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dimanche 22 janvier 2023

Retraites : une réforme cynique, injuste et injustifiée

La mobilisation massive de jeudi pourra-t-elle, si elle se renforce, faire dérailler le projet de réforme des retraites de Macron ? C’est devenu possible. Le comportement hautain, superficiel et mensonger de l’exécutif pourrait bien produire une coagulation des luttes et un rassemblement des Français contre ce projet, tout aussi cynique, qu’injuste et largement injustifié financièrement.

 


Postures, mensonges et rationnel totalement bancal

 

jeudi 27 octobre 2016

Le grand abandon de nos forces de l’ordre

Les manifestations des forces de l’ordre, en plein état d’urgence, chose théoriquement interdite, comme le note Jacques Sapir, démontre une bien une profonde crise de régime. Mais, en lisant les témoignages effarants de policiers à cette occasion, elles révèlent également la profondeur du malaise d’un pilier de notre République, abandonnés par absolument tous nos dirigeants.



Le produit de la RGPP et du libertarisme

mardi 29 juillet 2014

Incohérence politique et “Syndrome Malik-Oussekine » (billet invité)


Billet invité de Michel Colas

En quelques jours, nous venons d’assister à des scènes de violences urbaines comme nous n’en avions pas eu depuis longtemps. L’objet de ce billet n’est pas d’attribuer à tel ou tel camps la responsabilité de ces faits, mais d’essayer d’y voir plus clair sur la manière dont les autorités les ont appréhendés.


Tout d’abord, pour ceux et celles qui ne le savent pas, les manifestations sont soumises non à une demande d’autorisation, mais à une déclaration préalable dans laquelle, les organisateurs doivent mentionner un certain nombre d’éléments (coordonnées des organisateurs, nombres de personnes attendues, trajet emprunté, motif, etc.), qui permettront à l’administration de prendre les dispositions nécessaires au bon déroulement de la dite manifestation ou, dans le cas d’un risque grave à la sécurité des personnes et des biens, de l’interdire.  Dans le cas de la manifestation pro palestinienne interdite, la décision ne peut être que politique, le problème de sécurité ne pouvant  être invoqué (les violences ont été perpétrées en fin de manifestations comme dans la majorité des cas par une petite partie des participants).

mercredi 26 mars 2014

Les Espagnols défllent contre la répression européenne


Dimanche, les Français ont exprimé une profonde insatisfaction contre les principaux partis de notre pays. Samedi, les Espagnols faisaient de même, mais en défilant par centaines de milliers à Madrid contre les politiques d’austérité menées dans leur pays et leurs conséquences monstrueuses.


La colère du pays réel

Comme pour les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne, on a l’impression aujourd’hui qu’il y a deux Espagne. D’une part, il y a le pays qui retrouve de la croissance, est parvenu à rééquilibrer son commerce extérieur en quelques années, et qui réduit drastiquement son déficit budgétaire, au point de pouvoir emprunter à 3,3% à 10 ans. Mais cette image est totalement virtuelle, déconnectée de la réalité de la vie de la population du pays, comme l’ont bien démontré les manifestants de samedi dernier, certains estimant même qu’ils étaient près de deux millions à participer à cette « marche de la dignité ».

La manifestation a eu lieu sous le slogan « non aux coupes budgétaires – du pain, du travail et un toit », dénonçant « l’urgence sociale, le chômage qui touche toujours plus d’un actif sur quatre en Espagne et la politique d’austérité menée par le gouvernement de droite depuis plus de deux ans ». Une partie des manifestants réclamaient carrément le non remboursement de la dette du pays. Car l’amélioration des statistiques économiques espagnoles est totalement virtuelle pour une population confrontée à un chômage toujours monstrueux et à une baisse du pouvoir d’achat, qui explique en grande partie le redressement des comptes extérieurs du pays, au prix d’une grave misère sociale.

L’espoir venu des Pyrénées

jeudi 25 avril 2013

Pourquoi s’opposer à l’amnistie pour les mouvements sociaux


Hier, le gouvernement a annoncé qu’il est défavorable au projet d’amnistie des délits commis lors des mouvements sociaux, présenté par le groupe communiste et adopté au Sénat. Si le gouvernement a raison d’être ferme, il est dommage que ce soit toujours dans le même sens.




Non à l’ensauvagement de la société !

Hier matin, Gérard Filoche défendait sur RTL ce projet d’amnistie. Le député socialiste a sous-entendu que nos droits sociaux étaient le produit des occupations d’usine, impliquant qu’un rapport de force qui pouvait être violent était le seul moyen d’obtenir ces droits. Il a aussi dénoncé justement la violence des entreprises à l’égard des salariés avec les plans sociaux. Il s’est résolument mis du côté des syndicats, affirmant même « on est amené à casser (…) on les a poussé à bout ».

Laurent Bazin a justement noté que « 98% à 99% des syndicalistes n’ont pas fait le coup de poing et n’ont rien cassé », démontrant qu’il est parfaitement possible d’agir sans violence. Si la rhétorique de Gérard Filoche sur les difficultés des salariés était juste, il était difficile de voir pourquoi il faudrait donner un permis de casser aux manifestants en amnistiant tout délit réalisé lors de mouvements sociaux entre 2007 et 2013 (à l’exception, naturellement, des violences aux personnes).

Ce faisant, la réaction du gouvernement est (pour une fois) juste. Adopter un tel projet de loi serait un précédent fâcheux qui pourrait avoir de graves conséquences pour les prochains mouvements sociaux puisque les casseurs pourraient croire à leur impunité. Même s’il est vrai que ces mouvements sont souvent l’expression d’une révolte et d’une douleur compréhensibles, rien ne peut justifier l’impunité vis-à-vis de la destruction de biens, qu’ils soient privés ou publics.

L’impunité pour les uns, mais pas les autres