Une
philantropie totalement virtuelle ?
Le jour de
l’annonce, Mark
Zuckerberg était volontiers comparé aux grands philantropes de l’histoire.
Sauf que les choix du fondateur de Facebook donnent une perspective bien moins
généreuse à ce qui est une annonce assez réductrice, comme le décryptent le
Figaro ou Télérama.
D’ailleurs, rapidement, il
a publié une justification de certains de ses choix. En effet, la
« fondation » sera en réalité une LLC, une entreprise à
responsabilité limitée, qui pourra donc faire des profits. En outre, la Chan Zuckerberg Initiative ne compte pas
se restreindre à des œuvres de charité, mais aussi à des investissements dans
d’autres entreprises et pourra également se transformer en lobby, en finançant les
causes chères au patron. Pour le Figaro,
« le
PDG de Facebook semble plutôt réinvestir (sa fortune) ailleurs ».
En effet,
s’il s’agit de transférer ses parts dans une entreprise qu’il contrôle, la
philantropie est bien limitée. En outre, le
choix de cette structure juridique lui permet de bénéficier de différents
avantages fiscaux (dont l’exonération de tout impôt sur la succession pour
sa fille), volontiers choquants pour un couple aussi riche. Cette réduction des
impôts pour transférer une telle fortune peut quand même sembler assez mesquine
de
la part d’une entreprise, qui, en plus, se distingue (comme les autres,
certes), par l’utilisation des dispostifs légaux pour réduire au minimum ses
impôts. Derrière l’apparente générosité, on perçoit un acte finalement
assez égoïste, où
le patron de Facebook parvient à la fois à conserver ses parts en promettant
quelques miettes, tout en réduisant sa contributions à la collectivité.
Le
triomphe du capitalisme hyper-individualiste