.

    @ Anonyme

    Les Français ont beaucoup de bon sens, comme le montrent la plupart des élections passées, et ils savent ne pas se faire manipuler (cf 2005)

    @ Cubitus

    C’est juste, l’opposition est extraordinairement faible, mais le PS et LR le sont car ils ont mené des politiques très proches de celle de Macron…

    @ YPB

    Cette faiblesse de l’opposition, et l’absence, pour l’instant, d’une voix vraiment alternative forte et rassembleuse font peser la menace d’une réélection de Macron en effet. En effet, élu par défaut en 2017, il pourrait être réélu par défaut en 2022. Néanmoins, son bilan calamiteux, sur le fond et la forme, facilite grandement la victoire d’une opposition, même si le scénario ne semble pas clair

    @ Anonyme

    Un peu court tout de même. Les Français seraient cons. Je suis désolé de dire que c’est plutôt votre post qui me semble bas de plafond. Les rassemblements de samedi avaient beaucoup de bonnes raisons, comme celles exprimées par FX Bellamy notamment.

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  8. «  le choix britannique est intéressant car si cette relative indifférence au rebond des cas ne mène pas à une saturation des hôpitaux et que le bilan humain reste très limité par rapport aux précédentes vagues, alors le choix autoritaire de Paris sera vu comme excessif et confirmera que Macron a des penchants très illibéraux. »

    Au RU, les hospitalisations augmentent moins vite que les contaminations, mais elles augmentent quand même. Laisser filer le virus est un pari irresponsable : non seulement il peut dans un second temps d'aboutir à des cas graves et des décès, mais il risque également de favoriser l'émergence d'un variant plus résistant et plus contagieux.

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  9. Voici le témoignage d’un Japonais sur les JO, envoyé par mail :

    D’après un article du 19/07 du site Ouest France, M. Macron sera présent à la cérémonie d’ouverture des JO ce vendredi. Il sera accompagné de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation Nationale, de la Jeunesse et des Sports, et de Tony Estanguet, président du Comité d’Organisation des Jeux de Paris 2024 (COJO) et membre du Comité International Olympique (CIO) pour encore quelques semaines. La ministre déléguée en charge des sports Roxana Maracineanu se rendra un peu plus tard à Tokyo pour soutenir les athlètes français, alors qu’il est prévu que le Premier ministre Jean Castex représente la France lors de la cérémonie de clôture.

    Tous ces déplacements doivent être observés, car il y a deux problèmes pour la population française et la population japonaise.

    Le premier problème consiste à la contradiction entre ce que le gouvernement préconise à la population et le voyage de ces personnes au Japon.
    Ces hommes et femmes politiques s’octroient un statut particulier pour voyager au Japon, alors que le gouvernement préconise à la population française de rester en France.
    Ce statut particulier des délégations étrangères est également choquant pour la population japonaise qui est en contrainte de limiter leurs déplacements dans leur pays.
    Si on considère que Tokyo est en état d’urgence et que la population japonaise s’inquiète énormément pour l’augmentation des contaminations par des déplacements des personnes concernées par les JO et PO, il sera raisonnable de s’abstenir, s’il ne s’agit pas des athlètes participants, toute déplacement.
    La présence des hommes et femmes politiques aux cérémonies ne sont pas indispensables.

    Le second problème est lié à une éventuelle violation des mesures sanitaires appliquées par le gouvernement japonais.

    Actuellement, l'équipe du comité du CIO, les athlètes participants et les médias étrangers peuvent bénéficier d'une exception de mesures sanitaires à l'entrée du territoire japonais.
    Par exemple, le président du CIO, Thomas Bach, n'a respecté qu'un isolement de 3 jours à son arrivée, mais le fait de pouvoir entrer dans le territoire japonais est déjà une exception depuis la crise. Le Japon applique presque le système de fermeture du pays aux ressortissants étrangers.
    Quant aux Japonais, il faut respecter 14 jours d'isolement à l'arrivée.

    Si M. Macron assiste à la cérémonie ce vendredi et s'il doit respecter la règle d'isolement même 3 jours, il faut qu'il arrive à un aéroport japonais demain, mardi.
    Est-ce qu'il part aujourd'hui pour arriver à Tokyo demain ?

    Pour beaucoup de Japonais, cette mesures exceptionnelles dites les exceptions JO, n’est pas acceptables psychologiquement. Le voyage de M. Bach à Hiroshima et celui de M.Coates à Nagasaski ont provoqué le désarroi au Japon.
    Si des hommes et femmes politiques français veulent se montrer exemplaires, n’est-il pas logique de s’abstenir le voyage au Japon plutôt que le faire en dérogeant aux mesures sanitaires japonaises ou profitants des exceptions qui ne sont pas acceptables pour la population japonaise ?

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