samedi 14 décembre 2019

Du sens du second triomphe du Brexit




Un adieu ferme et définitif à l’Union Européenne

Dans cette UE anti-démocratique qui ne prend jamais un non pour un choix définitif, le choix britannique est lourd de sens. D’abord, il montre que l’opposition des peuples ne peut pas toujours être contournée. Alors que les refus des Français, Néerlandais, Irlandais, Danois ou Grecs avaient pu être effacés, en partie au moins, le « non » britannique n’a pas pu l’être, malgré une immense pression. Un choix qui honore la grande démocratie britannique. Le peuple a fait plus que tenir bon, il a confirmé et même amplifié son choix de 2016, comme l’indique l’évolution des scores des différents partis. Mieux, le précédent d’une sortie de l’UE va donc se réaliser, brisant le mythe d’une union toujours plus forte

Le choix des britanniques est sans appel. Avec 45%, les conservateurs de Boris Johnson gagnent 3 points par rapport aux élections de 2017, quand les travaillistes en perdent 7, à 33%. Et si les libéraux-démocrates obtiennent 12%, ils perdent un siège, celui de leur chef, qui avait appelé à défaire le Brexit sans même organiser un nouveau référendum ! Le Brexit party, qui a privilégié sa cause à ses intérêts, fait 2%. Bref, le message est clair, d’autant plus que les travaillistes ne sauvent 200 sièges que grâce aux votes des métropoles qui les ont préférés aux conservateurs. Boris Johnson a une large majorité qui lui permettra de mener sa politique et de sortir en début d’année, comme annoncé.

Ces résultats en disent long sur la gauche dite radicale, qui, si elle avait un programme économique très volontariste, ne voyait pas d’incohérence à remettre potentiellement en cause le Brexit alors même que le cadre de l’UE est totalement contraire à son programme. Il est tout de même intéressant de constater une nouvelle fois comment cette gauche dite radicale est prête à tout sacrifier pour l’UE. Et ici, c’est ce qui les a mené à l’échec car il est probable qu’une grande partie des électeurs se sont décidés sur les positions à l’égard du Brexit et, autant la ligne de Boris Johnson était claire et permettait d’avancer, autant celle des travaillistes prenait le risque d’allonger le processus démarré en 2016

Il faut noter que Boris Johnson a présenté un programme mettant l’accent sur l’investissement dans le service public, en promettant l’embauche de 6000 médecins et 40 000 infirmiers ainsi que la construction de 40 hopitaux. Quelle ironie de voir que la droite britannique gagner une élection en promettant un vrai investissement dans les services publics quand les marcheurs ne lui consentent que quelques miettes à condition d’avoir vivement manifesté leur crise et leur mécontentement. En somme, l’affreuse droite britannique qui veut sortir de l’UE peut être plus sociale et soucieuse des services publics que notre majorité, sans même parler de la droite française. Voilà qui devrait faire réfléchir.


Il faut enfin souligner la justesse et la force de Boris Johnson, traité comme un rigolo superficiel et menteur par les partisans du Remain comme The Economist, et qui donne une leçon de politique éclatante. Non seulement il a bien mieux appréhendé la négociation avec l’UE, mais en proposant de venir à bout du Brexit, quand les travaillistes s’enferraient dans des positions ubuesques, il a multiplié son avance par 5 par rapport à 2017. Bravo à lui pour son respect du vote populaire.

10 commentaires:

  1. Belle leçon de démocratie de la part des britanniques à l'UE. Cela dit, les promesses...

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  2. Le plus terrible est d'avoir vu le NON des Français effacé, rejeté, balayé par une forfaiture de la classe dominante et de toujours en subir les conséquences. Il s'est agi là d'une immonde félonie. Bravo aux Britanniques pour leur sens de la démocratie. Puissent-ils nous inspirer.

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  3. Comme je vous l'ai déjà fait remarquer, le Labour n'est pas la gauche radicale, même si ses dirigeants savent en imiter les accents.

    Le Brexit de gauche n'était pas représenté lors de ces élections. Les électeurs de gauche favorables au Brexit n'ont pas eu d'autre choix que de voter Boris Johnson. Or, ne vous y trompez pas, les conservateurs ne vont pas faire une politique de gauche, contrairement à ce que vous semblez suggérer en parlant d'investissements publics. Ce sont et restent des ultralibéraux.

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    1. @Moi

      Tout à fait d'accord avec vous sur la question du vote de gauche. Néanmoins, êtes-vous certain que les Tories doivent être perçus comme des ultralibéraux doctrinaires, de principe ? Ce sont des pragmatiques. Il se sont convertis à l'ultralibéralisme alors qu'une vague idéologique déferlait sur une partie des intelligentsias occidentales. Mais leur parti a aussi une tradition authentiquement populaire, n'a pas toujours été libre-échangiste ni farouchement hostile à l'intervention de l'État dans la vie économique, bien que s'étant opposé à la mise en place de l'État-providence par les travaillistes.

      Dans l'histoire du part conservateur, Le tournant décisif vers le l'ultra-libéralisme et la volonté de démanteler le Welfare State a été la perte des élection anticipées de 1974, lesquelles faisaient suite à une grève dure des mineurs. Margaret Thatcher a alors supplanté Edward Heath à la tête du parti, en dénonçant ce qu'elle désignait comme son "socialisme sournois". Ces accusations étaient toujours portées contre lui vingt ans plus tard par la droite conservatrice (https://www.independent.co.uk/news/heath-condemned-as-a-socialist-by-tory-euro-sceptics-1280398.html), ce qui illustre assez clairement la force persistante d'un déchirement interne au parti, entre les ultra-libéraux thatchériens et les conservateurs plus ouverts au compromis avec l'idée de État social.

      Je crois qu'un parti victorieux doit avoir la politique de son électorat ou se résigner à en perdre au moins une partie. Les conservateurs souhaiteront-ils conserver les votes populaires qui se sont tournés vers eux et leur ont donné une victoire écrasante ? Si oui, ils ne mèneront évidemment pas une politique de gauche, mais ils sauront assouplir leur positions économiques et sociales. Dans le cas contraire, à supposer que les doctrinaires l'emportent, ils feront, à terme, le jeu de leurs adversaires.

      YPB

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    2. @YPB

      Margaret Thatcher n'est pas ma référence en matière de jugement politique. Le fait qu'elle qualifie Edward Heath de socialiste ne signifie pas qu'il l'était, même de très loin. C'était un pro-européen, et vous serez d'accord avec moi, je crois, pour convenir que l'UE n'est pas compatible avec une politique de progrès social.

      Les partis n'ont pas la politique de leur électorat, surtout si celui-ci est varié. On ne peut pas contenter tout le monde, le « en même temps » ne marche pas. Boris Johnson vient de remporter une victoire grâce au Brexit, je doute qu'il conserve l'électorat populaire de gauche qu'il a réussi à séduire lors de ces élections. Ce qui ne veut pas dire non plus que ces électeurs en déshérence retourneront vers le Labour. Peut-être que, faute d'alternative, ils voteront, selon les circonstances, pour l'un ou l'autre parti, sans conviction, ou bien ils s'abstiendront plus probablement.

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    3. @Moi

      Je ne pense évidemment pas que Heath était socialiste. Mais il y avait un abîme entre sa conception du conservatisme et celle de Thatcher. Il s'est toujours voulu à la fois libéral sur le plan économique et progressiste quant à la politique sociale (ce que rappelaient, pour le louer ou le déplorer, beaucoup de commentaires à l'occasion de sa mort : https://www.telegraph.co.uk/news/1494303/Heath-first-modern-Tory-leader.html). Je n'adhère pas non plus au soutien continu que Heath a pu apporter à la construction européenne avant et après Maastricht. Mais à l'époque où il exerçait des responsabilités de gouvernement, il s'agissait de l'Europe des années 70...

      Quant à la politique qui sera suivie par Johnson et son parti, je ne fais aucun pronostic. Mon but était simplement de rappeler que réduire les conservateurs au libéralisme thatchérien est caricatural. Heath disait de Thatcher qu'elle n'avait jamais pris une décision judicieuse... L'essentiel reste que Johnson n'a pas seulement remporté une victoire sur le thème du Brexit. Des électeurs pas forcément convaincus de l'intérêt de la sortie de l'UE ont pu voter pour lui parce qu'il apparaissait - à tort ou à raison - comme le défenseur de la démocratie contre l'establishment.

      Que la démocratie britannique puisse sortir finalement renforcée du Brexit n'est pas seulement le point de vue d'activistes pro-Brexit et anti-establishment comme Brendan O'Neill (voir son éditorial du 13/12 dans Spiked) mais aussi celui de l'ancien chancelier de l'Échiquier de Teresa May, Philip Hammond, eurosceptique modéré mais opposant déclaré de Johnson (exclu du parti en septembre dernier pour ce motif) et soutien du Remain en 2016 : "If we now demonstrate that we can deliver a sensible Brexit that satisfies the millions of people who voted to leave the European Union, that does it in a way that protects the U.K. economy, then actually, when a few years have elapsed and people look back, maybe they will see this as an example of democracy in action rather than a system in meltdown" (déclaration faite le 10 décembre 2019, https://www.cnbc.com/2019/12/10/brexit-might-one-day-be-seen-as-democracy-in-action-philip-hammond-says.html).

      YPB

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    4. Etre "libéral sur le plan économique et progressiste quant à la politique sociale", je ne pense pas que ce soit possible. La tentation des souverainistes de droite au Royaume-Uni, c'est de construire un "Singapour de l'Occident". Reste à savoir s'ils y parviendront.

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  4. @Laurent Herblay:

    Le problème du Labour, c'est qu'il était écartelé entre d'un côté la fraction populaire de son électorat favorable au Brexit et de l'autre côté ses militants et sa fraction plus aisée pro-européenne. A Droite, la question est de savoir comment un parti et des électeurs pro-business ont pu renoncer à l'Europe, chose impensable dans l'hexagone. De ce point de vue, De Gaulle, qui voyait le RU comme un cheval de Troie américain et un pays qui avait déjà son UE avec le Commonwealth, fournit une partie de la réponse. Avec la sphère anglo-saxonne, HK et l'Inde, les Britons disposent d'une alternative économique à l'UE. Du coup, ils n'ont aucun complexe à abandonner le Continent que de toute façon ne représente plus un débouché florissant pour l'export british depuis le triomphe de la ligne économique berlinoise. Là où pour un pays du Continent la question du plan B économique a une réponse moins évidente, ce qui représente un défi pour le souverainisme.

    JZ

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