C’est un
livre que je recommande. Dans
« la fin de la mondialisation »,
François Lenglet prend le contre-pied des avocats de la mondialisation heureuse.
Non seulement il prédit une « fin de
la mondialisation », mais il détaille aussi tous les problèmes que
cette mondialisation pose aujourd’hui.
Le vice
des inégalités
François
Lenglet détaille en effet trois vices majeurs qu’a, pour lui, la
mondialisation. Le premier, largement théorisé par Thomas
Piketty, Camille Landais, Emmanuel
Saez, et plus dernièrement, par Joseph Stiglitz, dans « Le
prix des inégalités », est le fait que cette mondialisation
augmente fortement les inégalités. Il cite un sondage instructif : « 71% des citoyens étasuniens sont préoccupés
par les destructions d’emplois potentielles que causent le commerce avec la
Chine », contre seulement 15% des élites du pays… Il rappelle
également la
croissance de 25% des actifs des 500 plus grandes fortunes en 2012, alors
même que le pouvoir d’achat de la population a diminué.
Pour lui, il
n’y a pas de doute : « ces
inégalités ont été décuplées par l’ouverture des frontières, en particulier la
mondialisation financière. Pour les réduire, comme semblent le souhaiter
aujourd’hui les citoyens, il faudra réhabiliter les frontières ». Il
dénonce une
mondialisation qui ne tourne que pour les élites et qui refusent de le
voir : « étrange cécité qui
réunit les maîtres de l’économie par-delà les siècles et les conjectures, pour
une raison peu avouable : la mondialisation, inégale dans les dividendes
qu’elles distribue, leur apporte bien plus qu’aux autres ». Il
rapporte l’évidence : « les
revenus réels des travailleurs les moins qualifiés baissent, alors qu’à l’autre
extrémité de l’échelle les plus qualifiés voient, eux, leur salaire bondir bien
plus vite que la moyenne » (patrons, financiers, artistes,
sportifs).
Le vice
de la paralysie des gouvernements
