Il y a
quelques jours, François Lenglet, pourtant
généralement bien inspiré, a
consacré son billet au fait que Monoprix devrait prochainement accepter les
bitcoins pour payer ses courses. Nullement choqué par ce qui n’est que de
la fausse monnaie, il y voyait une annonce de notre avenir. Grosse erreur.
En
réalité, un retour en arrière
Il y a
quelque chose de fascinant avec bitcoin. Peut-être parce
que certains y voient une innovation symbole de la modernité et de notre avenir,
ils n’arrivent pas à voir la réalité de ce qu’est ce phénomène de foire dont on
parle tant. D’où le fait qu’une partie d’entre eux arrivent même à imaginer que
notre avenir sera rempli de différentes monnaies, souvent émises par des
entreprises technologiques étasuniennes, comme Google ou Facebook. Avec des
citoyens qui ont une opinion souvent très mauvaise de leurs gouvernements et de
l’Etat, cette
idée peut apparaître comme une évolution moderne et logique de nos sociétés,
une nouvelle possibilité offerte par la technologie, qui pourrait même
faciliter notre vie.
Mais cette interprétation
de l’histoire repose sur une méconnaissance de l’histoire monétaire, rappelée
par The Economist dans un papier sur
sur les conséquences des crises financières. En effet, les grands pays
n’ont pas toujours fonctionné avec une monnaie centrale (fût-elle partagée avec
d’autres pays). Par exemple, les Etats-Unis ont expérimenté, à partir du début
du 19ème siècle, une période d’anarchie monétaire où chaque banque
pouvait émettre son propre dollar, le
système dit de « la banque libre ». Mais la
grande instabilité de ce système et les nombreuses crises financières qui
l’accompagnèrent, poussa les banques à mettre en place en 1913 la troisième
banque centrale des Etats-Unis, la Fed, garantissant une seule monnaie, le
dollar, et qui joue toujours un rôle comparable aujourd’hui.
Les
gouvernements doivent interdire son usage
