samedi 7 février 2026

Macron : derrière les lunettes, le banquier qui vend la France

A Davos, Emmanuel Macron a fait le buzz avec ses lunettes et son opposition aux délires de Donald Trump sur le Groenland, sous les commentaires plus que bienveillants des grands médias. On aimerait qu’ils se montrent un peu plus intéressés par la poursuite de la vente de notre pays à la découpe, souvent à des intérêts états-uniens, comme avec Exaion et LMB, contre l’avis de la DGA

 


Résistance très intermittente aux yankees…

 

Cette séquence est absolument révoltante. Même si l’Élysée a su rebondir sur les déclarations effarantes du résident de la Maison Blanche et a, pour une rare fois, tenu une position à peu près conforme avec la position que doit tenir notre pays, les médias nous ont rejoué 2016. Pendant une semaine, il n’a plus été question que du courage de ce président-poseur, comparé à Tom Cruise dans une Mission Impossible… Nous étions revenus dix ans en arrière quand tous les grands médias, ou presque, ne cessaient de chanter les louanges du « mozart de la finance ». Tous les plateaux ou presque vantaient la fermeté de sa position pour défendre le Groenland face aux menaces de Donald Trump, une expression banale du David Français se retrouvant même reprise par un obscur DJ, fait devenant une information

 

Par-delà le choix, contestable, d’une paire de lunettes, pas si françaises, bien voyantes, davantage digne des Marseillais à Cancun que du vestiaire d’un président de la République, il y a eu beaucoup de complaisance sur la position diplomatique d’Emmanuel Macron. Ses errements sur l’enlèvement du président du Vénézuela, où il avait commencé par applaudir la chute du tyran, sans rien dire sur la méthode unilatérale et impérialiste, de Donald Trump, avant d’être contraint à exprimer des doutes 2 jours plus tard auraient pu être rappelés. Et sur le Groenland, il faut croire que la forme (les lunettes) lui a permis de prendre une lumière bien plus forte que le fond de son action. On peut penser que les menaces danoises sur la vente des bons du Trésor, associée à la hausse des taux ont bien plus pesé dans le recul de Trump.

 

Le résident de l’Élysée, s’il a utilisé quelques grands mots, et a évoqué l’utilisation de l’instrument anti-coercition de l’UE pour contrer la menace des droits de douanes yankees, a été timide. Ce n’est pas lui qui peut décider de l’usage de cet outil. Sa menace était très théorique, sachant que certains pays, comme l’Allemagne, semblaient bien moins résolus à affronter Donald Trump… Il n’est pas allé jusqu’à utiliser la menace d’une vente des Bons du Trésor, lui. Mais surtout, il est particulièrement choquant d’apprendre quelques jours après que la vente d’une filiale blockchain d’EDF, Exaion, à une entreprise étasunienne, n’est pas remise en question, et, pire, que malgré l’avis négatif de la DGA, Bercy a donné son accord pour la vente d’un fournisseur du Rafale et d’Airbus à une autre entreprise yankee… Comment la France peut laisser faire cela alors que les USA nous manquent à ce point de respect ?

 

En clair, le coup d’éclat de janvier n’était que cela, un coup d’éclat, destiné à alimenter la gloire du petit personnage qui préside à notre destin depuis beaucoup trop longtemps. Ses mots, aussi justes soient-ils, étaient trop timides face aux enjeux. Comme en 2003, nous aurions pu marquer le coup plus fortement. D’ailleurs, Donald Trump a bien pris la posture de notre président pour ce qu’elle était : une simple posture, un jeu, certes bien réalisé d’un point de vue communication. En 2003, la France avait été menacée bien plus durement. Emmanuel Macron n’a réalisé qu’un coup, qui lui a permis de légèrement rebondir des tréfonds des sondages, portés par les hommages quasi unanimes de grands médias toujours aussi complaisants à son égard. Mais sur le fond, il continue à laisser notre pays être maltraité par les USA, en continuant à laisser nos fleurons être rachetés, un à un, malgré un historique calamiteux.

 

En dehors même du contexte de la présidence Trump, nous ne devrions pas laisser nos entreprises être rachetées de la sorte, au regard des expériences passées. Alors, avec une administration qui nous maltraite encore plus que par le passé, sur la forme comme le fond (avec les droits de douane), de tels rachats ne devraient pas être possibles. Macron n’est pas un résistant. C’est un collabo de l’Oncle Sam

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire