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dimanche 2 décembre 2018

samedi 7 novembre 2015

Sur les barrages, l’Europe atteint le comble de la bêtise

Au début, on pouvait croire à un mauvais poisson d’avril. Pour quelle raison les technocrates de Bruxelles pourraient-ils demander à la France de privatiser des barrages construits et entretenus par l’Etat ou par ses entreprises ? Quel pourrait être l’intérêt de les vendre à des intérêts privés ?



Des précédents inquiétants

Le Figaro rapporte que c’est François Fillon et Nicolas Sarkozy qui se seraient engagés auprès de l’UE à privatiser une partie des barrages, en contrepartie du maintien des tarifs réglementés de l’électricité. Déjà, on a du mal à comprendre le lien entre les deux, ni les techniques de négociation de l’ancienne majorité. Mais on peut malheureusement craindre que les choses ne se soient pas arrangées avec la nouvelle. Car il est tout de même fondamentalement absurde de privatiser de tels ouvrages collectifs. On voit bien, avec le cas des autoroutes, que la privatisation d’anciens services publics, n’aboutit qu’à créer une rentre lucrative pour des entreprises privées, avec des marges indécentes (près de 40% pour Vinci), et des destructions massives d’emplois : difficile de croiser un humain aux péages…

Dans presque tous les domaines, la privatisation des services publics n’apporte aucun bénéfice au public. Les éventuels gains de productivité ne viennent qu’enrichir des actionnaires qui n’ont aucune limite dans leurs demandes. La libéralisation des renseignements téléphoniques a provoqué une envolée des prix et n’a enrichi, temporairement, que les médias. De même, on voit bien que la libération du secteur de l’énergie ne pousse pas les prix à la baisse. Et la situation des Etats-Unis nous montre que la privatisation est synonyme de hausse de prix : l’éducation supérieure ou la santé, largement abandonnées au privé, coûtent beaucoup plus cher qu’en France. A contrario des mythes néolibéraux, le marché ne pousse pas toujours à une plus grande efficacité, comme le reconnaît même The Economist.

Entre lobbys et dogmatisme

mardi 10 septembre 2013

La libéralisation ubuesque des barrages


On peut supposer qu’il s’agit encore d’une des absurdités issues des règles européennes acceptées par Lionel Jospin et Jacques Chirac. Comme le titre Le Monde : « barrages : le gouvernement se range à la mise en concurrence ». Une nouvelle étape dans la liquidation du service public de l’énergie.



Une nouvelle aberration

La libéralisation du secteur de l’énergie produit une quantité d’absurdité incroyable. Tout d’abord, il faut découper le réseau de la production et la distribution (RTE et RFF pour l’électricité et le transport ferroviaire) pour permettre l’entrée de nouveaux acteurs. Ensuite, il faut mettre en place une autorité pour gérer les liens avec le gestionnaire du réseau et les différentes entreprises. Tout ceci multiplie les coûts et aboutit, comme on le voit bien en France, à une explosion des tarifs, totalement injustifiée quand on se penche un peu sérieusement sur les comptes d’EDF.

Mais là, on atteint un nouveau degré dans l’absurde avec le renouvellement des concessions des barrages. Aujourd’hui, elles sont majoritairement confiées à EDF et GDF, et il semble normal que de tels ouvrages, construits par la puissance publique, restent dans la sphère publique. Bien sûr, les défenseurs de la libéralisation (comme le Monde, décidemment peu porté à la nuance ces derniers temps) soutiennent que cela serait le moyen de tripler les recettes de l’Etat. Mais en augmentant les redevances, cela réduirait les profits d’EDF et donc les dividendes que l’entreprise verse à l’Etat…

La création de nouvelles rentes privées