mardi 26 janvier 2016

Demantèlement des 35 heures : la dernière tentation droitière de la majorité ?

Après avoir mis en place le travail du dimanche (tout en donnant la possibilité de réduire les compensations pour les salariés !), réduit de plusieurs dizaines de milliards les cotisations sociales patronales, et tout en se préparant à proposer un projet de loi de déchéance de nationalité, et si la majorité mettait en place un autre projet, oh combien emblématique, que la droite n’osait pas faire, la remise en cause des 35 heures ?



La grande embrouille Badinter

François Hollande est décidemment le roi de l’embrouille politique. Il maitrise une forme de communication très sophistiquée, dont on ne pourra juger l’efficacité qu’au printemps 2017. En effet, il parvient à dépasser la droite par sa droite, en mettant en place des mesures emblématiques que l’ex-UMP n’osait même pas lancer, y compris Nicolas Sarkozy ! Mais François Hollande fait réaliser à ses équipes une chorégraphie très complexe. D’abord, il sonde l’opinion en envoyant des éclaireurs, puis il fait réaliser des rapports, et enfin, il embrouille tout le monde avec des projets dont la complexité camoufle l’agenda. Et il occupe tout l’espace politique par des débats internes à sa propre majorité. Car finalement, de l’aile gauche du PS à Emmanuel Macron, que reste-t-il comme position dans le cadre actuel ?

Comme pour les baisses de cotisations sociales et la compétitivité, avec le rapport Gallois, nous avons eu droit au rapport Combrexelles en septembre pour préparer le terrain. Puis Emmanuel Macron a joué son rôle de pointe libérale du dispositif en parlant de « mettre fin ‘de facto’ aux 35 heures » avant que Manuel Valls ne dise que « la dérogation aux 35 heures n’est plus une transgression ». Mais François Hollande semble penser que la remise en cause trop frontale du fétiche des années Jospin est sans doute trop dangereuse. Du coup, le rapport Badinter vient à point nommé, puisqu’il permet de « remettre les droits des salariés au cœur du code du travail » selon le Monde, alors qu’il facilite surtout la remise en cause des 35 heures par des accords d’entreprise, comme pour le travail du dimanche.


Ce faisant, l’agenda du président de la République est assez machiavélique. Suivant les pratiques de Tony Blair, alors même que la primaire de la droite approche, c’est son camp qui remet en cause les 35 heures ! Mais que restera-t-il aux Républicains en 2017 pour exister ?

15 commentaires:

  1. Hollande est peut-être le roi de l'embrouille, mais visiblement ça ne lui réussit pas dans les sondages. Il est en train de retomber et il entraîne Valls dans sa chute. Le PS se prépare à une catastrophe électorale en 2017, ça sera pire qu'en 2002.

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  2. Hollande et Valls nous ressortent les totems et "maris de" pour consolider leurs soutiens.
    Le P"S" arrive toujours à aller plus loin que la droite, ils sont forts !
    Mais bientôt ils changeront de nom, ça lèvera au moins un peu d'ambiguïté.

    @Moi
    La catastrophe prévue pour les régionales n'a pas vraiment eu lieu pour le P"S". Il suffit juste de museler tout ce qui est à leur gauche. Hollande a bien intégré la jurisprudence Jospin et ne fera pas la même erreur. Pourquoi est-ce que Taubira est encore au gouvernement selon toi ?
    Et à catastrophe, catastrophe et demi à droite (Sarko élu par les Rep, même pas au 2nd tour) et catastrophe au carré (FN au 2ème tour avec plus de 30%).

    ***Jacko***

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    1. On ne peut quand même pas dire que les régionales soient une réussite pour le PS.
      Taubira ne sera sans doute pas candidate en 2017 mais il y en aura d'autres (Mélenchon, Duflot, Larrouturou...), il ne faut pas vous imaginer que Hollande sera le candidat de toute la gauche.

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    2. Pas une réussite non, mais pas une catastrophe non plus (la moitié des régions au final), et c'est juste ce qu'il faut pour passer au 2nd tour.
      En terme de tactique électorale, ça sera intéressant de voir les autres candidats de "gauche" qui voudront et arriveront à se présenter en effet, et le score qu'ils feront. L'enjeux est là.

      ***Jacko***

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  3. On peut se demander si certains ne vont pas finir pas regretter Sarko. Ce serait amusant de voir Sarko élu pour virer Hollande en 2017, scénario inverse de 2012. Sarko lui disant entre les 2 tours "Moi président, blabla...blabla"

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  4. Céline Pina : Écoutez tous nos politiques.

    Bien rares sont ceux qui ne vous donnent pas envie de rire quand ils prononcent le mot France. On dirait que ce mot est trop gros pour leur bouche, qu'il les gêne. Ils ne sont pas plus à l'aise avec les mots «patrie», «république», «nation», «peuple», comme si cela ne signifiait plus rien pour eux, que des références obligées à un patrimoine enterré.

    En revanche parlez-leur de «vivre ensemble», d'«intermodalité», de «transversalité» et d'«horizontalité» et ils retrouvent des couleurs. Les mots de la politique ne sont plus les leurs, le langage de la technocratie est leur référence.

    Malheureusement, ils ne permettent pas de penser le monde, seulement de l'administrer, ils ne sont pas porteurs de projets, ils ne font pas le lien entre le monde de l'action et celui de l'intention. Ils ne créent ni sens, ni monde commun, et donc ne peuvent faire le lien entre les hommes.

    http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/01/25/31003-20160125ARTFIG00280-un-integriste-sur-le-plateau-de-canal-celine-pina-interpelle-najat-vallaud-belkacem.php

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    1. Les libéraux sont des gestionnaires... pas des politiciens. Ils ne gouvernent pas, ils gèrent.

      Tous les concepts politiques les écoeurent ; ces serait soit-disant dépassé ! ils se veulent post-national !

      La "nation", c'est pour les musées ! la "souveraineté" ? beûrk ! ce serait soit-disant la bêtise crasse d'un pays qui voudrait rester isolé.

      Voilà, pourquoi aussi bien pour la "gauche" que pour la droite, placer le pays en pilotage automatique via des traités, et gérer les affaires courantes comme des techniciens leur convient très bien !

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    2. C'est pour cela que nous avons les idéologues de la "fin des idéologie".

      Et c'est comme ça qu'un ministre "de gauche" arrive à dire : je ne crois pas en la lutte des classes (trop politique, sans doute).

      Les libéraux adhèrent de toutes leurs forces à l'idée que l'économie est une science... et surtout que l'économie n'aurait rien à voir avec le politique !

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    3. Les libéraux ont inventé les politiciens apolitiques !

      C'est pour cela que pour eux, il n'y a aucun "tabous" ! aucun marquage politique intouchable, aucun principe idéologique fort ! pas de principes historiques ou politiques qu'on ne puisse remettre en question !

      Sauf bien évidemment, leur idéologie... qui n'est pas une idéologie à leurs yeux ! ce n'est même pas politique à leurs yeux.

      Ils veulent vivre dans un monde de technique pure !

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  5. Wauquiez propose 42 heures, qui dit mieux ?

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  6. je laisse l'aspect politique de cette connerie à ceux qui aiment pour n'aborder que le côté pratique de cette affaire d'allongement de durée de travail.

    C'est une démonstration simple qui permet de penser que la connerie à haut niveau est vraiment la qualité la mieux partagée.

    Pour faire simple, la France est aujourd'hui en stagnation (je passe le fait à se tordre de rire que les objectifs de croissance sont à quasi 2% cette année. Pas besoin de lire une prévision, faut juste aller sur le terrain pour chercher du travail ou des affaires...bref..

    Vous avez 1500 heures de travail à distribuer pour 10 personnes/mois, la période étant ce qu'elle est, si vous n'avez pas de marchés nouveaux et que vous augmentez le temps de travail à 39 h de chacun (soit 170h/mois pour faire simple), vous allez être rapidement confronté à un problème de goulet d'étranglement

    vous êtes donc tout à coup avec un potentiel de 1700 heurs à effectif égal, soit 200 heures de trop. donc où vous trouvez des marchés supplémentaires ou vous êtes en mesure de virer un peu plus d'une personne...

    il y a fort à parier que cette mesure va enfanter des charrettes complètes de licenciements en l'état actuel de l'économie, puisque, d'autre part, la productivité n'augmente plus vraiment et que la France se trouve en tête des pays les plus productifs du monde...

    a mon avis, les allumés qui tiennent tant à augmenter le travail sont ceux qui savent déjà qu'ils gagneront les 25 % des heures sup, ou les 10 % des heurs suivantes, sans avoir à régler les dégâts des prestations chomage, charge du non coût du travail pris en compte par l'état que tout le monde veut diluer

    à mon humble avis, plus que de la manœuvre politique, nous avons à faire à des incompétents notoires et exceptionnels qui se font enfler par tout ce qui bouge autour d'eux...



    j'ai fait vite pour ne pas prendre de place, mais un développement est possible

    Stan

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  7. C'est pire, on peut déjà déroger par accord d'entreprise aux 25 % de bonification pour les 1ères heures sup et descendre à 10 %. C'est encore trop pour Macron, qui voudrait descendre en-dessous, j'imagine à 10 %, parce qu'à ce moment là il n'y aurait plus de "durée hebdomadaire légale du travail"

    Ce qu'on appelle ainsi c'est en réalité le seuil à partir duquel l'employeur doit payer plus, et donc commence à se demander s'il ne ferait pas mieux d'embaucher.

    Ceux qui nous gouvernent ne peuvent pas être incompétents, sinon ils se tromperaient dans le choix des mesures susceptibles d'aggraver encore le chômage.

    Or ils ne se trompent jamais.

    Ivan

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    1. Lire "j'imagine à 0 %"

      Ivan

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  8. @ Moi

    On jugera en 2017

    @ Jacko

    C’est juste

    @ Abd_Salam

    Intéressant. Très juste sur les gestionnaires. Je crois que j’avais écrit cela il y a quelques temps

    @ Stan

    Intéressant

    @ Ivan

    C’est ce qu’ils ont fait sur le travail du dimanche

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