Des Femen
et du Front National
Bien sûr, on
peut juger que les actions des Femen ne sont pas un modèle de débat
démocratique. On peut également juger que leur attitude est très agressive et
que comparer le FN à Hitler est tout de même très exagéré. Néanmoins, comme
pour Charlie Hebdo, le fait que des
personnes puissent s’exprimer de la sorte, même si on n’adhère pas du tout à
leur façon de faire, est aussi le signe que nous vivons en démocratie, et que
la liberté d’expression existe. Après tout, même si ce qu’elles font est
choquant, elles n’exercent pas de violence physique contre quiconque, respectent
de facto la liberté de tout le monde, même si elles expriment une critique
radicale et assez violente de ceux qu’elles visent.
Bien sûr, on
peut comprendre que les membres du Front National soient furieux de leur
action, qui
vient un peu gâcher la réunion de famille annuelle du 1er mai.
Mais imaginons deux secondes que Marine Le Pen ait pris leur intervention
différemment. Si elle avait demandé à son service de sécurité, ou à un des
membres connus de son mouvement de leur apporter à boire ou à manger, ou même,
qu’elle leur avait offert un micro pendant quelques instants, alors elle aurait
rendu totalement ridicule la comparaison avec le nazisme, aurait mis les rieurs
de son côté, et aurait franchi une étape de plus dans la dédiabolisation de son
parti. Une telle réaction aurait sans doute été la meilleure réponse à
apporter.
Ce qu’il
y a de brun dans la flamme