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samedi 23 mai 2015

Avis de mascarade démocratique au PS

Jeudi, les militants socialistes, pour beaucoup des élus, se sont exprimés en vue du Congrès à venir. Les résultats sont conformes à ce qui était attendu et satisfont presque tout le monde. Le débat a été inexistant, ce Congrès étant principalement un balet gouverné par les egos et les intérêts personnels.



Un faux débat idéologique

Les résultats de ce Congrès ne sont pas surprenants. La motion A, du premier secrétaire, qui soutient le gouvernement, est arrivée largement en tête, ce qui n’est pas une surprise étant donné le relatif anonymat des trois autres porteurs de motions concurrentes. Le vote aurait eu une autre portée si Arnaud Montebourg ou Benoît Hamon avaient porté la motion B. Et que dire si Martine Aubry avait décidé de ne pas se ranger derrière Jean-Christophe Cambadélis ? Ce faisant, tous ces éléphants préfèrent privilégier les intérêts de leur parti et les places qu’il peut procurer aux idées… En outre, la concurrence des deux autres listes permettait de diviser l’opposition à la ligne gouvernementale.

Et cela est d’autant plus habile que la motion Christian Paul était prise en sandwich entre la motion C, de Florence Augier, marquée à gauche, et la fausse motion d’opposition de Karine Berger, dont on se demande bien ce qui peut la séparer de la motion A. En fait, on pourrait ajouter le score des motions A et D pour bien mesurer le poids de la ligne eurolibérale au PS. On peut aussi questionner la sincérité des frondeurs tant ils n’ont aucun poids sur la ligne de leur parti depuis plus de 30 ans. Ne se complaisent-ils pas dans une opposition tellement improductive qu’on peut se demander s’ils sont véritablement sincères pour rester dans un parti qui ne mène pas la politique à laquelle ils disent croire ?

Une vraie quête de places

jeudi 23 octobre 2014

Aubry, Hamon : les postures dérisoires de l'aile "gauche" du PS


C'est le feu dans la maison socialiste. Avec un président de la République qui bat des records d'impopularité à mi-mandat, une partie des camarades hésitent de moins en moins à tirer contre l'ambulance. Vrais désaccords de fond ou postures destinées à préparer leur avenir personnel ?



Mots durs pour désaccords superficiels

Menace sur la République ! L'ancien ministre de l'éducation n'est pas allé avec le dos de la cuillère dans sa critique de la politique du gouvernement. Bien sûr, devant les critiques de ses camarades, il a précisé que ce sont les politiques de réduction des déficits qui menacent la République, parce qu'elles affaiblissent l'Etat et pourraient favoriser Marine Le Pen pour les élections présidentielles en 2017. Mais cette présentation des choses est profondément surprenante, pour ne pas dire malhonnête. En effet, les déficits publics seront stables entre 2013 et 2015, à 4,3% du PIB et le gouvernement a réduit l'étau de l'austérité suite à la révolte fiscale de 2013. Bref, il est curieux d'exprimer une telle critique alors même que la majorité va plutôt dans la direction de Benoît Hamon, sur la question précise des déficits.

Martine Aubry a également exprimé ses divergences avec la politique menée par celui qui l'a battu en 2011. Elle propose de réduire le montant des baisses de charges à destination des entreprises, en le ciblant sur les entreprises innovantes, qui embauchent et qui investissent. Une idée qui peut sembler intéressante, mais qui ressemble furieusement aux usines à gaz souvent conçues par les énarques, autant d'occasions pour les grands groupes d'échapper à l'impôt. La mise en place serait sans doute un cauchemar. Ensuite, elle propose de réinvestir 20 milliards ainsi économisés dans la demande, en s'appuyant notamment sur les collectivités locales. On n’est jamais mieux servi que par soi-même... Une bonne illustration du caractère tribal de ces politiques qui ne voient pas plus loin que leur mandat.

Le théâtre des ambitions prédomine

lundi 26 novembre 2012

UMP : le blocus des égos



Les illusions de Fillon et Juppé

Mais comment François Fillon et Alain Juppé, qui ne sont pas des perdreaux de l’année, ont-ils pu croire un moment que Jean-François Copé allait accepter les conditions qu’ils voulaient lui imposer ? Alain Juppé s’est présenté en sauveur désintéressé du parti qu’il avait présidé. Il a cru bon poser ses conditions pour la médiation dans les médias, croyant sans doute que sa volonté allait forcément s’imposer aux statuts de l’UMP, avant même d’en discuter avec les deux protagonistes.

Bref, Alain Juppé a péché par orgueil dans sa manière de procéder. Avant d’annoncer publiquement qu’il était prêt à faire une médiation, il aurait du parler à François Fillon et Jean-François Copé pour voir s’il était possible pour lui de jouer un rôle dans cette tragi-comédie. Il a fait l’inverse, sans doute par orgueil, et il se retrouve le bec dans l’eau, même s’il garde le beau rôle médiatiquement, personne ne remettant en cause le mode assez cavalier qu’il a eu en posant ses conditions.

Mais François Fillon a également été victime de son ego. Trop sûr de sa victoire et de ses sondages, il n’a pas vu que la base militante s’était droitisée. Il n’a rien proposé, comptant uniquement sur son expérience et son image médiatique pour s’imposer. Mais depuis la victoire décernée par la COCOE, il parvient à être à la fois vindicatif (le coup de la « mafia », la menace d’action en justice), en retard sur les évènements et fuyant (ses soutiens ont quitté la Commission de recours).

Copé est-il inexpugnable ?

lundi 17 octobre 2011

François Hollande, candidat à l’alternance


Les primaires du PS ont livré leur verdict, clair et sans bavure : François Hollande sera le candidat pour les élections présidentielles. La ténacité toute corrézienne de l’ancien premier secrétaire l’a emporté sur Martine Aubry dont les attaques n’ont pas réussi à changer la dynamique de la campagne.

Une victoire logique

La victoire de François Hollande est assez logique. Largement arrivé en tête dimanche dernier, il a également rallié l’ensemble des candidats qui ne sont pas parvenus au second tour, obtenant même le soutien de Ségolène Royal et même si Arnaud Montebourg s’est contenté d’une déclaration a minima. A l’inverse, Martine Aubry est restée isolée et qui plus dans une attitude assez agressive avec son concurrent, qui ne semble pas lui avoir réussi au final.

samedi 15 octobre 2011

Hollande, Aubry : le jospino-delorisme, vous le voulez sectaire ou mou ?


L’absence de véritable différence programmatique focalise le second tour des élections primaires du PS en un duel de personnalités. Mais si François Hollande évite globalement de polémiquer, Martine Aubry souligne ses différences avec son adversaire jusqu’aux limites de l’agressivité.

Le rassembleur sympathique contre l’autoritaire cassante

Le fait de se retrouver seuls à débattre a fait davantage ressortir les traits de caractère des deux protagonistes du second tour. Les sourires de François Hollande contrastaient avec la mine renfrognée de la maire de Lille. Mais la plus grande réussite du député de Corrèze est sans doute d’avoir réuni sur son nom les soutiens de tous les candidats éliminés, de Ségolène Royal, qui prend sa revanche du Congrès de Reims à Arnaud Montebourg, qui vole vers la victoire.

jeudi 13 octobre 2011

Aubry et Hollande oublient Montebourg


Hier soir, Martine Aubry et François Hollande débattaient sur France 2. Un débat prévisible où il ne fallait pas oublier que les différences étaient essentiellement cosmétiques entre les deux héritiers de Jacques Delors et Lionel Jospin, mettant finalement Arnaud Montebourg sur la touche.

Peu de surprises

Pour être totalement honnête, j’ai écrit la plupart de ces lignes avant le débat de manière à voir si elles résisteraient à la réalité. Il faut dire que le positionnement des deux « impétrants », pour reprendre la formule d’Arnaud Montebourg, est bien connu. François Hollande doit concilier un périlleux équilibre entre le fait de continuer à apparaître comme le plus à même de battre Nicolas Sarkozy (et donc être proche du centre) tout en tendant la main aux partisans du troisième homme.

mardi 11 octobre 2011

Montebourg face au sempiternel dilemme de la gauche du PS


Avec 17% des suffrages dimanche, c’est bien le partisan de la démondialisation qui a créé la surprise et qui est au cœur de toutes les discussions. Mais que va-t-il faire de son capital ? Le vendre aux héritiers de Delors et Jospin ou rester fidèle à ses convictions ?

Merci Arnaud Montebourg !

Je n’ai jamais été un grand partisan du troisième homme de cette élection, même s’il a voté « non » au TCE en 2005. Il faut dire que faire de la Sixième République un point phare de son programme n’est pas pour plaire au gaulliste que je suis. Mais, malgré tout, il faut reconnaître que non seulement il a fait une bonne campagne, mais que, ce faisant, il a eu le courage de défendre beaucoup d’idées pour lesquelles je me bats également depuis longtemps.

lundi 10 octobre 2011

Le PS est irrécupérable

Hier, avait lieu le premier tour des primaires socialistes. Sans grande surprise, le second tour verra s’affronter Martine Aubry et François Hollande. Même si Arnaud Montebourg a fait un très beau score, la finale 100% deloriste démontre toutes les limites du PS.

L’alternance, mais pas l’alternative

Certes, Arnaud Montebourg créé la surprise du premier tour, en réussissant à distancer Ségolène Royal et Manuel Valls, dont on se demande souvent ce qui le distingue de l’UMP. Mais malgré tout, l’aile gauche du Parti Socialiste a seulement réuni un sixième des voix. Elle reste relativement marginalisée dans un parti qui l’a toujours maltraitée, à part pendant la parenthèse collectiviste de la fin des années 1970 et du début 1980 et qui l’avait alors mené au pouvoir.