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samedi 22 novembre 2014

Le général de Gaulle et l’Europe (billet invité)


Billet invité de l’œil de Brutus



Le général de Gaulle avait une véritable vision de l’Europe. Une Europe de paix et de prospérité. Une Europe démocratique et collaborative. Une Europe des Nations. A mille lieux du « volapük intégré » qu’elle est devenue sous les auspices technocratiques de l’Union européenne. Et le plus dramatique est bien que les errements du fédéralisme bureaucratique et apolitique aussi avaient été pressentis par l’homme du 18 juin. La conférence de presse du 15 mai 1962 résume à satiété sa conception politique de l’Europe. On y trouvera ci-dessous les principaux passages relatifs à la question européenne (ceux qui veulent lire l’intégralité de la conférence peuvent la trouver ici).

vendredi 8 mars 2013

Jacques Sapir fustige la remise en cause de la démocratie


Jacques Sapir a livré fin janvier une série de quatre papiers philosophiques assez longs (un, deux, trois et quatre) mais essentiels qui proposent une réflexion sur la démocratie et les règles juridiques, pour aboutir à une contestation des tyrannies modernes qui affaiblissent la démocratie.

La dépossession de la démocratie

Emmanuel Todd avait livré une analyse plus politique dans « Après la démocratie ». Dans cette série de quatre textes, qui constituent un véritable essai, Jacques Sapir nous fournit une analyse plus philosophique, assez proche de celle de « La dissociété » de Jacques Généreux, dont il complète, en un sens, la thèse. L’auteur critique « le développement d’instances de décision économiques (comme la BCE), qui sont déconnectées de tout contrôle démocratique, l’idée aujourd’hui répandue qu’un gouvernement par les règles pourrait se substituer à un gouvernement du peuple ».

Et il est vrai que son propos de est particulièrement actuel. Car les pays européens s’organisent de plus en plus de cette manière. Non seulement, le pouvoir est toujours plus dans les mains d’organismes non élus (BCE, Commission Européenne, Cour de Justice), mais le « constitutionnalisme économique », également à l’œuvre dans les règles mêmes de fonctionnement de la BCE, qui permettent beaucoup moins de souplesse d’interprétation que celles de la Fed étasunienne par exemple, l’est aussi dans toutes les règles de cette Europe austéritaire (TSCG, six pack, two pack…).

Pour lui, « le pouvoir a cessé d’être celui des hommes pour devenir celui des lois, mais les lois ne règnent pas, elles s’imposent comme des normes générales. On est bien en présence d’une dépolitisation totale » car « le légalisme est imperméable à toute contestation ». Il y voit une critique de la démocratie même : « Schmitt considère ainsi que le parlementarisme libéral créé les conditions pour que la légalité supplante la légitimité, et le pouvoir de la majorité, le droit », anticipant une tyrannie de la majorité. Pour ce dernier, « si le peuple n’est ni bon, ni uni, ni homogène, alors la règle majoritaire est la fin de la raison et de la justice. Il faut donc brider l’action des majorités par une référence à un idéal intangible ».

Une remise en cause néolibérale