Affichage des articles dont le libellé est cour des Comptes. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est cour des Comptes. Afficher tous les articles

lundi 30 juin 2014

Le dangereux retour des austéritaires, au PS !


Paradoxe assez incroyable qui démontre à quel point la décomposition de la pensée économique, alors que les preuves des méfaits des politiques austéritaires ne cessent de s’accumuler et sont aujourd’hui admises par des intellectuels de tous les bords, le PS y cède de plus en plus, comme le montre le dernier rapport de la Cour des Comptes et le rapport de Jean Pisani-Ferry.



Quand un socialiste propose de faire du Sarkozy !

Le PS est vraiment dans une phase de décomposition intellectuelle avancée pour produire une intelligentsia qui embraye le pas à la pensée économique de la droite la plus bête, pour paraphraser Paul Krugman au sujet de la défense de la politique de l’offre de François Hollande. Didier Migaud, député « socialiste » nommé par Nicolas Sarkozy à la tête de la Cour des Comptes, a publié un rapport qui questionne la capacité du pays à tenir ses objectifs de réduction du déficit budgétaire et propose de réanimer la politique initiée par Nicolas Sarkozy, visant à supprimer 10 000 postes de fonctionnaires par an, mais en incluant les collectivités locales et la Sécurité Sociale au lieu de la limiter à l’Etat. Il avait déjà critiqué la promesse du président de créer 60 000 postes dans l’éducation, malgré un véritable besoin.

Jean Pisani-Ferry, ancien conseiller économique des ministres de l’économie de Lionel Jospin de 1997 à 2002, pousse encore plus loin la logique austéritaire. Il dénonce le poids des dépenses publiques « 12 points supérieur à l’Allemagne », en feignant d’ignorer qu’il compare des choux et des carottes et que la réalité est beaucoup plus équilibrée, notre service public étant beaucoup plus étendu que vos voisins. Il propose de diminuer les dépenses publiques de 54,8 à 48,8% d’ici à 2025, soit un effort de 0,6 point de PIB tous les ans. On suppose qu’il ne prend pas en compte le fait que la baisse des dépenses réduit le PIB, d’un coefficient de 0,9 à 1,7 selon la dernière étude du FMI. Une telle baisse réduirait le PIB de 5 à 10% sur 10 ans, ce qui contredit complètement l’objectif de réduction du poids de la dette, qui serait augmenté d’autant, comme cela se passe dans une partie des pays de la zone euro.

L’austérité est contre productive

jeudi 19 septembre 2013

L’optique, ou tout ce qui va mal avec la privatisation de la santé


C’est une des polémiques de la semaine : après l’UFC Que Choisir au printemps, la Cour des Comptes a dénoncé les tarifs de l’optique en France, allant même jusqu’à suggérer que la Sécurité Sociale se désengage du secteur. Une illustration des dangers de la privatisation de la santé.



Un coût exorbitant

Bien sûr, les grandes chaines nationales ont investi tous les médias pour défendre leur situation en affirmant que si les prix sont plus élevés en France, c’est parce que nous bénéficierions des meilleurs produits du monde, fruit de l’excellence d’Essilor mais aussi des lunettiers de l’hexagone. Une vision trop idyllique pour y croire… Déjà, en avril, l’UFC Que Choisir avait souligné que la marge brute atteignait la bagatelle de 275 euros par paire de lunettes, soit 70% du prix de vente. Elle notait que le nombre d’opticiens avait augmenté de 47% en 12 ans pour une hausse de la demande de 13%. Le nombre excessif augmenterait le prix des lunettes de 54 euros et les dépenses de marketing de 60 euros !

Bien sûr, pour les Français qui ont une mutuelle généreuse, cela ne semble pas poser de problème, puisqu’elles peuvent largement rembourser les frais d’optique. Mais cela se répercute dans le prix des mutuelles, en constante progression. Le coût est caché, mais il est bien payé au final. Et puis surtout, cela pose un gros problème pour les personnes à faibles revenus qui ne disposent pas d’une mutuelle ou d’une protection a minima, pour lesquels les frais d’optique deviennent rédhibitoires. Heureusement qu’il existe quelques offres moins chères, notamment sur Internet.

Le problème avec les mutuelles

mercredi 7 août 2013

Energie : le coût du renouvelable


L’éolien et le solaire ont toujours eu bonne presse. En partie à raison : il s’agit d’énergies renouvelables et peu polluantes, alors que les hydrocarbures ne sont pas renouvelables et beaucoup plus polluants. Problème, leur coût considérable est un peu trop souvent ignoré dans le débat.



Une facture colossale

Deux de nos voisins le paient cher. L’Espagne, comme le rapporte un article de The Economist, consacre la bagatelle de 12 milliards d’euros (plus d’1% de son PIB) à subventionner le solaire, une somme qui pose problème doublement. D’abord, en pleine rigueur budgétaire, il est tentant de couper dans les subventions, ce qui créé une instabilité législative peu propice à l’investissement. Ensuite, l’Etat espagnol a payé jusqu’à douze fois le prix du marché à des opérateurs privés qui en retirent de juteux bénéfices. Ne serait-ce pas à l’Etat de réaliser ces investissements pour éviter des rentes ?



L’Allemagne paie cher également ses investissements dans le domaine. Cet article de Christian Stoffaes dans la Tribune fait une comparaison effarante entre le nucléaire français et les énergies renouvelables allemandes : nos voisins ont investi 120 milliards d’euros pour 75 milliards de Kwh quand la France a payé 96 milliards (selon la nouvelle estimation, revue à la hausse, de la Cour des Comptes) pour 410 milliards de Kwh, 5 fois plus ! La raison : « les capacités de production renouvelable fonctionnent 1200 heures par an (sur les 8760 que compte une année) ». Cet article de Contrepoints chiffre l’effort de l’Allemagne à plus de 16 milliards d’euros en 2011 et la bagatelle de 28 milliards en 2015.

Une France plus conservatrice

mardi 6 août 2013

Le scandale de la privatisation des autoroutes


Il y a huit ans, son opposition à la privatisation des autoroutes menée par le gouvernement Villepin avait conforté la bonne opinion que j’avais de Nicolas Dupont-Aignan, après sa campagne contre le TCE. Un rapport de la Cour des Comptes confirme qu’il avait largement raison.




Le verdict de la Cour des Comptes

Le jugement est sévère : « la négociation des avenants aux contrats de concession (notamment les contrats de plan) et le suivi par le concédant (assuré par le seul ministère chargé des transports) des obligations des concessionnaires se caractérisent par un déséquilibre au bénéfice des sociétés autoroutières ». La Cour des Comptes dénonce « des augmentations tarifaires supérieures à l’inflation » et recommande même de « mettre en œuvre les dispositions contraignantes » et de « réaliser systématiquement une contre-expertise (…) de tous les coûts prévisionnels des investissements ».



Ce document de Debout la République montre que la hausse annuelle du tarif des péages est, à l’exception de 2007 et 2010, systématiquement supérieure à l’inflation depuis 2004. Pire, une autre analyse démontre l’envolée des profits des sociétés concessionnaires, qui ont progressé de 70% de 2001 à 2010 contre un peu plus de 25% pour l’ensemble des sociétés non financières. Comme le rappelle Marianne, en utilisant toutes les combines permises par les contrats de concession, les sociétés d’autoroutes ne cessent de faire progresser leurs tarifs sensiblement plus vite que l’inflation.


Une privatisation illégitime

samedi 29 juin 2013

La France s’enfonce dans l’austérité au ralenti


Cette semaine a été remplie par des polémiques sur les déficits. Gilles Carrez, de l’UMP, a tiré le premier en annonçant que le déficit allait dépasser 80 milliards, ce que la Cour des Comptes, présidée par le socialiste Didier Migaud, a confirmé, alors que le gouvernement envoie des lettres de cadrage sévères.



Querelle sur les comptes publics

La question du déficit pubic pour l’année 2013 est une sacrée épine dans le pied de l’équipe au pouvoir. Elle avait promis de tenir les 3% de PIB de déficit en 2013. Mais le cocktail amer de hausses d’impôts, décrété par lui-même et son prédécesseur, a fortement pesé sur la croissance, pesant sur les recettes et limitant fortement la réduction des déficits malgré les fortes hausses d’impôt, dans le même cercle vicieux en œuvre en Grèce et en Espagne, dans une proportion moindre néanmoins. Il a fallu attendre le mois de mars pour que François Hollande reconnaisse qu’il ne serait pas tenu.

Puis, il a fallu attendre le mois de mai pour que Pierre Moscovici s’entende avec la Commission Européenne pour repousser de deux ans le délai de retour à un déficit à 3% du PIB, pour 2015. Du coup, le ministre de l’économie avait fini par lâcher que le nouvel objectif pour cette année était d’un déficit de 3,7% du PIB, ce qui aurait supposé que les efforts d’ajustement devaient surtout être réalisés cette année et que les années 2014 et 2015 permettraient de desserrer la contrainte budgétaire. Les dernières nouvelles infirment cela puisqu’il semblerait que le déficit 2013 soit plus haut que prévu.

Gilles Carrez a délenché l’offensive en faisant mine d’oublier que le gouvernement avait déjà annoncé un nouvel objectif à 3,7% du PIB et non à 3%, dénonçant un dérapage de plus de 20 milliards. Mais aux petits arrangements avec la vérité de l’UMP ont répondu ceux de Pierre Moscovici qui, peu à l’aise visiblement sur l’atterrissage pour cette année (qui devrait être à nouveau révisé à la hausse) a préféré critiquer l’opposition pour sa gestion passée, oubliant au passage sa piètre performance. Pire, la Cour des Comptes a annoncé qu’il faudrait un ajustement de 28 milliards d’ici à 2015.

Le vent glacé de l’austérité