Il y a
quelques jours, après l’annonce d’une baisse du PIB de 0,3% au 4ème
trimestre, le
gouvernement a fini par admettre qu’il ne tiendrait ni ses prévisions de
croissance pour 2013, ni son objectif de réduction des déficits. Mais sous
cet apparent réalisme, se cache
la même logique en œuvre en Grèce…
L’austérité,
version allégée
Il faut être
honnête : la politique que met en place François Hollande n’est pas aussi
violente que
la politique mise en place à Athènes depuis 2010, ou même qu’à Lisbonne ou
Rome. Il n’y a pas de baisse massive du salaire minimum, de coupes à la hache
dans les dépenses publiques ou de hausses aussi massives des impôts, même si le
gouvernement n’a pas eu la main légère sur la question, avec près de 30
milliards d’augmentation des prélèvements pour 2012 et 2013.
Néanmoins,
même si elle est allégée, la logique est la même, et elle produit les mêmes
résultats, allégés eux-aussi. Le choc fiscal décidé l’an dernier a, comme
dans l’Europe du Sud, plongé notre pays dans la récession au 4ème
trimestre. On constate que le serpent se mord la queue puisque l’austérité
ralentit la croissance, ce qui diminue les recettes fiscales, ce qui fait que
nous ratons les objectifs de réduction des déficits, ce qui impose de nouveaux
efforts, qui devraient affaiblir plus encore l’économie… etc. Le
même cercle vicieux qu’en Grèce, même s’il est moins brutal.
A ce titre, le
fait que le gouvernement maintienne l’objectif de zéro déficit en 2017 ou les
3% pour 2014 est absurde. En effet, comme le déficit en 2013 sera entre 3,5
et 4% du PIB au lieu de 3%, cela signifie que l’effort à faire de 2013 à 2017
sera plus fort, ce qui va encore ralentir la croissance des années à venir. Un
point de PIB d’ajustement budgétaire chaque année, cela
revient à amputer la croissance d’un point et demi chaque année selon les
derniers modèles du FMI…
Deux
logiques s’affrontent