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jeudi 5 juin 2014

Crise d’eurobéatitude : la preuve par Delhommais (billet invité)


Billet invité de l’œil de Brutus.

« Ubi solitudinem faciunt, pacem appelant »[i]



Dans la dernière ligne droite précédant les élections européennes du 25 mai 2014, la « grande » presse européiste s’est lancée dans une belle campagne de propagande. De Libération au Figaro en passant par le Monde, du Nouvel Obs au Point[ii], du pathétique « Roman de l’euro » de France2[iii] aux sophismes de BFMTV et consorts, les mots et les tribunes n’ont pas manqué pour défendre la monnaie unique et la construction européenne[iv]. Nouvelle preuve, s’il en est, après la débâcle du référendum de 2005, de l’irrémédiable fracture entre le peuple français et l’oligarchie politico-économico-médiatique qui le gouverne, de plus en plus malgré lui. Et dorénavant contre lui.

Parmi ce fatras propagandaire teinté de novlangue absconse, ce prosélytisme de supermarché aux accents de chantage, j’ai retenu un billet, un seul (dommage pour lui). Tant il est vrai que d’un seul, on les lit tous. De Calliclès à Delhommais et consorts, la filiation est directe, l’hypocrisie gémellaire et la rhétorique au même niveau que la profondeur de la pensée. C’est-à-dire pas bien haut.

Lire La zone euro sur le chemin de la résilience de Pierre-Antoine Delhommais permet donc de s’affranchir de dix bonnes années de rétrospectives des rubriques « Europe », « politique » et « élections » d’à peu près toute notre bonne et grande presse. Pour cela, au moins, on peut lui en être gré. Car pour le reste …

dimanche 12 janvier 2014

Des anti-systèmes et de leurs critiques


La polémique sur les représentations de Dieudonné s’est terminée par une victoire à la Pyrrhus de Manuel Valls, avec la décision du Conseil d’Etat et l’impression d’une censure excessive, malgré la toxicité des propos du polémiste. Au final, dans ce débat, beaucoup semblent raccrocher leur cerveau.

Ennemis publics : quand la presse dérape


Contrairement à Politis, qui garde la raison, Le Nouvel Obs vient de faire une couverture absolument ridicule mettant sur le même plan Soral, Dieudonnée et… Zemmour ! Pour une fois, je suis d’accord avec Elisabeth Lévy, de Causeur, qui propose, dans un papier mesuré et bien argumenté : « fini de rire, si on pensait ». Il est absurde et même dangereux de mettre Zemmour sur le même plan que les deux autres. Si le journaliste de RTL a des idées très conservatrices, il ne verse pas dans l’antisémitisme ou la xénophobie. En assimilant droite conservatrice et extrême, le Nouvel Obs banalise (malgré lui ?) les extrêmes. Il est pourtant essentiel de bien les distinguer pour se protéger des extrêmes.


C’est un peu la suite logique du dossier du Point sur les « néo-cons », qui mélangeait, dans un gloubi-boulga indigeste, Chevènement, Le Pen, Montebourg, Guaino ou Rioufol. Le procédé est doublement malhonnête. Tout d’abord, le Point a repris un terme qui désignait un autre courant politique, celui des néoconservateurs étasuniens, personnifiés par Georges Bush ou Dick Cheney et leur vision impérialiste et interventionniste des Etats-Unis dans le monde… à laquelle une partie de ces « néocons » à la française s’étaient opposés ! En outre, si un rejet de la mondialisation et de l’Union Européenne les rassemble, il faut noter que Guaino et Montebourg servent des personnes qui ont construit cette Europe !

On retrouve beaucoup d’excès aujourd’hui avec le traitement de l’affaire Dieudonné. On peut, comme Jack Dion dans Marianne, suspecter que la vendetta de Manuel Valls avait une arrière-pensée politicienne. Bien sûr, il a gagné mais on peut juger que sa victoire est une victoire à la Pyrrhus, qu’il a fait une une publicité terrible à Dieudonné, que ce dernier est renforcé dans sa posture victimaire d’autant plus qu’il a fallu que le Conseil d’Etat casse une autre décision de justice, sur des motifs qui peuvent sembler exagérés. Il vallait sans doute mieux le laisser faire ses représentations, (et le sanctionner en cas de propos répréhensibles). Sur ce sujet, on peut lire le très bon papier de Maître Eolas.

Les délires de certains critiques du système