Bien sûr, ce n’est pas nouveau, et remonte à plus de 30 ans. Mais il n’est pas inintéressant de constater à quel point, là aussi, il y a continuité entre les trois pôles du bloc central, du PS à LR en passant par les centristes. En somme, les résultats de 2025, avec un taux de réussite du baccalauréat encore en hausse, à 91,8% montrent que rien n’a changé dans la direction délétère de notre système éducatif.
Baisser la barre plus vite que le niveau
Dans la réalité, le niveau des enfants baisse, pour beaucoup de raisons, plus qu’ailleurs dans le monde. La France avait un beau système éducatif. Mais à force de consignes aberrantes, de changements incessants de programme ou de modalités des concours, d’un oubli des fondamentaux pour développer des enseignements plus accessoires, d’un refus de toute discipline, et d’une maltraitance des professeurs, le résultat est calamiteux. Nous étions reconnus pour un enseignement scientifique de qualité ? La performance des élèves français s’est effondrée, même s’il subsiste une petite élite de haut niveau, dans les grandes écoles d’ingénieur ou de statistiques. La France est en queue de peloton dans les classements PISA ou TIMSS. Cela touche tous les milieux, particulièrement les plus populaires.
Dans ce contexte, ceux qui nous dirigent ne semblent pas voir de problème à ce qu’en parallèle, les notes aux concours montent ! Difficile de ne pas voir dans ce mode de fonctionnement, et cette contradiction, entre des résultats en hausse et un niveau en basse, une raison de la baisse du niveau. Comment penser qu’en baissant le niveau d’exigence, on monte le niveau ? En fait, la baisse du niveau d’exigence est tellement concomitante à la baisse du niveau que le lien semble évident, même si elle est loin d’être la seule raison. Réduire le niveau d’exigence ne pousse pas à faire mieux, mais permet de faire moins. Et ce faisant, l’écart entre les établissements d’excellence et les autres est devenu un gouffre qui sépare des mondes de plus en plus éloignés. Et au final, ce sont les classes populaires et les classes moyennes qui trinquent car elles ont plus difficilement accès aux établissements d’excellence qui restent…
Un des signes éclairants est l’évolution du nombre de mentions. Il y a 30 ans, la mention très bien était si rare (moins d’1%) qu’elle donnait directement accès à Sciences Po. La mention bien, à peine 5% des bacheliers 89, permettait encore de distinguer un bon profil. Aujourd’hui, 13,7% des bacheliers obtiennent la mention très bien, signant l’absurdité d’un système où les notes progressent fortement alors même que le niveau baisse. De toutes ces statistiques, on peut estimer que les notes ont progressé d’environ 3 points depuis les années 1990. Problème, comme le niveau des élèves a sensiblement baissé entre temps, on peut en conclure qu’en réalité, la dérive des notes est comprise entre 4 et 5 points sur 20 pour un même niveau, un chiffre confirmé par l’évolution des seuils d’admissibilité aux grandes écoles.
Sans faire de fétichisme sur une manière de noter (peut-être un peu dure avant), on peut se demander si la schizophrénie entre la manière de noter et le niveau est encore aggravée par le grand écart entre la douceur actuelle de la façon de noter les enfants et la dureté toujours plus grande de notre société pour la jeunesse. Tant de contradictions et de grands écarts sont aussi dangereux pour la santé de nos jeunes.
@LH:
RépondreSupprimerRien à voir mais "l'accord" Von Der Leyen montre une fois de plus l'inutilité de l'UE. L'Allemagne qui a eu peur parce qu'elle est excédentaire? Un pays en déficit commercial chronique dictant sa loi à un pays avec lequel il est en excédent, c'est quand même le comble. Les pays de l'Est ont aussi capitulé... par peur de donner une excuse à Trump pour se désengager de l'Ukraine! Décidément leur adhésion à l'UE pour faire plaisir à Berlin fut une aberration (et actuellement la corruption du pouvoir serbe est passée sous silence, le pays à l'image autrefois sulfureuse pourrait adhérer à l'UE au nom du cordon sanitaire anti-Poutine). Quant aux politiques français qui taclent Von Der Leyen (qui semble avoir pris pour argent comptant la partie de poker menteur d'un Trump demandant plus pour avoir ce qu'il veut, un classique pourtant que Sarkozy pratiquait avec les syndicats français), on n'a pas oublié leur posture capitularde du temps de Merkel donc... Je me demande si tout cela n'est pas un coup porté à l'UE plus fort que le Brexit car Trump a relégué l'UE au rang de farce.
JZ
Ne soyons pas trop naïfs: notre industrie ,notre agriculture ont été sacrifiées au nom d'une mondialisation heureuse que le Président Trump s'est empressé à démolir...On ne voit pas pourquoi on n'aurait pas sacrifié également notre protection sociale ;et notre enseignement????Dans ces démolisseurs de la France nous trouvons deux catégories d'abord ceux qui en profitent ,par exemple ceux pour qui les barrières douanières gênent leurs entreprises ,ils sont dans une certaine logique et l'autre catégorie est constituée d'une bande de naîfs qui croient que détruire l'exception française nous aidera à nous intégrer dans le meilleur des mondes .D'où multiplication des anglicismes, abandon des règles de grammaire... .Pourquoi préserver notre langue puisque nous sommes destinés à devenir protectorat américain...Heureusement Mr Trump a rappelé certaines réalités avec son franc-parler...
RépondreSupprimer@ JZ
RépondreSupprimerPlus que l’inutilité, c’est même la nocivité, tant l’UE nous pénalise dans les négociations. Je ne suis même pas sûr que l’Allemagne seule aurait négocié de la sorte… Bien d’accord sur le coup porté à l’UE (cf papier d’hier). L’UE est constamment un boulet pour les pays européens. Même Attali et Quatremer sont durs sur cet accord
@ Anonyme
Trump ne détruit pas (encore ?) la mondialisation heureuse. Il la tempère à l’échelle de son pays en voulant rééquilibrer son commerce et imposer une réindustrialisation de son pays aux multinationales pour répondre aux attentes d’électeurs stratégiques pour lui, qui ont quitté les démocrates pour lui. Mais son big beautiful bill est de nature profondément oligarchiste et très négatif pour les classes populaires. Que fera la somme des deux ? C’est tôt pour le dire, mais je crains qu’il reste plus oligarchiste que populiste (ce qui peut être suffisant face à des démocrates qui resteraient trop oligarchiste, comme l’était Kamala Harris).
Sur l’éducation, j’y vois la folie d’élites qui diggèrent mal certaines théories et semblent laisser faire finalement l’administration de la rue de Grenelle tant il y a eu de continuité du PS à LR en passant par Macron. Et les technos qui nous gouvernent semblent avoir une science pour manipuler les statistiques officielles de manière à servir leur narratif. On pourrait croire que c’est une matière de l’ENA
Il y a quand même une réalité à ne pas perdre de vue.
RépondreSupprimerDans les anciennes pratiques, en particulier dans les matières littéraires, la note maximale était 15.
Il en résultait que le corrigé, y compris ceux des profs de prépas, ne valaient eux non plus pas plus de 15. Et je ne vous raconte pas les résultats de certains enseignants qui "cobayaient" sur des sujets.
Désormais, on utilise toute l'échelle de notation, ce qui semble beaucoup plus logique.
Un concours reste un concours : c'est le classement qui compte. Avant, on était agrégé à 11, maintenant à 16 ; de même, on entre en vétérinaire à 16 et non à 12.
Ce n'est pas plus mal. Les notes de prépa qui plafonnaient à 9 ont découragé trop d'étudiants, on a bien fait de modifeir ce fonctionnement et cela n'enlève rien à la qualité des savoirs dispensés.
Il faut faire attention à ces discours sur la jeunesse dont le niveau s'effondre, il revient à chaque génération depuis bien 3000 ans !
RépondreSupprimerLe niveau baisserait ? Je pense que c'est le cas en primaire sur les fondamentaux. On ne les enseigne plus correctement mais on continue à les enseigner. Aussi, après le collège ne rattrape plus et encore moins le lycée. Pas le temps, pas les moyens et maintenant avec les professeurs "speed-dating". En revanche, quand je vois mes enfants (ma fille est encore au lycée, mon fils en 3ème année en double licence AES/gestion) en comparaison avec mon mari ou moi au même niveau (surtout lycée) et à leurs âges...nous étions pas dégourdis pour la réflexion, pour projeter une idée un peu plus loin que Voltaire a dit...8 mai 1945 : capitulation de l'Allemagne nazie, capitale du Brésil : Brasilia. etc...donc je pense que le niveau perd en qualité à un moment donné et hélas cela détermine beaucoup de choses. Si les parents suivent (et pas nécessairement par cours privés mais juste par le niveau socio-professionnel et le choix des activités...sans dépenser des fortunes) le niveau n'est pas catastrophique. Et le niveau ne chute pas de façon désespérée et les diplômes notamment universitaires ne sont pas en chocolat comme beaucoup chantent sur les plateaux. Quand on voit qu'en première année de fac, une bonne moitié des élèves sortent car le niveau reste bon voire très bon. Les BTS sont renouvelés régulièrement, la sélection ne dit pas son nom à leur entrée. Idem pour les licences pro' quant aux Master, la sélection est formelle. Donc...en chocolat à relativiser. Le niveau baisse. A voir. Mon fils a fait un choix radical en abandonnant le lycée car n'ayant pas obtenu la première générale souhaitée. Il s'est retrouvé en première STGM alors qu'il voulait ES. Parce qu'il avait...11,5/20 de moyenne générale ! Par contre la fille d'enseignants dans sa classe qui avait 10/20...elle n'a pas été envoyée en STGM, pas non en ES mais en L (au final elle n'a pas eu le bac et ses réseaux ont fait qu'on l'a rattrapée en...STGM). Mon fils et elle voulaient après faire de l'économie (enfin suivre la filière ES après). Mon fils a littéralement claqué la porte du lycée à 17 ans ! STGM: il a atterri dans une classe...de déchargement ?!) Il est allé s'inscrire en capacité en droit, le truc improbable (perso' je ne savais même pas que ce diplôme existait et avait la même homologation que le bac'). Et bien...il a galéré la première année. D'ailleurs il a repassé quasiment toute sa première année au rattrapage du mois de septembre. Et la deuxième année, un quart. Le niveau de la capacité en droit (équivalent niveau bac) est plutôt corsé. En plus, vous devez géré le côté très impersonnel et non chaleureux du système universitaire français. Sans compter que vous avez le droit de vous y inscrire à 17 ans révolus mais la majorité des apprenants ont dépassé largement la barre des 20 ans. Alors ce n'est pas un exemple parlant (apparemment la capacité en droit tourne de l'œil) mais cela confirme que le niveau ne baisse pas autant et que tous les diplômes ne sont pas en chocolat. C'est beaucoup plus subtil et tordu que cela. Mon fils a continué en s'inscrivant en AES. Il suit aussi à distanciel une 3ème année en gestion pour pouvoir avoir une double licence car cela sera un plus à l'entrée des Master qui eux sont sélectifs !
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