Hier, les
électeurs du Doubs ont remplacé Pierre Moscovici par un nouveau représentant
socialiste, qui bat de peu la candidate du FN, qui n’est pas passé loin de
remporter le 3ème siège de son parti à l’Assemblée. Nouvelle
étape dans l’ascension du parti lepéniste ou signe de ses limites ?
Que
penser de la performance du FN ?
Les
frontistes ne manqueront pas, à raison d’ailleurs, de noter la meilleure
résistance de leur candidate, qui avait perdue proportionnellement moins de
voix que ses principaux rivaux, et la progression consécutive de son score,
malgré l’opposition commune de toute la gauche, d’une partie de l’UMP et
d’autres. En outre, ils souligneront sans doute que l’esprit du 11 janvier,
qui semble avoir profité à l’équipe au pouvoir, pourrait avoir pénalisé leur
parti. On
pourrait donc y voir une autre étape dans la progression du parti de la famille
Le Pen, un présage positif en vue de 2017. Mais cette interprétation, que
ne manqueront pas de défendre les frontistes, est sans doute, pas illogiquement
ni illégitimement, biaisée.
D’abord,
même si cela se passe après le 11 janvier, il
faut quand même noter que cette élection a eu lieu dans un contexte politique
extrêmement défavorable pour la majorité, qui essuie échec sur échec depuis
près de trois ans, même si elle semble quelque peu redresser la barre depuis
quelques semaines. Il
ne faut pas oublier que le chômage est au plus haut, l’insatisfaction est
extrêmement forte, au point que le candidat du PS a perdu plus de la moitié des
voix depuis 2012. En outre, les
amateurs des analyses d’Emmanuel Todd sauront que les terres de l’Est sont
des terres très difficiles pour la gauche aujourd’hui, qui favorisent bien plus
la droite ou l’extrême-droite. Bref, le contexte était favorable au FN.
Le
FN : l’autobloquant du système actuel

