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dimanche 27 février 2022

Poutine, enfant tragique de l’Occident

L’invasion de l’Ukraine par la Russie est un évènement sans précédent en Europe depuis une génération. Certes, il y avait eu la Yougoslavie, mais, aussi monstrueuse qu’elle ait pu être, c’était une guerre civile. Ici, nous revenons au schéma classique et historique de l’invasion d’un pays voisin par un autre. L’histoire n’est jamais finie et, malheureusement, le retour du pire est toujours possible.


 

Derrière l’horreur que vivent les Ukrainiens

 

lundi 10 février 2014

Chevènement, historien de la première guerre mondiale


« 1914-2014, l’Europe sortie de l’histoire » est un livre majeur, absolument remarquable. Dans un premier temps, l’auteur démonte de manière implacable la fausse interprétation qui domine au sujet des causes de la première guerre mondiale, tout en expliquant les raisons de cette interprétation.


Aux sources de la première guerre mondiale

La cause communément admise est le nationalisme des nations européennes, mais, pour Chevènement « ses causes profondes sont plutôt à rechercher dans les contradictions de la première mondialisation ». Il cite Tony Judt pour qui le XXème siècle glisse « dans l’obscurité de la mémoire approximative (pour devenir) un palais de la mémoire morale, un musée des horreurs historiques pédagogiquement utiles (…) Le problème de cette représentation lapidaire du siècle dernier comme un temps d’horreurs uniques (…) est le message qu’elle charrie : que tout cela est désormais derrière nous, que le sens en est clair et que nous pourrons maintenant avancer, délestés des erreurs passées, dans une époque meilleure et différente ».

Pour l’auteur, il y a une question de l’hegemon de la mondialisation. L’Angleterre déclassa les Pays-Bas au XVIIème siècle, puis fut contestée par l’Espagne et la France. Début du 20ème siècle, l’Allemagne contestait cette position comme la Chine conteste aujourd’hui celle des Etats-Unis, dans un même contexte de « retour à une forme de capitalisme dur, essentiellement financier ». Il cite Suzanne Berger, qui parle de la période avant 1914 comme de « la première mondialisation », sous l’égide de la Grande-Bretagne, alors talonnée, voir dépassée par l’Allemagne, pendant que la France décroche. De 1871 à 1914, la France est restée stable, à 40 millions d’habitants, alors que l’Allemagne est passée de 40 à 65 millions. Mais notre pays garde une forte puissance financière. Le partage colonial était achevé.

L’Allemagne, responsable du déclenchement de la guerre