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mardi 14 avril 2015

Allocations familiales : la faute du gouvernement

Comme le note 20 minutes, « à partir de juillet, les prestations familiales seront divisés par deux à partir de 6000 euros de revenus nets par mois, et par quatre dès 8000 euros ». Mais même en étant favorable à plus de progressivité fiscale, cette mesure est une grosse faute du gouvernement.



Bricolage anti-familial

A première vue, on peut se dire que rabotter quelques centaines d’euros à des ménages gagnant plus de 6000 euros net par an n’est pas injuste et que cela contribue à remettre un peu de progressivité dans notre système fiscal global. Après tout, il s’agit ici des personnes qui gagnent le plus. Mais cette mesure pose de nombreux problèmes. D’abord, il ne s’agit pas d’une augmentation globale de la progressivité de l’impôt sur le revenu, par une augmentation de la tranche supérieure, qui s’appliquerait de manière uniforme à ceux qui gagnent plus qu’une certaine somme, comme avec l’introduction de la tranche à 45%. Ici ne sont ciblés que les familles, ce qui est paradoxal étant donnée leur importance.

Ensuite, dfficile de ne pas y voir un nouvel épisode du bricolage fiscal et législatif de nos gouvernements, qui, pour trouver quelques millions, rabottent par ci et par là, sans presque jamais se poser la question du projet d’ensemble. C’est exactement le même phénomène qui était à l’œuvre avec l’éphémère taxe à 75%, qui comportait des exceptions effarantes visant les clubs de football. Nos gouvernants, de droite comme de gauche, ne cessent d’empiler les mesures pour réagir sans jamais véritablement mener des réformes de fond, créant un mille-feuille extrêmement complexe. C’est exactement la même logique qui est à l’œuvre avec la réduction d’impôt sur les investissements annoncée il y a peu.

Démontage de la Sécurité Sociale

mardi 28 octobre 2014

Budget, allocations familiales, TGV : les choix révélateurs du gouvernement


Depuis le changement de gouvernement, la majorité est rentrée dans une phase hyperactive, où elle multiplie les décisions. Outre le caractère de plus en plus néolibéral de son agenda, on peut aussi y voir la réduction de la politique à de la simple gestion et l’oubli de la défense d’un modèle de société.



Gérer au lieu de diriger

Si tout ce qui se passe depuis l’été (ou même depuis le début du mandat) n’est pas sans cohérence d’un point de vue idéologique, il est frappant de constater à quel point le gouvernement semble naviguer à vue, sans jamais sembler capable de voir plus loin que le bout de ses pieds. D’où l’annonce à l’automne 2013 qu’il tiendra les 3% de PIB de déficit budgétaire en 2015, qu’il est obligé, un an après à peine, de repousser de deux ans de plus. Il en va de même dans le bras de fer sur le déficit budgétaire pour 2015. Après avoir indiqué qu’il ne négocierait pas avec la Commission, il a fini par lâcher un peu de lest, sous la forme d’une réduction de 3,6 milliards d’euros du déficit budgétaire.

Et cette lutte dérisoire et contre-productive contre les déficits, les mains dans le dos sans l’appui d’une banque centrale, comme à Tokyo, Washington, Londre ou Stockholm, pousse le gouvernement à multiplier les mesurettes destinées à réduire les déficits. On peut penser aux 700 millions que devrait rapporter la réforme des allocations familiales. Incapable de fixer un cap solide qui peut réussir, François Hollande et son équipe se font que réagir, ne cessant d’adapter à la marge le cap politique de la France en fonction des échecs que provoque leur politique, dans une adaptation continue mais dérisoire et superficielle. Nous n’avons plus des dirigeants mais des gestionnaires à la petite semaine.

L’oubli complet des principes

lundi 25 mars 2013

Contre la réduction des allocations familiales !


La cause semble désormais entendue. Le gouvernement souhaite réduire les déficits publics et le ralentissement de l’activité provoqué par l’austérité le pousse à envisager de nouvelles coupes pour tenir ses objectifs. Les allocations familiales sont dans son viseur.

Courage, taxons les familles riches !

Dans le contexte d’une impopularité extrêmement forte et toujours croissante, il est difficile de réduire les déficits publics. Le gouvernement ne veut guère couper dans les dépenses (à part la défense), ce qui n’est guère populaire et créérait des mécontents. En outre, la tolérance à l’imposition a été durement testée avec les mesures prises depuis près d’un an. Du coup, le gouvernement cherche à faire des économies sans prendre le risque de l’impopularité ou de l’affrontement.

Dans ce cadre, viser les allocations familiales des familles les plus riches semble quelque chose de facile. D’ailleurs, le gouvernement a lancé plusieurs pistes dans les médias pour mesurer le degré de résistance ainsi que l’opinion des français. Résultat, un sondage indique que 66% des Français seraient favorables à la réduction ou à la suppression des allocations familiales passé un certain niveau de revenu. Passons sur le fait qu’une réduction de 10 ou 100% n’est pas la même chose, de même que l’absence de définition précise de ce qu’est un ménage aisé (qui varie selon les citoyens).

Dans un premier temps, le gouvernement a évoqué des pistes de réforme fiscale : suppression d’une demi-part ou intégration des allocations familiales dans la base fiscale. Mais devant l’impopularité de ces idées, Marisol Touraine est intervenue pour dire que ces pistes ne seraient pas suivies. Du coup, la solution d’une réduction des allocations familiales pour les ménages aisés semble aujourd’hui devoir s’imposer puisqu’elle semble recueillir l’assentiment d’une majorité de Français.

Une mauvaise réforme