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dimanche 20 décembre 2015

Ecologie, pouvoir d’achat, délocalisations, emploi : et si on parlait de l’obsolescence programmée (billet invité)

Billet invité de l’œil de Brutus

Alors que la COP21 semble dans une incapacité chronique à admettre que c'est tout le modèle de la mondialisation néolibérale qui mène l'humanité au gouffre, je remets en ligne cet article de 2015 qui, malheureusement, n'a pas pris une ride.


L’obsolescence programmée a connu un développement phénoménal avec la société de consommation de massei dont on trouve les prémices dans les années 1920-1930. Le constat est alors simple : si l’on réalise des produits trop fiables, une fois tous équipés, les consommateurs n’en rachèteront plus et l’entreprise qui les produit pourra mettre la clé sous la porteii. Il s’agit donc d’encourager la consommation en réalisant sciemment des produits qui, au bout d’un certain temps, arriveront, pour une raison ou une autre, à péremption et nécessiteront leur renouvellement.

L’obsolescence programmée peut prendre différentes formes. La plus simple consiste simplement à ne pas corriger le vieillissement constaté d’un élément. Par exemple, le producteur d’une machine à laver peut s’apercevoir que les vibrations induites par le fonctionnement de son produit entraînent la casse de son moteur au bout de 5 à 6 ans de fonctionnement. Il ne fera rien pour diminuer ses vibrations afin de vous contraindre à remplacer votre machine. Le mécanisme peut être plus vicieux : le producteur pourra également accroître artificiellement les vibrations afin que le moteur lâche au bout de 4 ans, soit juste après la fin de l’extension de garantie à laquelle vous avez souscrit à grands frais …

mercredi 2 décembre 2015

La globalisation sape la COP21




Le commerce, ce déserteur écologique

D’abord, il n’aura échappé à personne que le développement des échanges commerciaux a son rôle dans la facture écologique. C’est parce que nous consommons une part grandissante de biens produits ailleurs que nous dépensons autant pour les déplacer d’un point à un autre de la planète. Et le phénomène est aggravé par la fragmentation des chaines de production, bien illustrée par certains téléphones, dont les composants viennent de la planète entière avant d’être assemblés en Chine, pour ensuite être exportés aux quatre coins du globe. D’ailleurs, de manière intéressante, alors que les citoyens acquittent de fortes taxes sur l’essence qu’ils utilisent pour se déplacer, la taxation des hydrocarbures comporte des niches fiscales béantes sur le fuel qui nourrit les camions ou les bateaux qui les transportent.

Une des premières initiatives que devraient prendre les pays réunis à Paris serait d’aligner la fiscalité sur le fuel (mais aussi le kérosène) sur celle de l’essence. Il n’y a pas de raison que le commerce y échappe, si l’on souhaite faire payer un prix adéquat aux hydrocarbures pour pousser à leur substitution. Bien sûr, il ne s’agit pas de proposer une irréaliste, ni même souhaitable taxe carbone mondiale. Il est clair que tous les pays ne pourront pas tous aller au même rythme, et qu’il faudrait le faire de manière progressive pour ne pas provoquer de graves crises dans certains secteurs, comme l’aviation. Et pour éviter une course vers le moins-disant environnemental, il les mieux-disant doivent pouvoir compenser, à leurs frontières, la moins-disance des autres pays pour tirer le monde vers le haut.

La globalisation contre le climat, et l’humanité

mardi 1 décembre 2015

De la COP21 et des négociations internationales




Combattre le court termisme

Bien sûr, il existe quelques voix dissonantes sur le réchauffement climatique, mais le fait que la majorité des scientifiques s’accordent pour dire que notre action, par l’émission de gaz à effet de serre, pourrait produire une hausse dangereuse des températures devrait pousser à agir. Cela est d’autant plus nécessaire qu’une grande partie de ce réchauffement vient de la consommation d’hydrocarbures, des ressources naturelles non renouvelables, que nous aurions sans doute intérêt à apprendre à consommer avec modération. Mais ces platitudes se heurtent à de nombreux écueils. D’abord, le risque n’existe qu’à très long terme : dans un monde gouverné, au mieux, par des statistiques trimestrielles, et au pire, par les mouvements erratiques et instantanés des marchés, il est difficile de raisonner à la décennie.

En outre, il n’est pas illégitime que les pays encore en voie de développement, voient d’un mauvais œil les contraintes que souhaiteraient mettre les pays dits développés sur la consommation d’une énergie qui leur a permis d’en être là où ils sont aujourd’hui, semblant rendre le développement plus cher et difficile aujourd’hui qu’hier. Certains ont voulu mettre en place des marchés de droits à polluer, mais les errances des cours ont même poussé le très libéral The Economist à préférer une taxe ! Enfin, un accord se heurte aussi au fait que l’on recherche une formule magique à la fois équitable et contraignante, un menu pour lequel les différents pays du monde abdiqueraient leur souveraineté, sans que l’on sache comment il serait possible de s’assurer que l’accord soit contraignant et si cela est seulement souhaitable.

Quelle coopération internationale ?