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lundi 24 juin 2019

Libra de Facebook : ce retour au féodalisme qu’il faut refuser


L’annonce, qui se profilait depuis quelques temps, par Facebook, du lancement d’une crypto-monnaie, le Libra, avec le soutien de 27 autres entreprises privées a été accueillie par la plupart des média par une neutralité bienveillante assez effarante. Pourtant, ils devraient au moins poser la simple question de la légitimité pour une entreprise privée de créer une monnaie…


Retour vers le passé

mardi 8 décembre 2015

Ce que la « fondation » de Mark Zuckerberg dit de notre époque

La semaine dernière, le fondateur de Facebook a annoncé vouloir céder 99% de ses actions pour financer les œuvres d’une fondation. Vraie générosité ou arnaque ? Voici une annonce qui en dit très long sur notre époque, comme le décrypte remarquablement le philosophe Patrick Turmel.



Une philantropie totalement virtuelle ?

Le jour de l’annonce, Mark Zuckerberg était volontiers comparé aux grands philantropes de l’histoire. Sauf que les choix du fondateur de Facebook donnent une perspective bien moins généreuse à ce qui est une annonce assez réductrice, comme le décryptent le Figaro ou Télérama. D’ailleurs, rapidement, il a publié une justification de certains de ses choix. En effet, la « fondation » sera en réalité une LLC, une entreprise à responsabilité limitée, qui pourra donc faire des profits. En outre, la Chan Zuckerberg Initiative ne compte pas se restreindre à des œuvres de charité, mais aussi à des investissements dans d’autres entreprises et pourra également se transformer en lobby, en finançant les causes chères au patron. Pour le Figaro, « le PDG de Facebook semble plutôt réinvestir (sa fortune) ailleurs ».

En effet, s’il s’agit de transférer ses parts dans une entreprise qu’il contrôle, la philantropie est bien limitée. En outre, le choix de cette structure juridique lui permet de bénéficier de différents avantages fiscaux (dont l’exonération de tout impôt sur la succession pour sa fille), volontiers choquants pour un couple aussi riche. Cette réduction des impôts pour transférer une telle fortune peut quand même sembler assez mesquine de la part d’une entreprise, qui, en plus, se distingue (comme les autres, certes), par l’utilisation des dispostifs légaux pour réduire au minimum ses impôts. Derrière l’apparente générosité, on perçoit un acte finalement assez égoïste, où le patron de Facebook parvient à la fois à conserver ses parts en promettant quelques miettes, tout en réduisant sa contributions à la collectivité.

Le triomphe du capitalisme hyper-individualiste