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mardi 8 septembre 2015

Impôts, droit du travail : Hollande déborde les Républicains par leur droite

Etonnamment, cela a été peu souligné. Mais entre la baisse des impôts des entreprises, la double baisse de l’impôt sur le revenu - le tout financé par des économies – le gel du SMIC, le travail du dimanche, ou la réforme du droit du travail, le président dépasse les Républicains par leur droite.



Une politique fiscale ouvertement de droite

En effet, pour qui prend un peu de recul, la politique menée par la majorité actuelle est sidérante. Dans les décennies précédentes, c’était la droite qui baissait l’impôt sur le revenu, un impôt payé par les classes moyennes et supérieures puisque près de la moitié des citoyens ne le paient pas. Mesure-t-on vraiment le caractère révolutionnaire d’une majorité dite de gauche qui baisse deux fois l’impôt sur le revenu, en s’appuyant en plus sur des économies dans la dépense publique ? Cela est d’autant plus habile que les équipes de Hollande ont calibré cette baisse pour toucher un maximum de contribuables : pas moins de 9,45 millions de foyers seront concernés en 2014, dont 2 millions qui verront leurs impôts baisser de plus de 400 euros et 3 millions qui sont sortis de l’impôt ou ont évité d’y entrer !

On peut sans doute y voir la conjonction d’une pensée contaminée par la pensée néolibérale et d’un souci purement électoraliste de préparer les élections de 2017. Ne peut-on pas penser que les classes moyennes pourraient finir par récompenser le candidat Hollande de cette double baisse de leurs impôts ? Ceci équilibre sans doute le pacte de compétitivité, qui réduit les impôts de 40 milliards pour les entreprises. Mais il faudrait probablement remonter aux années 1980 pour trouver un gouvernement dégageant autant de moyens pour baisser les impôts (même s’il est vrai que cela intervient après deux vagues de hausses). Et le plus effarant est que cette majorité envisage de baisser l’impôt sur les sociétés, suivant un curieux vent, qui fait que son produit a chuté de 25% en 2014 alors que les profits grimpaient… 

Un marché du travail sous influence antisociale

vendredi 21 août 2015

Impôts, travail du dimanche : Hollande parachève son cap libéral




Libéralisme décomplexé

En effet, pour qui prend un peu de recul, les informations des derniers jours ont vraiment de quoi donner le tournis. D’une part, François Hollande annonce une baisse d’impôts pour 2016, sans doute de l’impôt sur le revenu, si on en croit Europe 1, et donc centré sur les classes moyennes supérieures. De l’autre, le projet de décret consécutif à la loi Macron va très loin dans l’extension des zones touristiques internationales à Paris, développant de facto le travail du dimanche. Et parallèlement, des services d’urgence ont été fermés cet été et d’autres ont vu leurs horaires d’ouverture réduits. Enfin, le coût des activités périscolaires prévues dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires, s’envole, jusqu’à 257% à Pézenas, soit 300 euros de plus par an et par enfant, un coût rédibitoire pour certains parents.

En résumé, les cadres devraient payer un peu moins d’impôts l’an prochain et les classes populaires des zones périurbaines déclassées pourraient subir la double peine d’un détricotage du service public par un éloignement des urgences médicales et le renchérissement de l’école publique dont les pratiques tarifaires se rapprochent de plus en plus des entreprises privées, du fait de la baisse des dotations. Et pour couronner le tout, les chômeurs des agglomérations touristiques seront de plus en plus contraints d’abandonner leurs familles le dimanche pour servir les riches touristes étrangers. Sarkozy en rêvait ? Hollande l’a fait ! Il est tout de même effarant que le PS préside à une telle déconstruction du service public et du droit du travail tout en baissant les impôts des entreprises et des classes moyennes.

Quelles conséquences pour 2017 ?

mardi 26 novembre 2013

Oui à une révolution fiscale !


Après avoir suscité un « ras-le-bol fiscal », le gouvernement essaie de reprendre la main sur ce dossier, en exhumant une promesse de campagne du candidat François Hollande : une grande réforme fiscale. Si le principe est intéressant, en revanche, tout dépendra de ce qui sera mis en place.

Le joker du gouvernement

Il y a quelques jours, le gouvernement était au plus mal après des semaines de polémiques sur Léonarda, les hausses d’impôt ou l’écotaxe. Sans même en informer ses ministres semble-t-il, Jean-Marc Ayrault a décidé d’essayer de reprendre la main en annonçant une réforme de la fiscalité, qui faisait partie du programme du candidat Hollande. Hier, le premier ministre a donc reçu les partenaires sociaux pour discuter du cadre de la réforme, sans la présence de Pierre Moscovici, retenu par un autre engagement. Le Monde a consacré un papier assez complet et intéressant sur le sujet.



Après, il y a réforme fiscale et réforme fiscale. Le gouvernement osera-t-il la révolution prônée par Thomas Piketty, Camille Landais et Emmanuel Saez dans leur très bon livre ? L’oubli de cette promesse électorale a été sévèrement jugé par le premier, qui critique souvent le gouvernement. Rien n’est moins sûr quand on voit la capacité de cette équipe à reculer juste après avoir avancé, devant les protestations des uns et des autres. En outre, les Français sont assez sceptiques, beaucoup craignant, logiquement, que cela aboutisse à une nouvelle hausse des impôts, comme l’explique le Figaro.

Ce qu’il faudrait faire

vendredi 13 septembre 2013

Football et taxe à 75% : quand Moscovici se moque du monde


C’est sans doute une conséquence logique de la manière dont cette taxe a été conçue : cela fait déjà 16 mois que le gouvernement tergiverse sur la mise en œuvre de cette promesse électorale de François Hollande, avec un manque de professionnalisme et de justice flagrant.



Le football, en partie exonéré ?

Le cas du football semble inquiéter : en effet, si les stars du ballon rond étaient taxés à 75% au-delà d’un million d’euros de revenus annuels, alors, la compétitivité de nos clubs par rapport à leurs concurrents européens risque d’être sacrément handicapée. En effet, cette taxe toucherait plus d’une centaine de joueurs dans un championnat où le revenu moyen approche un demi-million d’euros par an. Sa mise en place peut avoir deux conséquences : soit une forte réduction du salaire net des joueurs, ou alors, une forte augmentation des coûts des clubs s’ils garantissent ce salaire net.

Le problème est que les clubs de football français ont, en général, moins de moyens que les autres grands clubs européens, du fait d’une moindre audience à la télévision et dans les stades (à part pour Monaco et le PSG). En outre, le football s’illustre aussi par une capacité assez extraordinaire à dépenser des sommes folles, parfois même au-delà de tous les équilibres économiques. C’est pour cela que Pierre Moscovici a dit : « nous attentons les avis, mais c’est vrai que nous avons des clubs de football dont l’équilibre est fragile » mais il a reconnu qu’il lui faudra prendre une mesure générale.

Une injustice flagrante

dimanche 25 septembre 2011

La révolution fiscale de Piketty, Landais et Saez (2/2)


Après avoir fait un constat extrêmement détaillé, les auteurs ne s’arrêtent pas là et proposent une réforme clé en mains, tout en admettant qu’elle n’est pas parfaite et qu’il s’agit notamment de susciter un débat tout en donnant les moyens aux citoyens de travailler sur une proposition alternative.


La proposition des auteurs


Soyons clairs, l’immense majorité des propositions me semblent très pertinentes. Les objectifs sont les bons : créer une fiscalité plus simple et plus juste, notamment en la rendant progressive et en égalisant l’imposition sur les revenus du travail et du capital. Les Français ont (à raison) des doutes sur la justice de notre système fiscal : ils proposent donc une simplification radicale en supprimant un maximum d’impôts et d’aides pour les fusionner dans un dispositif global.