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mercredi 2 décembre 2015

La globalisation sape la COP21




Le commerce, ce déserteur écologique

D’abord, il n’aura échappé à personne que le développement des échanges commerciaux a son rôle dans la facture écologique. C’est parce que nous consommons une part grandissante de biens produits ailleurs que nous dépensons autant pour les déplacer d’un point à un autre de la planète. Et le phénomène est aggravé par la fragmentation des chaines de production, bien illustrée par certains téléphones, dont les composants viennent de la planète entière avant d’être assemblés en Chine, pour ensuite être exportés aux quatre coins du globe. D’ailleurs, de manière intéressante, alors que les citoyens acquittent de fortes taxes sur l’essence qu’ils utilisent pour se déplacer, la taxation des hydrocarbures comporte des niches fiscales béantes sur le fuel qui nourrit les camions ou les bateaux qui les transportent.

Une des premières initiatives que devraient prendre les pays réunis à Paris serait d’aligner la fiscalité sur le fuel (mais aussi le kérosène) sur celle de l’essence. Il n’y a pas de raison que le commerce y échappe, si l’on souhaite faire payer un prix adéquat aux hydrocarbures pour pousser à leur substitution. Bien sûr, il ne s’agit pas de proposer une irréaliste, ni même souhaitable taxe carbone mondiale. Il est clair que tous les pays ne pourront pas tous aller au même rythme, et qu’il faudrait le faire de manière progressive pour ne pas provoquer de graves crises dans certains secteurs, comme l’aviation. Et pour éviter une course vers le moins-disant environnemental, il les mieux-disant doivent pouvoir compenser, à leurs frontières, la moins-disance des autres pays pour tirer le monde vers le haut.

La globalisation contre le climat, et l’humanité

mercredi 7 août 2013

Energie : le coût du renouvelable


L’éolien et le solaire ont toujours eu bonne presse. En partie à raison : il s’agit d’énergies renouvelables et peu polluantes, alors que les hydrocarbures ne sont pas renouvelables et beaucoup plus polluants. Problème, leur coût considérable est un peu trop souvent ignoré dans le débat.



Une facture colossale

Deux de nos voisins le paient cher. L’Espagne, comme le rapporte un article de The Economist, consacre la bagatelle de 12 milliards d’euros (plus d’1% de son PIB) à subventionner le solaire, une somme qui pose problème doublement. D’abord, en pleine rigueur budgétaire, il est tentant de couper dans les subventions, ce qui créé une instabilité législative peu propice à l’investissement. Ensuite, l’Etat espagnol a payé jusqu’à douze fois le prix du marché à des opérateurs privés qui en retirent de juteux bénéfices. Ne serait-ce pas à l’Etat de réaliser ces investissements pour éviter des rentes ?



L’Allemagne paie cher également ses investissements dans le domaine. Cet article de Christian Stoffaes dans la Tribune fait une comparaison effarante entre le nucléaire français et les énergies renouvelables allemandes : nos voisins ont investi 120 milliards d’euros pour 75 milliards de Kwh quand la France a payé 96 milliards (selon la nouvelle estimation, revue à la hausse, de la Cour des Comptes) pour 410 milliards de Kwh, 5 fois plus ! La raison : « les capacités de production renouvelable fonctionnent 1200 heures par an (sur les 8760 que compte une année) ». Cet article de Contrepoints chiffre l’effort de l’Allemagne à plus de 16 milliards d’euros en 2011 et la bagatelle de 28 milliards en 2015.

Une France plus conservatrice

dimanche 3 mars 2013

Les droits à polluer : la fausse bonne idée pour réduire les émlssions de CO2


C’était sensé être la pierre philosophale pour réduire les émissions de CO2 de la manière la plus efficace possible : émettre un montant de droits à polluer et de laisser faire les mécanismes de marché. Malheureusement, le shéma concocté par les eurocrates est un gros échec.

L’échec du marché ?

Pour être totalement honnête, l’échec des droits à polluer n’est pas uniquement un échec (prévisible) des mécanismes du marché. En effet, l’Etat n’est pas allé jusqu’au bout de la logique libérale puisque des quotas ont été attribués de manière discrétionnaire, une forme de subventions qui distord les mécanismes même du marché. Donc certains libéraux pourraient soutenir qu’une mise aux enchères non préférentielle de droits à polluer serait le meilleur moyen de réduire les émissions de CO2.



En effet, le mécanisme est élégant : le prix du carbone pousse les industriels à réduire leurs émissions et le marché se charge de répartir l’effort là où il est le plus rentable. Malheureusement, comme l’illustre ce graphique de The Economist, l’évolution erratique du prix du carbone en Europe pose d’innombrables problèmes. En effet, à l’origine, il faut bien fixer un montant de droits à émettre. Si on en émet trop, le prix est alors trop faible et il y aura trop d’émissions. Si on n’émet pas suffisamment de droits à polluer, le prix du carbone sera très élevé et pénalisera l’activité économique.

Ensuite, les variations du niveau de l’activité économique font varier le prix. La légère reprise de 2010 et début 2011 avait propulsé le prix du carbone à 20 euros la tonne. Mais la glissade dans la récession l’a fait tomber brièvement sous les 5 euros. Le problème est que la rentabilité des investissements n’est pas du tout la même selon que le coût du carbone varie de 1 à 4. Et, même dans des conditions parfaites de marché, son caractère exubérant et irrationnel produira forcément de fortes variations de cours qui rendront alors aléatoire tout investissement dans le domaine.

L’alternative : la taxe carbone