lundi 16 avril 2018

Macron, vieux concentré d’oligarchie ultra-libérale

Nous sortons d’une incroyable séquence communicante de Macron, démarrée par la longue interview de Jean-Pierre Pernaut sur TF1 jeudi et poursuivie par l’interview croisée de Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel. Mais finalement, ce qui est impressionant, c’est à quel point son discours se place dans la droite ligne de ses deux prédécesseurs, Sarkozy et Hollande.


Un enfant de Thatcher, sourd au sort de son peuple

Bien sûr, on pouvait sentir de la préparation sur la forme, quelques formules, des réponses préparées aux questions qui lui étaient posées. Mais sur le fond, comment ne pas être frappé par la grande superficialité de ses arguments, l’absence complète de prise en compte du travail de dizaines d’intellectuels, dont plusieurs « prix Nobel d’économie », sur les dysfonctionnements des marchés ou les inégalités. Macron nous sert la même soupe défendue par Reagan et Thatcher il y a près de 40 ans, et reprise par des dirigeants comme Georges Bush Junior, le tout, avec la dose de bougisme moderne, « le monde va trop vite », pour justifier le fait de ne pas se poser de questions sur la direction prise.

C’est ainsi qu’il a de nouveau défendu son image des « premiers de cordée », affirmant qu’ils doivent tirer « le reste de la cordée », qu’il n’est « pas vrai qu’on est juste si on empêche les gens de réussir », dénonçant ceux pour qui « pour être juste, il faut empêcher ceux qui sont en haut de la cordée d’avancer trop vite », appelant à « aider ceux qui réussissent à réussir mieux et plus vite ». Ce sont les arguments des ultralibéraux, selon lesquels les entrepreneurs seraient freinés, pénalisés, et trop enviés, alors qu’en leur facilitant plus encore la tâche et en allégeant leurs impôts, toute la société y gagnerait. Comment y croire après des décennies de politiques qui leur sont favorables ?

En réalité, tous ces arguments sont très datés aujourd’hui. Voilà près de 40 ans que ce mouvement a démarré dans les pays anglo-saxons, et on voit que les politiques défendues de la sorte n’ont profité qu’à 1% de la population, au détriment de tout le reste des citoyens, la France ayant été un peu moins extrême dans ces excès, même si le président actuel semble vouloir rattraper cela. Dans les pays qui sont « en avance » sur nous, l’enrichissement de 1% de la population produit l’appauvrissement des 99% restant, comme en Allemagne, au point même d’y provoquer les « morts de désespoir » d’Angus Deaton, et de voir l’espérance de vie reculer outre-Atlantique et outre-Manche.

La non-pensée de Macron, ce n’est qu’un copier-coller de discours vieux de presque 40 ans, sans prendre le moindre recul sur toutes les conséquences néfastes des politiques ainsi promues. Pour couronner le tout, il a osé direque « les riches n’ont pas besoin d’un président. Ils se débrouillent très bien tout seuls », comme si la richesse des uns était totalement coupée de l’appartenance à une société, qui permet cette richesse, dans un discours qui rappelle le « there is no such thing as society » de Thatcher. Tocqueville avait raison de dire que, « préoccupés du seul soin de faire fortune, les hommes n’aperçoivent plus le lien étroit qui unit la fortune particulière de chacun d’eux à la prospérité de tous ».


Bref, dans la droite ligne de sa campagne et de sa première année au pouvoir, sourd aux faits rapportés par Piketty, Stiglitz, Deaton et bien d’autres, Macron justifie le fait de donner toujours plus aux plus riches, alors même que plus de 30 ans de ces politiques ont généré bien des problèmes. Il n’est que le président d’une oligarchie ultralibérale totalement insensible au sort des autres.

3 commentaires:

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  2. Quelle erreur de la part du général de Gaulle d'avoir permit d'élire au suffrage universel un président de la république avec de tels pouvoirs...
    Car quand ses pouvoirs tombes dans les mains de nains politiques comme nos trois derniers présidents , c'est un naufrage pour notre pays...

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    1. Il n'a sans doute jamais pensé , moi non plus , que le pouvoir puisse tomber dans de tels grotesques

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