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mardi 5 mars 2013

François Hollande, Papandréou français ?


Il y a quelques jours, après l’annonce d’une baisse du PIB de 0,3% au 4ème trimestre, le gouvernement a fini par admettre qu’il ne tiendrait ni ses prévisions de croissance pour 2013, ni son objectif de réduction des déficits. Mais sous cet apparent réalisme, se cache la même logique en œuvre en Grèce

L’austérité, version allégée

Il faut être honnête : la politique que met en place François Hollande n’est pas aussi violente que la politique mise en place à Athènes depuis 2010, ou même qu’à Lisbonne ou Rome. Il n’y a pas de baisse massive du salaire minimum, de coupes à la hache dans les dépenses publiques ou de hausses aussi massives des impôts, même si le gouvernement n’a pas eu la main légère sur la question, avec près de 30 milliards d’augmentation des prélèvements pour 2012 et 2013.

Néanmoins, même si elle est allégée, la logique est la même, et elle produit les mêmes résultats, allégés eux-aussi. Le choc fiscal décidé l’an dernier a, comme dans l’Europe du Sud, plongé notre pays dans la récession au 4ème trimestre. On constate que le serpent se mord la queue puisque l’austérité ralentit la croissance, ce qui diminue les recettes fiscales, ce qui fait que nous ratons les objectifs de réduction des déficits, ce qui impose de nouveaux efforts, qui devraient affaiblir plus encore l’économie… etc. Le même cercle vicieux qu’en Grèce, même s’il est moins brutal.

A ce titre, le fait que le gouvernement maintienne l’objectif de zéro déficit en 2017 ou les 3% pour 2014 est absurde. En effet, comme le déficit en 2013 sera entre 3,5 et 4% du PIB au lieu de 3%, cela signifie que l’effort à faire de 2013 à 2017 sera plus fort, ce qui va encore ralentir la croissance des années à venir. Un point de PIB d’ajustement budgétaire chaque année, cela revient à amputer la croissance d’un point et demi chaque année selon les derniers modèles du FMI

Deux logiques s’affrontent

mercredi 26 décembre 2012

Mario Monti, ou la dégénérescence de la démocratie


Cela en dit sans doute long sur le rapport des commissaires européens à la démocratie : Mario Monti, ancien commissaire, président du conseil démissionnaire d’une équipe technique arrivée au pouvoir sans élection, est candidat à sa succession, mais sans vouloir se présenter aux élections !

Après la démocratie

Todd avait bien vu l’évolution d’une partie des élites, qui se détachent de plus en plus de la démocratie et du peuple, se lamentant sur ses humeurs et refusant de plus en plus son jugement (surtout dès qu’il remet en cause la façon dont elles veulent construire l’Europe). Déjà, Mario Monti avait accédé au pouvoir dans des conditions guère satisfaisantes d’un point de vue démocratique même s’il avait le soutien d’une majorité du Parlement, y compris de celle qui était en charge des affaires auparavant.

Au même moment, le Premier Ministre grec, après avoir commis le crime de lèse-majesté ultime dans cette Europe post-démocratique, à savoir vouloir demander à ses concitoyens d’approuver les plans européens, était remplacé par un autre technocrate. Mais, à Athènes, la démocratie a repris ses droits. Après une première élection qui a produit un Parlement trop fragmenté, la seconde élection, en juin, a produit un résultat clair, dégageant une majorité légitime et incontestable.

En Italie, il est plus que temps que le gouvernement technique de Mario Monti passe le relais à un gouvernement issu d’une élection. Mais Mario Monti semble toujours hésiter sur une participation formelle à l’élection à venir. Après tout, il est déjà un confortable sénateur à vie. Et puis, la démocratie, c’est compliqué : il faut convaincre les électeurs, en rassembler une majorité, et pire, accepter l’avis de cette majorité, même s’il est contraire à ce que l’on pense…

Gagner une élection sans y participer

samedi 5 novembre 2011

Athènes martyrisée, Athènes outragée et Athènes bâillonnée !


Cette semaine aura été le théâtre d’une bien mauvaise tragi-comédie antique. Dans un geste gaullien et profondément démocratique, Georges Papandréou a annoncé la tenue d’un référendum sur le énième plan d’austérité grec. Mais après bien des tergiversations, il a été scandaleusement annulé.

Vaudeville post démocratique

Oui, Georges Papandréou avait raison de vouloir consulter ses concitoyens. Ce n’est pas parce que les dirigeants européens étaient parvenus à un accord la semaine dernière que le peuple grec n’avait pas son mot à dire. Lors du processus d’indépendance de l’Algérie, le Général de Gaulle n’avait cessé de consulter les Français étape par étape. Etant donné la sévérité des plans d’austérité demandés pour rester dans l’euro, il était plus que légitime que les Grecs s’expriment.

jeudi 3 novembre 2011

Le 5ème plan de sauvetage de l’euro est toujours aussi bancal


Georges Papandréou a bien gâché le G20 de Nicolas Sarkozy. Jeudi dernier, il nous avait vendu le plan signé le matin comme nous ayant préservé d’un cataclysme économique. Pourtant, on constate que comme d’habitude, ce plan ne règle, que la Grèce reste ou non dans l’euro.

Pourquoi les marchés l’ont aussi bien accueilli ?

En effet, le moins que l’on puisse dire, c’est que les marchés financiers ont beaucoup apprécié ce 5ème plan de sauvetage de l’euro. Le CAC 40, qui était tombé sous les 2700 points en septembre, a dépassé les 3300 points jeudi, soit une progression de plus de 20% en à peine plus d’un mois, avant de retomber avec le référendum grec. Mais il faut tempérer ce jugement par le fait qu’il était à 4000 points au 1er juillet. Il n’a fait que rattraper la moitié du terrain perdu depuis quatre mois.

mercredi 2 novembre 2011

Vive la Grèce libre !



Menace sur la démocratie ?

Mais se rendent-ils compte de ce qu’ils font ? C’est à croire que Nicolas Sarkozy souhaite que le « non » l’emporte avec ses déclarations à l’emporte-pièce ou celles de la majorité (Christian Estrosi décrochant le pompon en la matière). En fait, il semblerait que les dirigeants européens veuillent carrément faire revenir le premier ministre grec sur son annonce et annuler le référendum. Au moins, Angela Merkel a eu le bon sens de ne pas faire de déclaration publique.

mardi 1 novembre 2011

Euro : la roue tourne enfin à Athènes


Coup de théâtre stupéfiant hier : Georges Papandréou a annoncé un référendum sur le nouveau plan européen et affirmé que « si les Grecs n’en veulent pas, il ne sera pas adopté ». Vu ce que traverse le pays depuis deux ans, l’issue semble incertaine, comme le sort de l’euro.

Le bon choix de Georges Papandréou

Le premier ministre socialiste mène une politique mortifère : une dépression économique sans précédent qui a fait s’envoler le chômage de 7 à 16% avec un cocktail monstrueux de coupes dans les budgets de l’Etat et de hausses d’impôt, allant jusqu’à compromettre la santé de la population, comme le rapporte Pierre Lévy. Jusqu’à présent, le gouvernement suivait les demandes de la troïka technocratique sans rien demander au peuple, malgré d’immenses protestations.